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Tiaret : L’enseignement de tamazight au point zéro

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le 10.09.17 | 12h00 Réagissez


Plusieurs parents d’élèves du cycle moyen, appuyés par certaines figures du monde éducatif et associatif, qui se sont beaucoup investis pour que la langue tamazight soit enseignée à l’école, déplorent «la non-prise en charge, pour l’heure, de cette demande constitutionnelle par le ministère bien que Tiaret est une région où l’on compte une grande communauté berbérophone». La problématique liée à l’enseignement de cette langue, laissée au choix des élèves, pâtit, depuis son institutionnalisation, de l’absence d’enseignants.

Jointe hier par téléphone, la directrice de l’Education de Tiaret confirme cet état de fait, arguant qu’elle va «réitérer cette demande lors de la rencontre prévue ce  lundi à Alger avec madame la ministre». Dans ses projections pour l’année scolaire 2015/2016, la direction de l’Education avait lancé l’idée de quatre classes pilotes dans des collèges à Tiaret, Sougueur, Ksar Chellala et Frenda, mais il y a eu «désaffection des élèves pour cette langue facultative», avait-on expliqué l’année dernière. Cet aveu d’échec est assorti de promesses de faire, de cette année scolaire, le lancement véritable de tamazight dans beaucoup d’établissements. Pourquoi en est-on arrivé là ? Pour y répondre, nous avons approché à l’époque deux personnalités qui œuvrent, chacune à sa manière, à promouvoir cet acquis arraché de haute lutte.

Pour Arab Hadj Lakhdar, enseignant universitaire, auteur et animateur de l’émission hebdomadaire en tamazight sur radio Tiaret : «Il est exigé une demande pour l’enseignement de cette langue alors qu’il faudrait la provoquer parce qu’à mon avis les gens ne sont pas suffisamment conscients que le fait amazigh encourage la cohésion sociale, les gens ne savent pas comment s’y prendre, ils sont frustrés sur fond d’inertie. Normalement, le ministère de l’Education doit faire un travail de sensibilisation sérieux sur le terrain pour inciter les gens à adhérer à ce projet». Joint hier par téléphone, Lakhdar Hadj Arab ne décolère pas en faisant savoir que «juste à coté de nous, à Mostaganem, la question a été résolue avec l’ouverture de classes pour l’enseignement de tamazight».

«Pour l’heure, il n’y a pas eu d’amorce dans plusieurs wilayas et Tiaret en fait partie, les responsables de l’Education devront intégrer dans leur plan de gestion un travail qui doit précéder chaque rentrée scolaire pour provoquer cette demande sociale afin d’avoir des données, procurer l’encadrement et le manuel scolaire. Les licenciés existent et ils sont en train de chômer», ajoute t-il dépité. «Je trouve inacceptable que Tiaret, une région qui recèle des places dont les noms sont amazighs, ses enfants ne bénéficient pas de l’enseignement de cette langue», conclut-il. Interpellé hier sur la question, Mme Hadouda explique que son secteur manque d’enseignants mais qu’elle est prête «à ouvrir une division pédagogique avec 8 élèves s’il le faut» oubliant que des universitaires sont formés chaque année. 

Fawzi Amellal
 
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