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Témouchent : Interrogations autour des chiffres liés aux rendements céréaliers

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le 07.06.18 | 12h00 Réagissez

Cet été et au début de l’automne, au moment des waâdate, ces dernières vont certainement être fastes à travers le Témouchentois tant les récoltes dans toutes les spéculations vont être prodigieuses au regard de l’exceptionnelle année agricole qu’est 2017/2018.

La fabuleuse pluviosité qui l’a marquée a fait dire à juste titre au DSA qu’on n’en a pas connu de semblable de mémoire d’homme depuis 50 ans. C’est ce qui explique le branle-bas de combat engagé à la veille de la campagne moissons-battages qui vient à peine de commencer et qui a porté sur la réquisition de lieux supplémentaires de stockage de la récolte. Les deux CCLS de la wilaya ont même pris attache avec leurs homologues d’autres wilayas pour transférer une bonne partie des livraisons des céréaliculteurs locaux.

Néanmoins, le chiffre de 2,5 millions de quintaux de récolte annoncé par le DSA a laissé pantois les professionnels. Ils ne sont pas peu nombreux à suspecter un gonflage des statistiques, sachant que la DSA est tenue par un contrat de performance en matière de récoltes, contrat qui l’engage avec son ministère.
Or, la DSA ne détient pas les leviers de la production comme aux temps de l’économie administrée à l’époque où l’Etat disposait du monopole sur tout. «Si le ministère doit établir un tel type de contrat, c’est avec les producteurs !» rappelle-t-on. Par ailleurs, notent les contestataires, la production arrêtée par la DSA n’est qu’un calcul de probabilité sur la base des quantités de semences enlevées auprès des CCLS et/ou stockées chez les cultivateurs, leur hypothétique total étant mis en rapport avec une tout aussi hypothétique moyenne de productivité à l’hectare.

Cet aléatoire type de calcul va jusqu’à comptabiliser les pertes en grains par les moissonneuses-batteuses, un souci incompréhensible puisqu’aucun pays au monde n’en tient compte dans la mesure où ce qui compte, c’est ce qui est engrangé dans les silos. «A moins bien sûr d’être obnubilé plus par la statistique que par la réalité».

De même, il est comptabilisé 10% de récolte supplémentaire par rapport aux quantités livrées aux CCLS que les fellahs auraient distribués au titre de la zakat alors que plus aucun paysan ne l’accorde en nature. «Cela, c’était à l’époque où, dans les maisonnées des bénéficiaires de la zakat en nature, il y avait des meules en pierre pour moudre les grains ainsi que des fours à pain traditionnels», fait remarquer un professionnel.

Lors de son exposé, le DSA n’a d’ailleurs soufflé mot sur la manière dont il a procédé à ses prévisions de récolte. «Il a estimé à 44% le taux de livraison de récolte aux CCLS locales sachant que le prix de l’orge est supérieur sur le marché parallèle. Or, si les capacités de stockage disponibles à travers le pays sont détenues par les CCLS, où le marché parallèle stocke-t-il les quantités détournées?» Question pertinente, il est vrai, d’autant qu’à travers la région nord-ouest, les récoltes attendues vont être bonnes.
 

Mohamed Kali
 
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