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Guerre de libération nationale

Il y a 62 ans, la bataille de Tamassit

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le 05.05.18 | 12h00 Réagissez


Le mardi 1er mai 1956, 17e jour de Ramadhan, dans la maison de refuge des moudjahidine appartenant à la famille de Djebra Hand Moh-Ou-Hand du village Tamassit, dans la commune d’Aghribs (Tizi Ouzou), au pied du massif forestier de Tamgout, eut lieu une opération de l’armée coloniale française ayant coûté la vie à neuf maquisards, ainsi qu’à un officier et un ou deux soldats du côté ennemi.

Cet événement a été commémoré en ce 1er mai 2018, un mardi également, par plusieurs moudjahidine, notamment deux des rescapés originaires de Tala Bouzro (Makouda), en l’occurrence Mohamed Kasmi, dit «Hand El Ghaba», et Hand Moh-Saïd, invités par les organisateurs, en l’occurrence le village Tamassit et la famille Djebra, en collaboration avec les bureaux locaux des moudjahidine. Cette bataille a eu lieu à Tamassit, à armes inégales, entre un groupe d’une quinzaine de moudjahidine (le groupe dit de Mohand Où-Ikene, originaire de Timizart Sidi Mansour) et une forte infanterie de l’armée coloniale.

L’opération a été montée par l’armée française aussitôt après avoir eu vent de la présence de ce redoutable groupe de maquisards. «Hand El Ghaba» raconte ainsi que parmi les rescapés ce jour-là et dont il se souvient, figurent un certain Hamrouche et «Saïd Awatani» (de Abizar), trois autres de Timizart, ainsi que Si Moh Tayeb Ayalawi, originaire d’Ath Yala (Béjaïa).

Ceux qui sont tombés au Champ d’honneur sont notamment Saïd Ou-Mohand et Ali Moussa, de Boudjima, Moh Asker de Attouche (Makouda), Mohand Ou-Ikene (Timizart), Ouali Amar Aoudaï et Moh Arezki, d’Ibdache, en plus de trois membres de la famille Djebra, propriétaires de la maison du refuge, Hand Moh-Hand et son épouse, Mme Djebra née Kessi Malha, et leur neveu de 31 ans, Mhenna El Hadj. Il ajoute : «Hand Aboutit, de Boudjima, sera capturé, tandis que El Hadj Moh-Ouali, Aftis Mohamed et M’hand, de Afir (Boudjima), moi-même et Mohand Arezki Hamouche (du même village, Tala Bouzro), nous pûmes échapper, malgré des blessures.

Un autre jeune, Djebra Moh Lounes, sera fait prisonnier.» A sa libération, ce dernier rejoindra directement le maquis et survivra jusqu’après l’indépendance. Poursuivant la narration, Hand El Ghaba dira que «c’est le 30 avril que nous sommes venus ici dans ce refuge, à Tamassit haut, après avoir rompu le jeûne – c’était le Ramadhan – à Timiloust, en bas du village, pour prendre le s’hour. Et au matin, un mardi 1er mai comme aujourd’hui, nous nous réveillons sous les tirs d’artillerie de tous les côtés.

Et c’était un coup très dur, puisque le nombre de pertes dans nos rangs, rien que pour cette matinée du 1er mai, dépassait celui de tous les 18 mois de lutte déclenchée le 1er Novembre 1954», se rappelle ce maquisard de la première heure, aujourd’hui octogénaire.

Selon lui, avant de gagner Tamassit, ce groupe de 25 à 30 éléments avait été réuni à Timizart pour être réparti avec d’autres groupes de maquisards qui connaissent cette région d’Ath Jennad, bien avant son découpage en zones. «Pour permettre un équilibre en nombre d’effectifs de moudjahidine se trouvant en surplus dans notre région, l’Organisation (nidham) nous a donc envoyés pour renforcer le groupe de Amirouche dans cette contrée de Tamgout, qui n’avait pas encore connu sa délimitation commerégion 4», explique ce rescapé de cette attaque.

A noter que les frères du martyr Mohand Ou-Ikene, les maquisards Amar Taouint, dit «Amar Ou-Saa» (Timizart), El Hadj Rabah Koucha et Mhand Ourezki Mahmoudia, de Tamassit, des militants ayant rejoint le maquis très jeunes (16 à 18 ans pour certains), ont également apporté d’émouvants témoignages quant aux sacrifices consentis par les femmes, dans cette région, pendant et après l’infernale opération Jumelles, qui avait quasiment décimé les effectifs des moudjahidine. «Ce sont les femmes qui assuraient alors et avec une résistance inouïe, la préparation de la nourriture, son acheminement aux maquis et le guet».

 

Salah Yermèche
 
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