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Wilaya de Boumerdès : Bibliothèques cherchent lecteurs

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le 12.01.17 | 10h00 Réagissez

 
	De nombreuses bibliothèques communales récemment réceptionnées sont à l’abandon
De nombreuses bibliothèques communales récemment...

La wilaya compte 16 bibliothèques en service, pour la plupart sous-équipées, donc désertées par le public.

Les bibliothèques communales réalisées ces dernières années dans certaines localités de la wilaya de Boumerdès n’attirent pas grand monde. Sur les 27 bibliothèques inscrites sur le Fonds commun des collectivités locales (FCCL) en 2006, 16 sont déjà opérationnelles, mais rares sont celles qui sont exploitées à bon escient. Que ce soit à Afir, Ammal, Souk El Had, Si Mustapha ou ailleurs, le constat est toujours le même. Les amoureux des lettres ne se bousculent pas au portillon pour venir feuilleter un livre afin d’améliorer leurs connaissances et développer leur pensée créative.

Certaines de ces structures, censées contribuer à la promotion du savoir et de la lecture publique, sont fermées à longueur de journée, alors que d’autres sont transformées en salles de révision des cours pour les lycéens et les collégiens. Aujourd’hui, d’aucuns savent que la lecture est un moyen de divertissement par excellence, mais les gens préfèrent passer leur temps libre dans les cafés, les cybers ou devant le petit écran. A Si Mustapha, l’enceinte de la structure est envahie par les herbes sauvages et les ordures, a-t-on constaté sur place.

Lundi, vers 17h, nous n’y avions trouvé que trois jeunes membres de l’association Nass El Kheir. Devant la porte d’entrée, une poubelle débordant de déchets agresse les regards. A l’intérieur, des affiches écrites en arabe et collées çà et là invitent au respect de la propreté des lieux. Les quelques armoires posées au rez-de-chaussée sont remplies de livres, mais ce sont des manuscrits à caractère religieux qui occupent le gros de l’espace. «On vient ici chaque soir. On y assure aussi des cours de soutien pour les enfants», lance un citoyen rencontré sur les lieux. Les quelques ordinateurs achetés par l’APC ont été transférés au service de l’état civil.

Contacté, le P/APC promet d’en acquérir d’autres pour la bibliothèque. A Afir, la bibliothèque tarde à être raccordée au réseau internet. Hormis quelques collégiens et lycéens, aucun ne s’y rend pour se documenter afin de comprendre le monde et découvrir les cultures des autres. Hafid, élu à l’APC, explique cette défection du public par le développement des nouvelles technologies de l’information et le recours excessif à l’internet pour accéder au savoir. A Ammal, la bibliothèque est fermée presque à longueur de journée.

Avant sa dotation en équipements, elle abritait des fêtes et des rencontres de partis politiques. Déconnectés des réalités sociales et économiques du pays profond, les responsables locaux vont certainement finir par se rendre compte que la promotion de la lecture publique ne nécessite pas que des bibliothèques, mais la mise en place d’une politique impliquant tous les acteurs et toutes les institutions, à commencer par l’école. Même le mouvement associatif ne joue pas le jeu et semble plongé dans un sommeil très profond.

Le directeur de la culture fait état de 24 associations culturelles qui activent sur le terrain au niveau de la wilaya. Aujourd’hui, Boumerdès serait l’un des rares chefs-lieux de wilaya du pays à ne pas disposer d’une bibliothèque publique et d’une librairie digne de ce nom. Une carence de taille relevée même dans les grandes villes de la région, à l’instar de Bordj Menaïel, Issers, Thénia, Naciria. Les bibliothèques construites dans ces localités tardent toujours à être ouvertes au public. Réceptionnées depuis plus d’une année, les autorités locales ne les ont pas encore dotées en équipements de bureau et de livres.
 

Kebbabi Ramdane
 
 
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