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Hakim Fekir. Enseignant à la faculté des langues étrangères de l’université de Boumerdès

«On doit apprendre aux enfants l’amour de la lecture et du livre dès leur entrée à l’école»

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le 12.01.17 | 10h00 Réagissez


- Les espaces dédiés au livre sont désertés par le public. Pourquoi, selon vous ?

Effectivement, malgré ses bienfaits, la lecture est devenue de moins en moins populaire, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui, le livre a perdu son rôle d’accès à la culture, au savoir, à la prise de conscience et donc à la citoyenneté. Il n’est plus vu comme avant, une source de connaissance et le moyen par excellence d’acquisition du savoir, donc du changement et de la progression dans tous les domaines. Il est devenu difficile, voire impossible, de lire un livre pour certains et ennuyeux pour d’autres.

- Justement, quelles sont les raisons de ce désamour, de cette crise ?

Il y a certainement des raisons relevant de la place qu’occupent, de nos jours, les technologies de l’information et de la communication (Tic). Lire un livre est un exercice démodé et surtout difficile pour les jeunes. Ces derniers pratiquent, de plus en plus, ce qu’on appelle la «lecture numérique». Certes, cela permet de gagner du temps, mais le Net n’est pas une source fiable. La grande responsabilité incombe à l’ensemble des institutions censées veiller sur l’éducation des jeunes, notamment l’école et la famille.

Il faut dire aussi que les bibliothèques ne sont pas alimentées en livres de qualité. Les autorités n’engagent pas des connaisseurs dans le domaine de la gestion de ces bibliothèques en vue de la promotion de la place du livre dans la société. A l’école, avec les programmes vides de contenus et de perspectives, les enfants n’apprennent pas à lire, plutôt on ne leur apprend pas à lire.

Et cela on le constate dans ces révisions des programmes incessantes qui n’arrivent pas à se stabiliser sur des objectifs édifiants et qui ne tiennent pas compte des besoins de l’individu dans la société. Les élèves ne vont pas aimer la lecture, le programme ne leur propose pas de livres à lire et le peu qu’il leur en propose, n’est ni adapté à leur culture ni au temps et encore moins à leurs besoins. Les parents aussi ont leur part de responsabilité. La plupart ne font aucun effort pour faire aimer la lecture à leurs enfants.

Ce qui les intéresse, c’est de les voir réussir à passer au palier supérieur dans leurs études et peu importe la manière. Ce mauvais comportement suit l’élève à l’université. Aujourd’hui, même les étudiants de la faculté des lettres et langues ne lisent pas. Il y a des étudiants, en mastère 2 littérature ou autres, voire des enseignants de langues, qui n’ont jamais lu un roman. Alors que pour mériter une licence de langues, il faut lire au moins 156 romans, une moyenne d’un roman par semaine.

- Comment remédier à ce problème ?

L’apprentissage de la lecture se fait en tout début de l’instruction. Il faut d’abord apprendre aux élèves l’amour de la lecture et du livre à l’école. L’élève doit être suivi sérieusement dans les classes primaires afin de faciliter l’initiation. Cette lourde tâche incombe d’abord à l’instituteur, ensuite à toute l’école. Il leur appartient d’enseigner à l’élève les bienfaits de la lecture, lui faire aimer le livre.

Cet apprentissage doit être suivi et renforcé par les autres institutions, à commencer par les parents, l’école, les enseignants et l’université. La famille doit faire de la lecture un sujet de discussion à la maison. Le fait d’en parler aiguise chez l’enfant la curiosité et l’encourage à chercher. Instaurer chez l’enfant cette culture de l’achat de livres, de visite des Salons du livre, d’entrer dans les bibliothèques.

Les associations culturelles aussi doivent apporter leur contribution en organisant des concours de lecture publique et des débats autour du livre et son rôle dans l’accès au développement socioculturel et économique. Organiser des journées du livre, des rencontres afin de sensibiliser les gens à lire. Les autorités aussi doivent doter les bibliothèques communales de livres intéressants. Les enseignants et l’université doivent aussi s’impliquer dans cette tâche.

 

Kebbabi Ramdane
 
 
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