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Gel des projets structurants à Béjaïa

Le développement otage de l’austérité

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le 01.08.17 | 12h00 Réagissez

Le développement otage de l’austérité

Extension de la piste d’atterrissage de l’aéroport, CHU, tramway, téléphérique, rocade ouest,… la liste des projets tombés à l’eau est encore longue, soit l’équivalent de 3000 milliards de centimes, selon les chiffres officiels.

Le développement tourne au ralenti à Béjaïa. Le «gel» de plusieurs projets structurants inscrits à l’indicatif de la wilaya depuis plusieurs années, à cause, dit-on, du tarissement des ressources financières et de la cadence de tortue imposée à d’autres, plombe tout espoir de relance même à long terme.

Le montant de l’argent bloqué devant financer ces projets s’élèverait à plus de 3000 milliards de centimes, si on en croit les chiffres officiels. Une somme colossale difficile à trouver en ces temps de vaches maigres, alors que la remise à flot des caisses de l’Etat n’est pas pour demain. L’avenir de la wilaya est hypothéqué, tant ces projets structurants, aujourd’hui renvoyés sine die, sont ceux sur lesquels compte en grande partie la wilaya pour sortir du sous-développement.

Qui parle aujourd’hui de l’extension de la piste d’atterrissage de l’aéroport Abane Ramdane ? Annoncée tambour battant la première fois par l’ex-ministre des Transports, Amar Ghoul, lors de son déplacement dans la wilaya en juillet 2014, son dossier est jeté aux oubliettes. Il était prévu l’allongement de la piste, longue de 2400 m, de 600 m, portés à 800 m supplémentaires afin de permettre à des avions gros porteurs d’atterrir sans difficultés.

Une ébauche d’étude a été réalisée par un bureau d’études public pour une extension sur mer, mais sans plus, l’ère de la rigueur budgétaire ayant déjà sonné à ce moment-là, coupant court à toute possibilité d’internationalisation de l’aéroport de Béjaïa.
Deux autres projets d’envergure, le CHU et le tramway, inscrits initialement au budget primitif de wilaya de 2009 avant d’être affectés pour prise en charge sur le budget de l’Etat, sur ordonnance du ministère de l’Intérieur eu égard à l’importance de l’enveloppe nécessaire, sont aussi renvoyés aux calendes grecques.

Pour le CHU, il faut souligner que c’est bien avant que les ressources financières ne fassent défaut que les blocages se sont manifestés. Le terrain de 11 hectares proposé initialement (situé non loin du campus de Targa Ouzemmour) n’était pas assez spacieux pour accueillir un tel équipement, ont jugé les décideurs de l’époque, qui ont exigé au moins 40 hectares. Or, 5 hectares suffisent largement, estime Nacer Boutrid, architecte et promoteur immobilier à Béjaïa.

Prétendu obstacle

«Partout ailleurs, à Paris par exemple, des CHU sont construits sur des espaces ne dépassant pas les 5 hectares», soutient-il, non sans pointer du doigt l’incompétence et le manque de vision claire de certains responsables. S’agissant du deuxième terrain, à savoir le plateau de Sidi Boudrahem vers lequel les regards se sont portés par la suite, il a été exclu à cause de sa nature rocheuse, donc impossible à exploiter.

Pourtant, ce prétendu «obstacle» n’a pas empêché des centaines de bâtisses de voir le jour sur ce même terrain «rocheux», et ce, d’une façon tout à fait anarchique et souvent illégale. Le wali, Mohamed Hattab, lors de la dernière session de l’APW, a affirmé qu’il a adressé une requête au ministre de la Santé où il a demandé le «dégel» du projet de CHU de Béjaïa, banni de l’agenda du gouvernement pour cause d’austérité. Le ministre fera-t-il un geste, comme cela a été le cas pour d’autres wilayas ?

A moins d’un miracle…

La liste des projets, tous importants, tombés à l’eau est encore longue. On peut citer le complexe sportif, dont le stade de 40 000 places prévu à El Kseur, en sacrifiant un terrain agricole, est la composante principale, le complexe pétrochimique, l’aménagement des zones industrielles et d’activité et la création d’autres, la rocade ouest destinée à l’évitement de la ville Béjaïa, le téléphérique, ou encore le tramway, qui est déjà fonctionnel sous d’autres cieux d’Algérie.

A ces blocages, il faut ajouter les retards qu’accusent des projets importants, comme l’échangeur des Quatre chemins ou la pénétrante Béjaïa-Ahnif. Pour la pénétrante, seul un tronçon de 42 km reliant Ahnif à Akbou a été réceptionné en février dernier, après plusieurs mois de retard.

La livraison de la totalité du projet ne se fera pas «avant plusieurs années», de l’avis des experts, vu les nombreuses contraintes, à commencer par l’ardoise de plusieurs mois qu’il faut payer au chinois de la CRCC, le partenaire de l’entreprise algérienne Sapta en charge du projet. Ces derniers ont mis leurs engins en veilleuse et attendent. Le wali a, lors d’un déplacement sur le chantier de la pénétrante, mardi dernier, assuré que la situation de l’entreprise CRCC sera réglée incessamment. Attendons pour voir !
 

Mohand Hamed-Khodja
 
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