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Béjaïa : L’escalier «Shanghaï» reprend vie

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le 09.05.17 | 12h00 Réagissez

 
	Les riverains se réapproprient leurs espaces
Les riverains se réapproprient leurs espaces

L’initiative vise à se réapproprier les espaces de détente et récupérer de vieux passages en leur redonnant une seconde vie.

Les habitants de la ville de Béjaïa n’auront plus à traverser l’escalier «Shanghaï» pour rejoindre le port ou le quartier El-Qods, la peur au ventre. Et ce, grâce à l’initiative louable des riverains et un groupe de jeunes structurés au sein de l’association El-Qods, de Bgayet, qui consiste en la récupération de cet espace en le relookant et en le débarrassant de ses ordures, des consommateurs de drogue et des agresseurs. Longtemps désigné comme le repère de délinquants de tous bords, ce passage ressemblait à un coupe-gorge.

Les membres de l’association, créée il y a moins d’un an, ont réussi à fédérer autour de leur projet, celui de donner un coup de neuf à cette voie, les habitants, les commerçants et deux autres associations actives de la ville de Béjaïa. Il s’agit de l’association Ardh, Les amis de Gouraya et les habitants du quartier Kiramane.

La création de cette association socioculturelle est directement liée à la protection des espaces publics qui ont été longtemps abandonnés par les pouvoirs publics. D’ailleurs, ce groupe de jeunes s’est attaqué aussitôt au nettoyage d’un autre lieu, le jardin El Qods, sis à un jet de pierres de l’ancienne gare routière.

Les autorités locales, notamment l’APC de Béjaïa, qui était jusque-là absente dans la gestion de ces jardins et espaces publics et d’autres lieux revêtant un caractère historique et culturel, ont été conviées à suivre cette dynamique associative, qui propose d’occuper des sites accaparés par des dealers. Sur ce, l’APC n’a pas lésiné sur les moyens. Pour venir à bout des déchets cumulés, il a fallu quatre week-ends. Plus d’une centaine de tonnes d’ordures a été dégagée et évacuée grâce au matériel roulant de l’APC et à la force des bras des bénévoles.

Lors des travaux, nous confie Djalal Saoudi, trésorier adjoint de l’association El-Qods, «les bénévoles ont déterré un vieux sentier pavé, long d’une soixantaine de mètres qui mène vers l’une des portes de la Casbah de Bougie». «Aussitôt, ajoute-t-il, nous avons demandé conseil au président de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la ville de Béjaïa, qui nous a donné des informations historiques sur cette découverte qui serait ‘‘le chemin des Cavaliers’’.

Nous avons alors rassemblé et gardé même les briques rouges anciennes pour les équipes de restauration qui sont à l’œuvre dans le secteur sauvegardé de la Casbah». A force et à mesure que les travaux avancent, les bénévoles ont déterré également, sous plus d’un mètre d’ordures, trois traces de marches en pierres datant d’une époque lointaine, précisent-ils.

Dans les deux sites (l’escalier et le jardin), les bénévoles ont réalisé des travaux de désherbage, d’élagage des plantes et plantation avec quelques travaux d’embellissement et de peinture pour rafraîchir les murs encrassés par les urines des passants. Dans les plans de l’association, des aires de jeux, des tableaux et des stands pour exposer des objets artisanaux seront installés afin d’occuper les lieux d’une façon régulière.

Afin de protéger sa réalisation, le groupe, qui a entamé l’installation de l’éclairage public et la réparation des poteaux défectueux, a engagé des jeunes chômeurs qui opèrent des patrouilles, le matin comme le soir, et des chiens en laisse. L’association compte faire perdurer ce système de gardiennage des lieux et la sauvegarde de l’effort collectif de nettoyage, en proposant à l’APC le recrutement de ces jeunes chômeurs, quand bien même dans le cadre du filet social.

L’initiative est, à cet effet, dictée par le besoin des habitants du quartier El Khemis de disposer des espaces de détente et «la remise en service» des vieux passages abandonnés de la ville. Les jeunes issus du quartier El Qods, connu également sous le nom de «Quartier Shanghaï», ont été stimulés par la situation désastreuse de leur quartier. «Nos familles n’ont pas emprunté cet accès depuis des années à cause des dealers qui fréquentent ces lieux», dit Djalal.

Le petit groupe de jeunes, qui se réunit provisoirement dans le local de coiffure pour hommes appartenant au vice-président de l’association, Djamal, a formulé une batterie de propositions aux services de l’APC. En plus du recrutement de quatre gardiens issus du quartier, la mairie doit également installer des vespasiennes (toilettes publiques) partout dans cette ville qui en manque cruellement et au niveau de l’escalier «Shanghaï».


 

Nordine Douici
 
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