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ANSEJ de Béjaïa : L’entrepreneuriat en déclin

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le 14.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	L’Ansej reçoit moins de dossiers qu’à ses débuts
L’Ansej reçoit moins de dossiers qu’à ses...

Les services de l’Ansej financent de moins en moins de projets de microentreprises dans une conjoncture où se combinent crise financière nationale et préférence pour les emplois salariés.

Les jeunes chômeurs algériens s’éloignent de l’aventure entrepreneuriale et sont en quête d’un emploi salarié. La microentreprise, en ces temps de crise, est une aventure risquée et cela les rebute. C’est ce qui se dégage du bilan de la direction de l’Ansej de Béjaïa, qui confirme la tendance à la diminution, depuis au moins 2015, des projets financés.

«C’est nous qui allons vers l’université», nous déclare Chafik Kebache, directeur de l’Ansej Béjaïa, pour exprimer la tendance inverse. La volonté d’intéresser les diplômés de l’université pour créer leurs propres entreprises s’est déjà concrétisée par la création de la Maison de l’entrepreneuriat. Les fruits que devait donner cet élan sont retardés par le manque de moyens mis en place et la conjoncture financière du pays.

Pendant les dix premiers mois de l’année en cours, l’Ansej a permis la création de 151 projets (dont 34 par des femmes), ce qui représente à peine 0,8% des 18 476 projets concrétisés depuis la création de l’Agence de wilaya en 1998. La tendance vers la baisse est amorcée après le pic de 2012 (4096 projets), donnant les taux respectifs des quatre années qui ont suivi de 8,9%, 8,2%, 6% et 2,8%.

En termes d’emplois, jusqu’à fin octobre dernier, l’année 2017 a vu la création de seulement 433 postes sur les 44 297 créés depuis 1998. On est très loin des 7418 postes de 2012, qui avaient permis à la wilaya de Béjaïa de se classer au deuxième rang à l’échelle nationale.

La suppression de la franchise TVA depuis la promulgation de la loi de finances 2015 et le passage au mode forfaitaire ont contribué à désintéresser beaucoup de jeunes. Il est à constater que les 151 projets de 2017 sont plus le fait des diplômés de l’université (77) que de ceux de la formation professionnelle (67).

Après l’exclusion du secteur des transports, pour cause de saturation, le blocage des métiers des travaux publics et du bâtiment, notamment ceux de la sous-traitance (plomberie, électricité…) a suivi comme une suite logique le déclin de ces secteurs qui ressentent les effets de la crise. Depuis le deuxième trimestre 2016, l’Ansej Béjaïa ne traite que les dossiers qui sont en stock, en cours de traitement. Mêmes ceux-là sont rattrapés par la crise puisqu’ils sont contrariés par l’indisponibilité de véhicules, depuis les perturbations qui touchent de plein fouet le marché de l’automobile.

Le problème secoue, d’une façon générale, les dossiers qui concernent les microentreprises qui nécessitent un parc roulant. La conjoncture particulière a repoussé les délais de traitement des dossiers par l’Ansej. Sans cette contrainte, «c’est six mois maximum pour un dossier», nous affirme Chafik Kebache. La demande va actuellement vers d’autres métiers, comme la pâtisserie, la biscuiterie, l’emballage, la boulangerie….

Rééchelonnement

Depuis 2015, l’option est aussi celle des professions libérales (médecins, avocats, notaires, huissiers, vétérinaires…). En l’absence des meilleures conditions dans les services hospitaliers publics, dont les CHU, nos médecins sont de plus en plus nombreux à s’installer à leur propre compte. «Nous avons beaucoup de médecins, surtout des spécialistes», assure le directeur de l’Ansej Béjaïa. Le tableau des projets financés par secteur d’activité donne à voir que le secteur des services est en chute libre, passant de 71% en 2012 à 38% en 2017. Les professions libérales sont, quant à elles, en progression (de 1% à 12%).

Au 31 octobre dernier, c’est l’artisanat, puis l’agriculture et la pêche, qui sont les moins dotés, avec respectivement 3% et 6% du total des projets financés. Au chapitre du financement, la capacité de remboursement des jeunes entrepreneurs reste problématique. A fin octobre dernier, 53% des échéances ont été honorées.

La situation a dicté d’instaurer depuis le début de l’année la possibilité d’effacement des pénalités de retard, sous certaines conditions, et de rééchelonnement de la dette entre deux et cinq ans. Certains jeunes entrepreneurs en difficultés de payement se retrouvent même avec de lourdes pénalités, de 2% par jour, dépassant le montant de leur principal.

Les facilités en question, en vigueur jusqu’à la fin de l’année, sont applicables sur listings établis par les banques. «Même après les décisions de justice et avec la grosse, nous trouvons les moyens d’établir des échéanciers pour ceux qui sont disposés à payer», assure notre interlocuteur.

En plus d’éplucher quelque 4000 dossiers, pour les avantages d’effacement et de rééchelonnement, l’Ansej poursuit son opération de contrôle sur le terrain. «14 000 microentreprises sont à visiter», nous répond Chafik Kebache. Depuis 2013, début de l’opération, l’Agence, avec des moyens humains limités, a effectué 5000 visites sur le terrain. «65% nous les avons trouvées ouvertes. Pour celles que nous trouvons fermées, nous leur laissons des avis de passage, mais leurs propriétaires viennent chez nous. Ils sont sur les chantiers et la majorité sont au Sud» nous explique-t-il. 

Kamel Medjdoub
 
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