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Portrait . Saïfoune Ali. Ancien condamné à mort.

Huit prisons et mille poèmes

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le 07.09.17 | 12h00 Réagissez

Ace jour, Saïfoune Ali, dit Salem, reste prêt à vous réciter des vers de Lamartine et d’autres poètes qu’il a eu à découvrir lors de ses passages dans les prisons françaises. La prose, c’est son «butin de guerre», sa passion qu’il continue de cultiver en sirotant son café sur une terrasse des Allées du 20 Août.

A 79 ans, Salem garde sa jeunesse d’esprit et use encore d’un langage fort et dissuasif qu’il a appris du temps où l’amour du pays n’était pas une rente. Cet amour, il l’a appris chez les Scouts musulmans algériens (SMA) à partir de 1950.

Il n’avait alors que 12 ans et il a eu déjà à côtoyer la belle jeunesse skikdie que formaient les Ali Abdennour, Laïfa Mohamed dit Bata, Leulmi dit Papillon, Namous dit Zanzie, Abdelaziz dit Didoche et d’autres encore. «Les SMA dépendaient du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, ndlr). C’était une véritable école du nationalisme. En plus de nos activités récréatives, on avait également à distribuer clandestinement les bons de la caisse de secours pour les victimes de la répression ainsi que le journal «L’Algérie Libre», témoigne- t-il.
À l’âge de 17 ans, en 1955, Salem entame une nouvelle ère de sa vie de militant. Il part à Béziers en France pour suivre une formation et rejoint vite Grenoble où il est contacté par des militants de la Fédération de France. «Grenoble grouillait de militants d’El-Milia et de Skikda et représentait un véritable bastion du FLN en France. J’ai activé avec Amar Ben Ali, Ahcene Bouchahda, mon frère Ahcène, Amar Guedrouj, Kafi Mourtada.

Ma première responsabilité fut chef de cellule puis j’ai gravi les échelons en rejoignant Amar Guedrouj à Dijon», raconte Salem. L’autre chapitre de sa vie de militant FLN en France, Salem le passera en prison suite à son arrestation. Il connaîtra pas moins de huit prisons dans lesquelles il ne cessera d’être transféré, car il faut dire que l’homme n’était pas du genre docile. C’était un rebelle et il le faisait savoir. «Durant mon séjour dans les prisons françaises, j’ai cumulé 200 jours de grève de la faim», aime-t-il à le dire.
A l’indépendance, il retourne à Grenoble pour participer à la création de l’Amicale des Algériens en France, puis rentre à Skikda pour faire deux mandats d’élu à l’APC. Aujourd’hui, il dit qu’il demeure militant du FLN et comme pour le prouver, il exhibe un tatouage qu’il s’est fait en prison représentant un croissant et une étoile frappés du sigle du parti. Il conclut en récitant des vers glorifiant l’amour de la patrie.  
 

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