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Faute d’une fourrière pour animaux dans la ville

Les bestiaux se baladent en milieu urbain

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le 12.02.17 | 10h00 Réagissez

 
	Durant plus de dix ans, l’APC n’a pas cherché à créer un nouvel espace pour rassembler les troupeaux en cas de saisie, les services communaux se contentent d’établir des PV insignifiants.
Durant plus de dix ans, l’APC n’a pas cherché à...

L’APC de Constantine n’a cessé de faire preuve d’immobilisme en ce qui concerne l’anarchie qui marque pratiquement tous les secteurs dans la troisième ville de l’Algérie.

La prochaine assemblée aura du pain sur la planche, au vu de ce que les actuels élus vont laisser derrière eux. Il s’agit cette fois des animaux de ferme, qui continuent de se balader en toute quiétude dans plusieurs cités de la ville.

Un problème qui remonte à une dizaine d’années, et que les Constantinois ont dénoncé à maintes fois, mais les autorités de la ville sont restées muettes face à leurs doléances. Que ce soit à la cité Ziadia, Sakiet Sidi Youcef (ex-La Bum), Emir Abdelkader, Djebel Ouahch, les Frères Abbes (connue sous le nom d’Oued El Had), Zouaghi Slimane, Boussouf et même en plein centre-ville, ce bétail est lâché à longueur de journée par des propriétaires insouciants.  Les bêtes (vaches, moutons et chèvres) envahissent tous les lieux en quête de nourriture, quitte à fouiner dans les décharges publiques ou sauvages. Les bêtes n’hésitent pas à investir les espaces verts, et même les blocs d’immeubles où elles ravagent tout sur leur passage.

Avec les années, le phénomène s’est nettement banalisé, et dire que les autorités n’ont cessé de gaver les citoyens de discours creux sur la protection de l’environnement et l’embellissement de la ville. Quant aux habitants, las de cette situation qui nuit même à leur santé, ils observent, impuissants, une dégradation indescriptible de leur cadre de vie. A Djebel El Ouahch, où les fermes sont partout présentes, c’est un décor à l’indienne. On se croirait dans un pays où les vaches sont des animaux sacrés et intouchables. «La plupart du temps, ces bêtes ne sont pas accompagnées par leur propriétaire, et échappent à toute sorte de contrôle communal.

Elles viennent d’une ferme, située à quelques mètres de notre quartier, et vadrouillent devant les immeubles et les véhicules stationnés», a déclaré un des riverains. Et de poursuive que ces animaux se nourrissent dans les poubelles, sans que cela inquiète personne. Pour l’anecdote, de nombreux commerces s’approvisionnent en lait de vache et en petit-lait auprès de ces mêmes éleveurs. Il n’y a qu’à voir du côté de l’épicier du coin, l’afflux de plusieurs consommateurs, qui ne savent même pas d’où vient ce petit-lait qu’ils aiment boire chaque vendredi avec un plat de couscous.  A la cité Zouaghi, le phénomène n’est pas moins grave.

L’un des citoyens affirme : «En me réveillant chaque matin, j’aperçois des moutons sous mon balcon, broutant tout ce qu’ils trouvent face à eux. Ce qui est intolérable, un jour le tramway s’est arrêté pour attendre que le troupeau de moutons traverse la voie, afin que la rame reprenne son chemin.» Il y a quelques jours, un citoyen nous a rapporté, photo à l’appui, une scène incroyable qui s’est passée au centre-ville, où un troupeau de chèvres, sorti de nulle part, se cramponnait au mur de l’hôtel Novotel pour «savourer» les feuilles d’arbres plantés à l’intérieur.

Une APC sans perspectives

Les citoyens se demandent pourquoi ces animaux ne sont pas saisis et pris en charge dans une fourrière animalière. La réponse est simple, car il n’y a pas de lazaret dans la commune de Constantine destiné à regrouper ces bêtes et à les contrôler, mais aussi pour prévenir la propagation de maladies d’origine animale. Pourtant, la ville avait bel et bien une fourrière pour animaux dans le quartier du Bardo. Finalement, depuis le lancement des travaux du pont Salah Bey, le seul lazaret du Bardo a été cédé à l’entreprise brésilienne Andrade Guttierrez, qui en a fait sa base de vie.

Depuis, il n’y a plus de solution de rechange. Pendant toutes ces années, les assemblées n’ont pas pensé à trouver un autre lieu et se sont contentées d’observer une situation qui n’a cessé de pourrir. Dans la troisième ville du pays, il n’y a aucun local conçu pour loger momentanément les animaux, soit nouvellement introduits dans un troupeau, soit saisis par les autorités. Car il faut noter que ces bestiaux peuvent être atteints d’une maladie contagieuse. A ce propos, le premier magistrat de la ville, en l’occurrence Mohamed Rira, a rassuré que des PV ont été établis à l’encontre de ces propriétaires. «Comme nous n’avons pas de fourrière, nous établissons régulièrement des PV et les propriétaires des bétails sont sommés de payer des amendes», a-t-il justifié.

Le président de l’APC n’indiquera ni le nombre ni les lieux où ces PV ont été établis, ni même le montant des amendes infligées. C’est dire que le sujet figure parmi les derniers soucis de l’auguste assemblée communale. Durant cette période, le phénomène n’a jamais été inscrit à l’ordre du jour d’une session, qu’elle soit ordinaire ou extraordinaire. Il faut dire que nos élus avaient d’autres bêtes à fouetter ! Le président de l’APC poursuivra qu’actuellement les services de la commune saisissent seulement les chiens errants dans un établissement au Bardo. Apparemment, cette mesure n’est pas efficace pour mettre fin à ce problème. Notre interlocuteur a expliqué qu’une étude sera prévue pour l’ouverture d’un nouveau lazaret dans la ville. Notre maire fait encore des promesses, sachant pertinemment que personne ne le prend au sérieux.

Yousra Salem
 
 
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