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Un particulier lance un projet à l’intérieur d’un lycée à Constantine

Encore une bombe à retardement de Hocine Ouadah

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le 14.01.18 | 12h00 Réagissez

 
	Sur quelle base Hocine Ouadah a-t-il octroyé une partie d’un lycée qui manque de cantine et d’autres équipements nécessaires ? Et n’y a-t-il pas double indemnisation ?
Sur quelle base Hocine Ouadah a-t-il octroyé une partie d’un...

Décidément, l’après-Hocine Ouadah, cet ex-wali de Constantine, est fait de scandales qui se succèdent comme des bombes à retardement, causant beaucoup de désagréments à la population et mettant l’exécutif dans des situations très délicates.

Il s’agit, cette fois, de l’octroi d’un terrain situé à l’intérieur du lycée Ibn Taymiya au profit d’un particulier, une attribution aux relents de scandale.

Ce terrain a été attribué à S. Baghdadi en 2015 par Hocine Ouadah, en compensation d’un bien (une maisonnette sur deux niveaux) exproprié par l’Etat en 2012 dans le cadre de la réalisation d’un projet d’utilité publique, à savoir le pont Transrhumel. Le lecteur doit savoir que la personne attributaire a fait l’objet d’une autre décision d’indemnisation, pour le même bien, signée par l’ancien wali, Noureddine Bedoui, (décision n°168 du 29 janvier 2012). Une indemnisation en espèces estimée à plus de 2,4 milliards de centimes, selon le barème de la direction des Domaines. Mais ce n’est pas assez.

Passons sur les rumeurs, nous nous contenterons ici des faits dont nous avons les preuves. Effectivement, Hocine Ouadah a attribué un terrain situé à Bellevue et auquel on a donné le numéro 127. Le hic, c’est que ce lot se trouve à l’intérieur du lycée Ibn Taymiya, et il l’a fait sans consulter le directeur de l’éducation ou prendre l’avis d’un responsable qui connaît la ville. La décision de Ouadah est d’autant plus incompréhensible, du fait de la situation du terrain, menacé de glissement et classé zone rouge par les études du sol. La mosquée Emir Abdelkader, à proximité, pâtit de ce sérieux problème.

En outre, des fissures résultant d’un glissement sont apparues sur le terrain de jeu de ce lycée. Comment, donc, l’ex-wali a-t-il pu octroyer ce terrain et à des fins de construction ? Sommes-nous devant un cas de dilapidation du foncier ? Sachant que personne n’était au courant de cette transaction, avant que l’affaire ne remonte en surface le 1er janvier dernier. «Le 1er janvier, l’épouse de l’attributaire est venue sur place réclamer son terrain, en haussant le ton pour faire peur aux gens présents sur les lieux. Lors d’un jour férié, elle a ramené du matériel et a démoli le mur d’enceinte de l’établissement scolaire», a déclaré une source du lycée.

La dame dont il s’agit ici n’est autre que l’avocate, représentant la commission nationale des droits de l’homme, et actuellement députée FLN. Quant aux «présents», il s’agit des cadres résidant au sein de l’établissement scolaire. Ce sont eux qui, ce jour-là, se sont opposés à la pénétration des engins et à l’installation du chantier, de surcroît, un jour indu. Sur place, nous avons constaté que des travaux ont été menés récemment pour fermer l’accès réalisé par la force par les engins de la députée, du côté de la rue Ganoud, à Bellevue.

Violations en cascade

Beaucoup d’indices indiquent que ce dossier est douteux. Le premier est l’ignorance du directeur de l’éducation, Mohamed Bouhali. «J’ignorais que ce monsieur a bénéficié d’un terrain à l’intérieur du lycée. L’ex-wali, Ouadah, ne m’a pas fait part de ce sujet, bien au contraire, je l’ai appris après la démolition du mur», a-t-il déclaré à El Watan. A l’interrogation, s’ajoute la détermination du responsable qui n’entend pas laisser faire. «Nous demandons de connaître la nature juridique de ce terrain et par la suite l’annulation de cette décision, parce que l’établissement manque d’un espace de demi-pension et autres.

Je préfère que ce terrain soit exploité au profit des élèves», renchérit-il. Sur quelle base Hocine Ouadah a-t-il octroyé une partie d’un lycée qui manque de cantine et autres équipements nécessaires? Et n’y a-t-il pas double indemnisation ? Le deuxième indice s’incarne dans la manière de mener les travaux au cours d’un jour férié et en l’absence des responsables de l’établissement. Des travaux de démolition qui ont créé une brèche dans l’enceinte et exposé l’établissement aux agressions.

Par ailleurs, les concernés détiennent une autorisation de travaux émanant de la commune de Constantine, et c’est là le troisième indice qui vous laisse perplexe. El Watan a pu se procurer ce document établi au profit de S. Baghdadi. Une autorisation qui noircit davantage ce dossier, car elle a été signée le 22 novembre 2017 par Rafik Bouteghane, alors maire adjoint chargé des réalisations et de l’urbanisme. Une autorisation qui devrait faire l’objet d’une enquête judiciaire, surtout qu’elle a été signée manifestement dans l’urgence, en fin de mandat de l’Assemblée populaire communale (APC), et à la veille du double scrutin du 23 novembre. Sachant que seul le maire est habilité à prendre des décisions urgentes.

Face à cette situation, les responsables de l’établissement ont déposé la semaine dernière une plainte en justice contre M. Baghdadi, pour démolition du mur de l’enceinte et exposition au danger l’établissement scolaire et les élèves. C’est le moins que l’on puisse faire, et la commune aussi devrait répondre de sa responsabilité, ainsi que l’ex-wali. Les autorités locales, à leur tête le wali, Abdessamie Saïdoun, sont appelées à diligenter une enquête sur ce genre d’attributions effectuées par les anciens walis, surtout que ce dossier suscite beaucoup de suspicions.  

Yousra Salem
 
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