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Le secteur en difficulté à Constantine

Artisan dinandier, un métier qui se perd

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le 19.03.17 | 12h00 Réagissez

Les artisans activant dans le secteur de la dinanderie se disent inquiets face à la flambée des prix de la matière première.

Déjà que le marché du nouveau Remblai et celui du centre de l’artisanat du Polygone «battent de l’aile», voilà que les prix de la matière première connaissent une flambée vertigineuse, susceptible de mettre en péril le métier. Des mesures pour promouvoir la dinanderie sont nécessaires, eu égard à la cherté du cuivre, qui a causé une récession marquée de cette activité à Constantine, qui, avec 70% de la production nationale, avait une place de choix, tant au niveau local que national dans les années 1970 et 1980. Des professionnels du secteur, rencontrés lors du Salon de la dinanderie, tenu la semaine passée au palais de la culture Malek Haddad, soulignent à propos de la cherté de la matière première qu’actuellement trois importateurs alimentent la wilaya en cuivre brut, lequel est cédé à plus de 900 DA le kilogramme aux artisans. Un prix d’autant plus déraisonnable que sa qualité est loin d’être irréprochable, estime-t-on, car le métal importé est composé de cuivre et de zinc à proportions quasiment égales.

«Si les prix de la matière première restent aussi élevés, on ne s’en sortira plus», nous avouera un dinandier domicilié au Polygone, qui se rappelle le temps où le métier avait le vent en poupe et où, nous dit-il, de véritables unités employaient jusqu’à 40 ouvriers. Un autre abondera dans le même sens, affirmant que «le nouveau Remblai est orphelin des marchands ambulants originaires notamment des wilayas de l’Ouest, qui venaient par dizaines chaque matin et écoulaient de grandes quantités de cuivre». En désespoir de cause, et face à la cherté de la matière et la raréfaction de la clientèle, les artisans avouent multiplier les stratagèmes pour garder les prix à la limite du raisonnable, mais la qualité s’en ressent forcément, comme le fera remarquer notre artisan. Celui-ci nous parlera du processus de fabrication des ustensiles.

«Aujourd’hui, pour faire face à la hausse des prix, les artisans jouent sur la main-d’œuvre bon marché. La sculpture des plateaux de différentes dimensions, allant de 60 cm à 1 m de diamètre, se fait désormais de manière sommaire, d’autant que ces ustensiles de ‘‘bataille’’, selon le jargon des dinandiers, nécessitent peu de temps à la confection, contrairement aux ustensiles ‘‘tloue’’ (faits sur commande), de qualité supérieure et dont le prix peut atteindre les 22 000 DA pour un plateau de 1 m et 12/10 d’épaisseur». C’est pour cette raison, souligne-t-il, que les ustensiles de «bataille» inondent aujourd’hui le marché. Pour ceux qui ont préféré garder intacte la qualité de leurs produits, précise notre interlocuteur, la seule manière de s’en sortir est de jouer sur le poids des ustensiles. Ainsi les plateaux de 1 m proposés actuellement sur le marché ne dépassent pas les 5/10 de mm d’épaisseur et ne pèsent pas plus de 2 kg, alors que normalement, pour garder toute leur rigidité, ils doivent être réalisés dans du cuivre de 10 mm minimum. Avant d’ajouter enfin : «Beaucoup de contraintes entravent l’épanouissement de notre activité et risquent à terme de mettre en péril son existence même. La relance des projets de création d’espaces d’exposition est en mesure de promouvoir celle-ci et de la préserver».   
 

F. Raoui
 
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