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Il vient de publier Berbères, le pays des Massylès

A Constantine, Mourad Chetti ressuscite Massinissa

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le 15.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Une foule venue assister en ce jour de semaine à la rencontre avec l’auteur a brillé par la qualité des débats
Une foule venue assister en ce jour de semaine à la rencontre avec...

Notre histoire passionne, et le moindre éclairage de plus n’est jamais de trop.

A la libraire Media Plus, à Constantine, le passage de Mourad Chetti, auteur de Berbères, le pays des Massylès, publié chez Casbah Editions, a été un événement, l’occasion en tout cas de confirmer ce vif intérêt. La foule venue assister en ce jour de semaine à la rencontre avec l’auteur a brillé aussi par la qualité des débats. Il faut dire que Chetti ne laisse pas indifférent.

Sur la Numidie, domaine de ses recherches, le personnage assume l’originalité de ses positions. Son œuvre ne consacre pas, en effet, les idées admises, elle les questionne. Un point de vue qui risque de choquer les ultras de l’identité et ses constantes «sacrées». Se disant libre du poids des certitudes, l’auteur affirme, cependant, la subjectivité de son travail et se démarque de toute prétention de réécriture de l’histoire.

Mourad Chetti, le Colliote, et après avoir étudié et ensuite enseigné la civilisation à l’université de Constantine, est parti à Paris pour approfondir et élargir son champ d’investigation, et enfin occuper une chaire universitaire dans le domaine du commerce international et la communication.

Très attaché à son pays, l’Algérie, sa passion, l’histoire de la Numidie a fini par se transformer en projet d’écriture, incarné dans cette saga de six volumes qu’il compte publier et dont le premier opus est l’objet de cette première rencontre dans l’ancienne Cirta.

Le public n’étant pas acquis d’avance, le débat est sans complaisance. Le jeu des questions/réponses aborde tout, à commencer par le titre de l’ouvrage : «Pourquoi Berbères et non pas Amazighs ?» s’élève une voix du public. «J’ai employé ce terme sans déterminant, je suis spécialiste en communication et j’ai dû employer la méthode AIDA (attirer l’Attention, susciter l’Intérêt, provoquer le Désir, pour que les clients passent à l’Acte et achètent). Mon titre est ‘‘racoleur’’ et c’est fait exprès. Comme c’est de l’histoire romancée, je me suis autorisé cette légèreté, sans prétention intellectuelle.» Le décor est planté. Chetti entend raconter l’histoire de Massinissa avec une vision inédite. «C’est une chronique romancée et non pas un roman.

Le lecteur peut suivre les faits historiques, avec en plus des personnages de fiction, fruit de mon imagination. Il fallait juste inventer des personnages vivants autour du factuel, et que ce soit au goût du jour. En vérité, la vie de Massinissa est extraordinaire, faite d’amour, de trahisons, de luttes de pouvoir, de guerres, tous les ingrédients sont là, je n’avais pas besoin d’inventer.» Proposant une relecture du personnage de Massinissa, soumis selon lui à des critiques infondées, Chetti offre, à la manière de Christian Jack, une «vulgarisation» de ce pan important de l’histoire de l’Afrique du Nord.

La tradition orale a constitué le creuset de sa passion et motivé tant d’efforts pour rassembler le fonds dans lequel il puise son inspiration. Sa motivation découle aussi d’un désir de vérité face à des formes de «trahisons» qui déforment aujourd’hui notre perception de cette histoire au centre de l’enjeu identitaire. «L’objectif, c’est de décoloniser notre histoire», explique l’auteur. Une décolonisation qui fait fi de la vision du vainqueur imprégnant l’Histoire, telle que racontée par les historiens romains.

Une décolonisation aussi face aux fantasmes manifestés «en France où il y a une espèce de condescendance de la part de personnes devenues françaises à partir du décret de 1873 et qui parlent en notre nom et puisent dans notre patrimoine», ou encore face à «un mouvement politique qui aujourd’hui veut s’accaparer la révolte identitaire.» L’invasion des Massylès sera l’objet du second opus.
 

Nouri Nesrouche
 
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