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Théâtre de plein air de Biskra

Une baptisation au nom d’un martyr crée la polémique

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le 06.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Face à la réaction citoyenne, la cérémonie a été remise à plus tard
Face à la réaction citoyenne, la cérémonie a...

Dans une pétition adressée aux autorités, des habitants contestent ce choix, surtout que plusieurs personnalités culturelles de la région ont été oubliées.

Face à  la montée au créneau d’un groupe d’habitants de Biskra refusant de voir le théâtre de plein air de la Reine des Zibans porter le nom du martyr de la Guerre de Libération nationale, Abderrahmane Lebchaki, né à Aïn Melh, dans la wilaya de M’sila, et tombé au champ d’honneur à Oum El Bouaghi en 1957, la baptisation de cet édifice public inscrite au programme du wali de Biskra à l’occasion du 5 Juillet a été remise à une date ultérieure, a-t-on constaté.

Dans une pétition d’une soixantaine de signataires, ces membres d’associations culturelles, cadres de l’Etat, commerçants, artistes et enseignants expliquent que Biskra a ses propres personnalités historiques, ses savants et ses artistes, dont les noms sont oubliés et qu’il serait plus judicieux de donner à ce théâtre le nom d’un artiste du 4e art, d’un intellectuel ou même d’un martyr local, au lieu de lui accoler celui d’un martyr inconnu.

Se défendant de tout chauvinisme ou régionalisme, ceux-ci s’interrogent sur le bien-fondé d’une telle baptisation et appellent les autorités locales à surseoir à de telles opérations, escamotant, à leur sens, les noms de prestigieux martyrs et moudjahidine de la cause nationale, de penseurs et d’exégètes locaux et d’artistes émérites de Biskra qui n’ont jamais été honorés.

«Cette décision de baptiser le théâtre de plein air du nom de Abderrahmane Lebchaki, qui mérite au demeurant tous les honneurs pour son sacrifice pour l’indépendance du pays, est illégale, car elle n’a pas fait objet d’une délibération. Elle a été prise par une commission municipale fantoche qui n’en est pas à sa première bévue concernant le choix des appellations des établissements scolaires, des rues, des mosquées, des ponts encore anonymes et des édifices publics de Biskra.

Pourquoi avoir débaptisé la maternité du nom de Fatima Lebssaira et le lycée Ibn Khaldoun ? Pourquoi plusieurs édifices portent les noms de Guerrouf, de Bedjaoui en jetant la confusion dans les adresses, alors que la liste des martyrs et des personnalités de Biskra est oubliée. Je soutiens ces pétitionnaires», a déclaré Djamel Cherif, vice-président de l’APC de Biskra, chargé de la culture et du social.

A noter que la famille du martyr Abderrahmane Lebchaki a mal pris la nouvelle de la suspension de la baptisation du théâtre de plein air, a-t-on appris à l’instar d’autres habitants de Biskra, soulignant qu’il y a des combats autrement plus importants à mener que celui de dénoncer l’appellation d’un théâtre.

Ceux-ci rappellent que le martyr en question n’est pas mort pour sa famille, sa tribu ou sa région, mais qu’il a donné sa vie pour une Algérie libérée du joug colonial et qu’il mérite donc que son nom brille au fronton d’édifices, d’institutions ou d’établissements des 48 wilayas du pays. Ainsi, la polémique sur la baptisation des lieux de Biskra connaît un nouvel épisode. Que sous-tend cette guéguerre que se livrent les partisans du choix de noms locaux pour nommer les édifices publics et ceux prônant de choisir des personnalités de tout le pays, même s’ils n’ont pas la célébrité d’un Ben M’hidi, d’un Amirouche, d’un Benboulaïd ou d’un colonel Chaâbani ou Lotfi? s’interroge-t-on.                
                          

Hafedh Moussaoui
 
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