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Aïd El Adha à Biskra

L’abattoir industriel assailli par des centaines de clients

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le 03.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	L’opération s’est déroulée dans de très bonnes conditions
L’opération s’est déroulée dans de...

A travers cette action caritative, la première du genre dans la wilaya, l’unité des Frères Benaïssa a réussi un véritable défi, tout en «gagnant le cœur des gens».

Premier jour de l’Aïd El Adha. Il est 7h. Dès la fin de la prière, des dizaines de pères de famille ont afflué, pour procéder au sacrifice de leurs moutons, vers l’abattoir industriel des Frères Benaïssa, situé dans la zone des Parcs de la route de Chetma dans la commune de Biskra. Ouverte en juin 2017, cette unité ultramoderne, dotée d’équipements fournis par une société italienne a offert, à travers les médias locaux et nationaux, à tous les habitants de la Reine des Zibans et ses alentours de procéder gratuitement à l’abattage des ovins et des bovins le jour de l’Aïd.

Conformément au souhait du wali de Biskra, Ahmed Kerroum, cette opération vise à aider les familles à s’acquitter de ce rite dans les meilleures conditions d’hygiène et de sécurité et cela à moindre coût, a-t-on appris. Dans l’ancien abattoir communal de la zone d’équipements de la commune de Biskra, on constatait en effet un état d’insalubrité et de non-respect de toutes les normes sanitaires.

Les conditions d’abattage des bêtes, de travail pour les employés et d’accueil pour les clients, qui devaient s’acquitter d’une somme de 2000 DA, étaient déplorables. Dans l’établissement des Frères Benaissa, doté de chaînes d’abattage pour les ovins, les caprins et les bovins, équipé de matériels sophistiqués pour lesquels il a fallu de longs mois de formation aux techniciens et bouchers-équarrisseurs, a une capacité de traitement de 60 ovins et 12 bovins par heure.

Mais pour cette occasion, les dirigeants de cette entreprise ont décidé de doubler la cadence de travail, afin de satisfaire l’ensemble de leurs clients d’un jour lesquels ont fait preuve d’une impatience et d’une indiscipline tout à fait prévisibles quand on connaît le caractère des Algériens. Un fait qui poussera Fouzi Benaissa, directeur général de cette nouvelle structure, à reconnaître que tous ses plans, préparatifs et organigramme de travail ont été chamboulés, voire anéantis par une trop forte affluence qui a généré quelques couacs.

Une chaîne d’abattage bien rodée

Qu’à cela ne tienne. Les équipes de techniciens-manutentionnaires, d’égorgeurs, de dépeceurs et de nettoyeurs chargés de vider les entrailles et les intestins des animaux, encadrés par une brigade de vétérinaires de la direction des services agricoles pour certifier la validité des bêtes égorgées sont à pied d’œuvre.

De 7h30 à 9h30, quelque 600 moutons ont été sacrifiés sous le regard de leurs propriétaires. Bien rodée, la chaîne d’abattage ne souffre d’aucune anomalie. Numérotées, les carcasses sont suivies, d’étape en étape, par leurs propriétaires appréhendant le résultat et les conclusions des découpes et prélèvement de morceaux, foie, pommons et de certains autres organes effectués par les vétérinaires sur les animaux sacrifiés afin de détecter les signes de maladies.

Il faut 5 minutes par bête. «Je suis venu ici, non pas pour la gratuité du service, mais pour le contrôle sanitaire par des vétérinaires. L’année dernière, j’ai vécu une triste expérience quand la viande du mouton sacrifié s’est putréfiée en quelques heures. Je tiens à rapporter chez moi de la viande saine pour mes enfants. Je remercie cet abattoir d’avoir offert des services de niveau supérieur à ce que nous connaissions avant», a commenté un fonctionnaire à la retraire rencontré sur les lieux. A midi, le rythme du travail n’a pas baissé.

Devant les portes de l’abattoir, des dizaines de personnes attendent leur tour. Elles s’amassent aux deux entrées et les gardiens ont du mal à contenir cette foule pressée de rentrer. Le parking est rempli d’automobiles et de véhicules où sont attachés des moutons. Même le camion à benne de Sokara-Net, entreprise publique de nettoiement et de collecte des déchets, a du mal à pénétrer dans l’enceinte de l’abattoir où règne une intense activité.

1700 moutons égorgés

Il est 15h. 1700 moutons ont été égorgés en ce jour de fête. Les travailleurs sont harassés. Un mélange de fatigue et de satisfaction pour la mission accomplie marque leur visage. Un immense amas de peaux de mouton délaissées est placé dans une chambre froide. Celles-ci seront offertes à des associations qui en récupéreront la laine et la revendront pour renflouer leurs caisses, tandis que des artisans-maroquiniers utiliseront les peaux pour confectionner différents objets artisanaux. «Cette journée est dédiée au bénévolat, aux actions de bienfaisance et à la solidarité nationale. Notre entreprise ne gagne pas un dinar. Les peaux et toutes les parties du mouton, que nos clients ne veulent pas ramener, sont données gratuitement», précise notre interlocuteur.

Il faut encore une heure de travail pour abattre et dépecer quelques bovins pour des groupes de personnes ayant choisi de cotiser pour s’offrir un veau ou une vache, ou des associations qui redistribueront la viande à des familles nécessiteuses. «Même si la ruée des clients impatients a provoqué la colère et le mécontentement de certains.

Nous avons réussi cette opération et tirer de cette première expérience des enseignements qui nous permettront d’améliorer notre service et de réfléchir aux moyens de mieux gérer le déroulement d’une telle journée», estime Fouzi Benaïssa, lequel présente ses excuses pour les désagréments causés. A noter que toute la journée, il a veillé avec l’aide des cadres de l’entreprise à ce que tout se passe bien en ce jour d’Aïd El Adha.

Surveillant la chaîne d’abattage, distribuant les sachets, des jus et de l’eau minérale aux gens, répondant aux coups de téléphone, calmant des jeunes impatients, gérant le flux des bêtes suivant une liste qui s’est avérée impossible à respecter, il a été sur tous les fronts, est-on enclin à dire. Globalement, ce fut une belle journée de travail pour l’abattoir industriel des Frères Benaïssa «qui vient de gagner bien des cœurs», témoignent des personnes rencontrées sur les lieux.
 

Hafedh Moussaoui
 
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