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Soirées ramadhanesques à Biskra

Emouvantes retrouvailles d’anciens musiciens

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le 27.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	La rencontre a été marquée par un hommage rendu à Ahmed Hayouni dit Hmaïda
La rencontre a été marquée par un hommage rendu...

Les souvenirs de la belle époque d’avant-indépendance ont ravivé la mémoire des nostalgiques.

Al’occasion des soirées ramadhanesques organisées par le Comité des fêtes de l’APC de Biskra, le «Vescera Show» a convié, mercredi dernier, au théâtre de plein air de Biskra, Ahmed Hayouni dit Hmaïda, qui a animé une rencontre avec les anciens musiciens et instrumentistes de la Reine des Ziban.

D’emblée, cette rencontre a été placée sous le sceau de la nostalgie et du rêve d’une ville, qui a été, dans un passé pas si lointain, un pôle touristique d’envergure internationale, où des gens du monde entier venaient se reposer et goûter à la douceur du climat et des ambiances féeriques des oasis du Sud algérien.

Né en 1939 à Biskra, batteur et percussionniste hors pair, Hmaïda, le corps perclus par différents maux induits par l’âge, mais l’esprit toujours vivace et encore doté d’un sens de la répartie et du calembour, dont il ne s’est jamais départi, a reconnu ses nombreux anciens disciples et amis, venus lui rendre un hommage.

Muni d’un pense-bête, il a relaté laconiquement ses débuts dans la musique, son apprentissage en 1952 avec l’orchestre de Costa, un pied-noir natif de Biskra, qui avait une boulangerie et dirigeait un groupe de musique égayant les bals, les mariages, les soirées dansantes et les guinguettes, le départ des derniers colons français en 1964 et la fondation des «Vesceriens», un groupe de musiques contemporaines qui fera de retentissantes tournées à travers le territoire national, avant d’être dissous à la fin des années 1970.

Invité à aller plus avant dans son récit et à donner des détails, il rétorquera : «Laissez tombez, ne faisons pas de bruit. Très jeune, j’allais dans la maison des Djeghaba au quartier de la Poste près de la gare pour tambouriner sur des bassines. Costa a reconnu en moi un bon batteur et m’a immédiatement engagé et m’a appris tous les rythmes du moment.

Tous les dimanches, nous assurions des prestations musicales appréciées et applaudies. Après l’indépendance, avec ‘‘les Rapaces’’ puis avec les ‘‘Vesceriens’’, nous avons animé des soirées à l’Hôtel des Ziban et au Casino de Biskra», a tout de même réussi à lui faire dire Abdelhamid Zekiri, en bon animateur de ces retrouvailles entre amis ayant connu Biskra d’avant 1962, vécu les espoirs véhiculés par l’indépendance et les multiples déconvenues qui suivirent pour la plupart d’entre eux.

En tout cas, Hmaïda était aux anges de revoir ces frimousses et ces fripouilles de ses compagnons et élèves d’antan, qui se sont succédé pour jouer des morceaux de musique avec lui à la batterie. Comme plongé dans un bain de jouvence, il a retrouvé soudainement son allant et son dynamisme et a vraiment étonné l’auditoire en interprétant des rythmes oubliés des jeunes générations, comme le Tango, le Tchatcha, le Charleston, la Bossa nova, le Paso doble, la Valse, le Disco, le Rock, le Blues et même le Zendali et les percussions locales et africaines.

Celui qui, un jour de sa vie, a joué avec des enfants de Biskra la 9e symphonie de Beethoven à l’Unicef, mené des fanfares aux sons de la cornemuse écossaise, monté des groupes de musiques moderne et universelle et transmis son savoir à des dizaines de mélomanes et de jeunes qui n’ont jamais oublié ce personnage méritant un biopic, a été gratifié de diplômes honorifiques et de présents en reconnaissance de sa carrière toute déniée à la musique et à la culture.

«Sebbaine kelb ma yakder ikadad rassi (littéralement : Mais 70 chiens ne peuvent me ronger la tête.) », a conclu ce septuagénaire, attachant et affable, avec cette vieille expression populaire signifiant qu’il est un homme à qui on ne l’a fait pas, qui garde toujours la tête froide, mais qu’il était profondément touché par les attentions auxquelles il a eu droit de la part de tous les présents sans exception.      
 

Hafedh Moussaoui
 
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