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La traque aux faux investisseurs se poursuit à Annaba

Le très controversé Calpiref dissous

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le 14.02.17 | 10h00 Réagissez

Plus de 30% du foncier industriel déjà attribué dans les zones industrielles et d’activité sont inexploités.

Le péril foncier en Algérie est, aujourd’hui, bien réel. Aucune ville économique, Annaba surtout, n’y est malheureusement épargnée. Malgré la multiplication d’actions, tous azimuts, aux fins d’y faire face, le foncier industriel, dans la 4e ville du pays ou partout ailleurs, demeure encore la pierre d’achoppement du développement local.

Cette situation que d’aucuns estiment «ingérable» a fait qu’elle n’occupe plus maintenant que la 47e place sur 48 en terme de superficie, soit environ 0,06% du territoire national. Il est aujourd’hui établi que «la wilaya de Annaba subit, depuis ces dernières années, une pression immobilière et foncière inouïe et affiche des inégalités spatiales et territoriales déconcertantes. Elle se voit imposer un étalement urbain généré par la fonction prépondérante habitat et une complexité de fonctionnement», nous indiquera, Abdallah Nouadria, diplômé de l’Ecole nationale des travaux publics (ENTP) d’Alger et ancien directeur de la construction à Annaba.

Là où justement, l’on semble en avoir pris conscience puisque des changements, en mieux, sont clairement perceptibles au moment où, à en croire plus d’un spécialiste en urbanisme, à l’image de Laala Boulbir, «depuis l’époque du wali Baghdadi, Annaba n’arrive pas à développer une réelle vision pour son urbanisme et son développement local. Et, c’est là les avantages et les inconvénients d’un État jacobin.

Le développement, faut-il le souligner, dépend de la personnalité du wali, selon qu’il se conduit comme un simple haut fonctionnaire chargé de gérer les affaires courantes ou comme un véritable leadership marquant son passage par des grandes actions qui sont, en définitive, celles de l’État».

Cette nouvelle vision, l’actuel chef de l’exécutif, Youcef Chorfa, se débat pour l’imposer et s’attelle à extraire sa cité de l’emprise de la réputée mafia annabie du foncier, dont l’appétit ne cesse de gagner en férocité. Sa première décision: La dissolution, conformément aux dispositions introduites par la LFC-2015, du très controversé Calpiref, serviteur docile de cette mafia, et la mise en place, en vertu de l’instruction ministérielle n°2144 portant promotion de l’investissement économique, d’une commission de wilaya chargée du suivi des projets d’investissements.

Des dizaines de dossiers débloqués

En termes relatifs, ont ainsi été retirés quelque 429 dossiers, alors entre les mains du Calpiref, pour être confiés à la direction de l’industrie et des mines (DIM). Bloqués pendant de longues années pour des raisons que les membres du défunt Comité sont les seuls à connaître, pas moins de 170 dossiers ont, sur instructions de M. Chorfa, fait l’objet de décisions définitives avec actes déjà publiés, avons-nous appris de sources officielles. 96 sur 145 demandes de permis de construire ayant également été satisfaites.

En somme, «en application des nouvelles dispositions, environ 800 dossiers d’investissements ont été déposés à la DIM, dont 155 étudiés par le wali en personne», précisent nos sources.  Quant à la traque aux pseudo-investisseurs ayant bénéficié d’assiettes de terrain détournées de leur vocation initiale ou inexploitées, le wali, semble déterminé à la mener jusqu’au bout, multipliant les sorties sur le terrain mais aussi les mises en demeure.

Sont, en effet, en passe d’être officiellement récupérés des dizaines de lots sur les 408 situés dans les cinq zones industrielles (ZI) qui totalisent 542 ha. Idem pour plusieurs autres lots relevant des neuf zones d’activité commerciale (ZAC) avec leurs 348 lots s’étirant sur 152 ha. À Annaba, globalement, plus de 30% du foncier industriel déjà attribué est inexploité au moment où des opérateurs économiques, de bonne foi, ne trouvent pas un terrain pour investir.

Dans leur ambition de résorber ce déséquilibre, les autorités locales ont opté pour la création d’une nouvelle ZI à Aïn Essid dans la commune de Aïn Berda, avec une enveloppe de 2,3 milliards de dinars pour son aménagement. C’est autant dire que dans sa nouvelle vision en matière de développement urbain, porteur de plus-value pour la collectivité, le chef de l’exécutif risque de se heurter à de fortes résistances.

La mafia du foncier à Annaba, y est confortablement installée et elle jouit d’une fort solide protection au sein de la haute administration. Celle-là même qui, paradoxalement, exhorte les collectivités locales à revoir leur politique en matière d’urbanisme et de là assurer un rôle moteur pour la relance de l’économie urbaine.
 

Naima Benouaret
 
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