Régions Est Actu Est
 

La plus grande zone industrielle d’Oum El Bouaghi

Aïn Mlila… le commerce, l’ASAM et la pièce de rechange

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 12.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	Des dizaines  de magasins achalandés en pièces de rechange neuves ou provenant de la casse
Des dizaines  de magasins achalandés en pièces de...

Dernier jeudi du mois d’août. Il est sept heures du matin et la ville commence à s’ébrouer lentement de la torpeur de la nuit. Ce sont les cafés du centre-ville qui ouvrent les premiers pour recevoir leurs clients.

La chaleur des jours passés a réduit considérablement l’activité, d’autant que beaucoup de commerçants sont partis avec leur famille en vacances. Cela n’empêche pas les affaires de tourner. La rue de Constantine, la plus ancienne du centre-ville, a gardé son cachet d’antan, malgré quelques transformations. Oui, de nouvelles bâtisses se sont substituées aux anciennes.

Les murs des nouveaux locaux, revêtus d’«Aluco-bond» semblent imposer leur présence face aux constructions ordinaires. La ville a pris de l’extension sur l’autre partie, plus exactement au sud, en allant du côté de l’hôpital Slimane Amirat, construit en urgence durant les premières années du recouvrement de l’indépendance en préfabriqué. Tout près est en édification un nouvel établissement, en dur celui-là. C’est par là aussi qu’on rejoint la route de Batna. Des immeubles particuliers à deux ou trois étages, avec un toit en tuile rouge renseignent sur le degré de richesse de certains habitants.

La ville de Aïn M’lila dispose de la plus grande zone industrielle de la wilaya. Cette dernière dépasse de loin celle de Aïn Beïda, où l’activité reste très en deçà des espérances des responsables locaux. Aïn M’lila, comme nous l’annonce un vieux retraité, est connue par son complexe (Cabam), qui fabrique des cabines sahariennes. Il a été fondé il y a plus de quarante ans et appartenait au groupe SNLB. Des investisseurs privés ont créé de petites usines qui produisent des filtres pour véhicules, une huilerie… A l’entrée est de la ville, le visiteur découvre l’imposant abattoir régional des viandes rouges.

Ce dernier est appelé à fournir en viandes une grande partie de l’Est algérien. Les jeunes Mlilis sont très fiers de leur ville. Ce n’est pas du chauvinisme, mais ils aiment leur cité et y tiennent énormément, ce qui est à leur honneur. Leur fierté, ils la tirent aussi du chahid Larbi Ben M’hidi, dont on commémore le sacrifice chaque année. Les gens du troisième âge, surtout les sexagénaires, se rappellent d’un homme qui s’est distingué par ses écrits dans le journal An Nasr quand ce dernier paraissait en langue française. C’est de Omar Djeddi qu’il est question. Il signait ses billets sous le pseudonyme d’Ibn El Kahina.

Ses écrits traitaient de toutes sortes de sujets inhérents à la société et à la vie sociale. «Omar Djeddi appartenait au corps des pompiers et avait une plume superbe. Il est regrettable que personne n’ait pris la peine de publier à titre posthume ses billets à l’écriture aussi plaisante que porteuse d’enseignements», regrette-t-on. Parmi les intellectuels actuels, citons Nacereddine Bakha, qui a son actif un recueil de poèmes intitulé Pour l’amour de l’Algérie et un livre d’exercices de grammaire destiné aux jeunes collégiens. Sa poésie est pleine d’enseignements tant elle emprunte des chemins divers et à la simplicité empreinte de sagesse et de philosophie. Il collabore par ailleurs avec le journal L’Est républicain depuis des années. Pour faire connaître sa ville, il a à un certain moment fondé un journal en ligne pour les internautes.

Aïn Mlila, selon certains, tire son nom du mot berbère mellal, qui veut dire blanc. Mais d’autres pensent que le nom de la ville dérive d’une fontaine appelée Aïn Lila.

Enfin, les jeunes Mlilis sont heureux que leur club fétiche, en l’occurrence l’ASAM, accède en division supérieure, c’est-à-dire en Nationale 2, après de longues années d’attente. C’est tout ce qui enthousiasme la jeunesse en l’absence d’autres moyens de culture. Pas de salles de cinéma ni de théâtre. Même pas un parc de loisirs pour une ville qui compte plus de 100 000 âmes !
 

UNE PLAQUE TOURNANTE

Il est neuf heures et les rues du centre-ville voient affluer un grand nombre de visiteurs, tous venus spécialement chercher une pièce pour leur véhicule. Aïn M’lila occupe une place privilégiée dans le commerce de la pièce de rechange pour toutes les marques de véhicules. Nous avons rencontré des gens venant de certaines villes du pays. Des acheteurs de Batna, Barika, Constantine, Khenchela et d’ailleurs… «Je suis à la recherche de plusieurs pièces pour mon véhicule tombé en panne», nous lance un citoyen rencontré dans un commerce dédié à la pièce de rechange. Le vendeur lui demande s’il a besoin de pièces d’origine ou de marque Taïwan. Les prix de la pièce d’origine sont éminemment chers, comparés à ceux des pièces venant de Chine, par exemple.

Du simple au double, voire triple.
Lors de nos déambulations, nous avons remarqué que dans certaines rues, on ne vend que des moteurs, alors que dans d’autres, les commerces exposent dehors des pare-chocs, des ailes, des capots pour certaines marques de voitures. Nul besoin de demander quels genres de pièces sont vendues par tel ou tel commerçant. Les enseignes de magasins renseignent sur la marque qu’on recherche. Cela va de la marque Peugeot, à celle de Corée, en passant par Renault, Volkswagen, Citroën… Autant dire qu’aucune marque ou firme n’est omise. Certains acheteurs viennent exprès pour acheter des pièces de la casse, comme on dit dans le jargon, pour désigner les pièces des voitures accidentées et désossées par des ferrailleurs.

En faisant les rues de la ville, on découvre de vraies cavernes d’Ali Baba, des magasins proposant des pièces provenant de la casse. Les pièces de tôle sont hors de prix. Un jeune venu d’Oum El Bouaghi et qui cherche un pare-choc pour une voiture KIA (Picanto) allait presque tomber à la renverse en entendant le marchand lui dire que cette pièce vaut 8 millions de centimes. Cela parce que cette pièce a une couleur semblable à celle de sa voiture.

Ce qui lui évite en somme les travaux de peinture du tôlier ! Pareillement aux autres cités du pays, il n’y a pas de vie nocturne. Après la dernière prière du soir (El Icha), les cafés ferment et ne restent que quelques attardés ou noctambules qui traversent les rues de la ville. Des groupuscules de jeunes préfèrent veiller dans leurs quartiers respectifs, discutant de choses et d’autres. Ce qui importe de préciser, c’est que la ville de Aïn Mlila, comme nous l’a signalé un vieil homme, est un carrefour important. En effet, cette ville, qui fait partie de la wilaya d’Oum El Bouaghi, jouit d’une situation privilégiée, puisqu’au centre de trois grands pôles, à savoir Constantine, au Nord, Sétif, à l’Ouest et Batna au sud. C’est ce qui fait sans doute d’elle un passage obligé pour de nombreux voyageurs.
 

Baâziz Lazhar
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...