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Gare Routière De Blida : Anarchie, saleté et commerce parallèle au quotidien

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le 16.05.17 | 12h00 Réagissez

Si Blida a pu, dernièrement, restituer son surnom de «ville des Roses» grâce à de multiples actions de nettoyage et d’embellissement, elle demeure, à ce jour, dépourvue d’une gare routière digne de ce nom, un manque constituant une tache à ce tableau idyllique, nécessitant une intervention urgente de la part des autorités locales.

En effet, le visiteur de la ville de Blida est confronté à un véritable paradoxe : d’’un côté une belle ville, respirant la beauté et la propreté, au point de constituer un modèle à suivre à l’échelle nationale, et, de l’autre, une gare routière malheureusement loin des critères des autres gares modernes du pays.

Un petit tour à cette gare provisoire, mitoyenne au marché Kessab, fortement fréquenté par des citoyens de tous bords, suffit pour faire le constat de la situation catastrophique de cette structure, qui fait croire au visiteur qu’il a été subitement projeté dans l’une des wilayas les plus déshéritées du pays. L’anarchie et la saleté constituent, en effet, les éléments saillants du paysage général de cette gare, qui, pour ne pas gâcher le reste, est fait de disputes quotidiennes entre les chauffeurs de bus sur les durées de stationnement de chacun d’eux, a-t-on constaté.

Des voyageurs, résidents et visiteurs, venus de différentes régions du pays, rencontrés sur place par l’APS, ne se sont pas fait prier pour exprimer leur mécontentement à l’égard de la situation désastreuse de cette gare, s’étendant sur une surface de 3 hectares, qui est, selon leur expression, dénuée des moindres conditions pour un voyageur, dont notamment des restaurants, des salles d’eau et des abribus pour les protéger de la pluie et des chaleurs estivales, ont-il déploré.

En visite pour la première fois à Blida, une dame venue d’Oran, en compagnie de son mari et de ses enfants, s’est dite «choquée» par l’état de cette gare abritée par la ville des Roses, muse des artistes et poètes, a-t-elle ajouté, visiblement très irritée, fatigue oblige, à l’égard de l’absence notamment de bancs pour se reposer et de structures pour se restaurer.

Le commerce parallèle, un facteur aggravant

Ce n’est un secret pour personne que la situation dégradée de cette structure publique, mitoyenne avec le marché Kessab, accueillant quotidiennement des centaines de chalands de tout le pays, est fortement aggravée par le commerce parallèle, qui est pratiqué sur une grande surface de cette gare, squattée par des vendeurs de l’informel, à l’origine des tas de détritus de toutes sortes, qu’ils laissent quotidiennement derrière eux, en fin de journée.

Contacté à ce sujet, le directeur du commerce de la wilaya, Djamel Abed, a fait part de la mise au point actuellement d’un plan, en vue de l’éradication de ce marché parallèle, considéré comme le plus grand de la wilaya.

L’entame de la mise en œuvre de ce plan sera lancée dès la fermeture de cette gare, programmée avec l’entrée en exploitation de la nouvelle gare routière, en réalisation à la cité Ramoul de Blida, a-t-il fait savoir. M. Abed a, néanmoins, souligné la difficulté d’évacuer les vendeurs de ce lieu, au vu de leur nombre considérable et de leur «ancienneté» au niveau de ce marché parallèle, d’où l’impératif, pour lui, d’un plan d’action rigoureux prévoyant notamment l’affectation de locaux commerciaux à ces vendeurs, une fois évacués.

Des problèmes techniques à l’origine du retard

Selon le directeur des transports de la wilaya, Idir Ramdane Cherif, le projet de réalisation de la nouvelle gare routière de Blida, lancé en chantier en 2013, a atteint un taux d’avancement estimé à 85%, imputant son retard à des motifs techniques et administratifs. Il a, toutefois, fait part d’efforts, en cours, en vue de remédier à cette situation et de livrer le projet dans les plus brefs délais, d’autant, a-t-il ajouté, que l’actuelle gare est dénuée des moindres conditions digne d’une gare moderne.

Le responsable a fait part, à cet effet, du versement de la première tranche financière du projet à l’entreprise en charge, dans l’attente du règlement progressif des tranches restantes, a-t-il dit, en vue de livrer le projet, dans les plus brefs délais, et d’assurer son entrée en service au cours de cette année, sans pour autant fixer une date pour cela. Selon les informations fournies par M. Cherif, la nouvelle gare de Blida s’étend sur une surface de 60 000 m2. Elle a été conçue pour accueillir un volume quotidien de plus de 20 000 voyageurs et de 700 bus de différentes wilayas du pays.

La structure dispose de toutes les commodités modernes nécessaires pour assurer le bien-être des voyageurs, dont des restaurants, des guichets pour la vente des tickets, des espaces de repos, outre sa dotation en caméras de surveillance pour assurer leur sécurité. Mais dans l’attente de la mise en service de cette nouvelle structure, les usagers de l’actuelle gare continuent de galérer, eu égard à la médiocrité de ses prestations.


 
 

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