Régions Centre Alger
 

Ordures, violence, anarchie et absence de l’APC

Les habitants de Bab El Oued dans l’impasse

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 12.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Bab El Oued, qui compte aujourd’hui une forte population, doit faire face à une recrudescence de la violence, qui touche malheureusement toutes les tranches d’âge, et elle commence dès la plus tendre enfance
Bab El Oued, qui compte aujourd’hui une forte population, doit...

Pour les habitants de la commune de Bab El Oued, l’heure du changement vient de sonner. Mais ce changement se traduit par des visions que nul ne peut accepter à cause de l’absence des services de l’APC.

Depuis de longs mois maintenant, les habitants de la commune à travers ses nombreux quartiers populaires se retrouvent à vivre avec, en premier lieu, des monticules d’ordures qui s’entassent et sont visibles un peu partout. Pour les citoyens, ça ne peut plus durer ainsi. La situation empire de jour en jour.

«Les ordures s’entassent partout pour la simple raison que si le ramassage s’effectuait régulièrement, les habitants, les commerçants et les passants n’auraient pas le réflexe automatique de se débarrasser de leurs déchets en pleine rue. Mais à cause de l’absence de Netcom et le laisser-aller total de l’APC et des élus, il fallait s’attendre à une situation pareille», déclare Azzedine.

Toujours dans la même optique, et non loin de la mythique place des Trois horloges, l’anarchie règne en maître. Les chauffeurs de taxi clandestins n’hésitent pas à se garer en double file, c’est-à-dire en 2e position, bloquant la circulation qui est déjà à la base ralentie par les passants et les nombreux vendeurs à la sauvette, qui installent leurs marchandises en pleine rue. Chose étonnante également et que nous avons constatée par nous-mêmes, c’est le laxisme des services de police, qui passent devant ces personnes sachant qu’ils sont des chauffeurs clandestins.

Azzedine, qui nous a accompagnés, rapporte que «la police ne s’est jamais arrêtée pour les contrôler, ou tout simplement dans le but de fluidifier la circulation qui est chaque jour de plus en plus encombrée. Si un simple automobiliste ose leur parler ou leur demander de déplacer leur automobile, car elle bloque la voie, il faut sans aucun doute s’attendre à des représailles immédiates, car la violence est le mot d’ordre», s’indigne notre interlocuteur. La violence qui est maintenant partie intégrante de nos habitudes, pour des raisons qui sont encore indéterminées, a également pris une grande place dans la commune.

Bab El Oued, qui compte aujourd’hui une forte population, doit faire face à une recrudescence de la violence, qui touche malheureusement toutes les tranches d’âge, et elle commence dès la plus tendre enfance. Les plus jeunes qui commencent à jouer dans la rue imitent les plus grands, qui ne leur donnent en réalité pas un très bon exemple. Dealers, agressions, possession d’armes blanches, telle est la réalité pour certains jeunes de la cité, même si parfois certains essayent de sortir du lot en poursuivant des études supérieures.

Il y a quelques mois de cela, lors d’une édition précédente, nous avons rencontré  M. Labadi, président de l’association Préservation de l’enfance et insertion en milieu scolaire. Ce dernier nous avait parlé, durant une rencontre avec les forces de l’ordre, de parents démunis et de repris de justice, des nombreux problèmes que rencontrent les jeunes de la commune. Nous avions également rencontré le jeune M. qui venait tout juste de sortir de prison.

Le jeune garçon, qui ne dépassait pas les 20 ans à ce moment-là, parlait avec une certaine émotion de son passé pas très lointain et de sa chute dans le milieu des agressions à l’arme blanche et de la drogue.  «Après avoir été emprisonné pour la première fois, je me suis rendu compte rapidement que ce chemin ne conduisait nulle part. Dans le quartier, il est facile de tomber dans un milieu où les mauvaises fréquentations  prennent le dessus.

J’ai vu des enfants de 12, 13 ans vendre de la drogue à la place des dealers qui préfèrent rester dans l’ombre, à l’abri, en supervisant de haut les petites mains et en les récompensant avec tout et n’importe quoi et parfois pour les garder en leur donnant de l’argent. Comment peuvent-ils ne pas céder à la tentation à un âge précoce ? C’est comme ça que leur esprit est modelé pour toujours», témoigne le jeune garçon. Des associations comme celle de M. Labadi essayent de changer le quotidien de ces jeunes, mais la tâche est ardue et le chemin reste long et parsemé d’embûches.       
 

Rachid Larbi
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie