Régions Centre Actu Centre
 

Terres agricoles délaissées à Médéa

Tout le monde est complice !

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 28.02.17 | 12h00 Réagissez

 
	La volonté collective doit primer pour un travail productif
La volonté collective doit primer pour un travail productif

Le secteur agricole à Médéa en chiffres : Superficie utile agricole (SUA) : 338 359 ha, dont 15 700 de terres irriguées et 134 226 en jachère. Répartition : céréales 36%, fourrage 11%,  polyculture 7%, maraîchages 2%, oliveraies 3%, légumes secs 1%, et jachère 40%. Cheptels bovins : 65 000 têtes, dont 28 600 vaches laitières, 887 000 têtes d’ovins et 96 000 de caprins. Nombre d’exploitations  agricoles privées : 36 000 unités.  

La direction de l’agriculture de la wilaya de Médéa a organisé récemment une rencontre avec de nombreux exploitants agricoles en céréaliculture, dont l’ordre du jour a été consacré à l’étude et la manière à mener pour réduire progressivement le phénomène des terres en jachère. Ce dernier semble prendre des proportions inquiétantes, atteignant un taux de 40% de la globalité des superficies utiles agricoles (SUA) de la wilaya qui est de l’ordre de 338 359 hectares.

Cette rencontre tenue au siège du centre de formation agricole de Tackbou, à Médéa, a été une opportunité pour le wali, Mostefa Layadi, présent sur les lieux, de donner un certain nombre d’orientations et en même temps écouter les doléances et préoccupations des agriculteurs présents. Dans ce cadre, il mettra en avant les objectifs assignés pour mobiliser toutes les énergies productrices afin de redoubler d’efforts en rentabilisant sans cesse la moindre parcelle de terre fertile existante pour mettre le pays à l’abri des besoins en denrées alimentaires et fourragères.

Car la conjoncture actuelle que traverse le pays, après la chute du prix de l’or noir, ne permet plus de faire face aux lourdes factures d’importation en nourriture comme auparavant et ne pardonne plus également le laisser-faire dans ce secteur vital de la nation qui risque d’hypothéquer les intérêts et l’avenir des générations futures. Pour faire face à cet enjeu majeur, la mobilisation attendue doit être à la hauteur de ce grand défi et ne saurait être celle des seuls services de l’agriculture et de l’hydraulique.

Mais, il faut que toute la société civile s’implique davantage pour agir sur le comportement individuel de chacun et redonner au travail de la terre sa noblesse d’antan et sa juste valeur, en particulier au sein de la jeunesse qui, de nos jours, a déserté ce noble métier productif et nourricier, préférant celui du gain sans efforts, comme par exemple garder les voitures et le commerce informel avec la revente de gadgets asiatiques.

Aujourd’hui, la volonté collective doit primer pour un travail productif qui devra être la meilleure formule pour se prémunir des effets pervers d’une mondialisation inhumaine se pointant déjà à l’horizon, en portant dans ses bagages l’atteinte à la dignité, à la valeur et la culture des peuples qui n’ont pas su mobiliser à temps leurs potentialités humaines dans un même élan d’entraide et de solidarité pour au moins assurer l’autosuffisance alimentaire.

Les pays riches du nord de la planète ne donnent aujourd’hui rien en contrepartie et ne se soucient guère de ce qui se passe au sud du globe terrestre, où la famine due aux effets de la sécheresse continue à faire des ravages en exterminant au quotidien des millions de vies humaines sans vivres.

Esprit d’assistanat quand tu nous tiens

Le débat engagé lors de cette rencontre nous fait dire avec regret qu’on n’est pas encore sortis de l’auberge de l’assistanat et les mentalités n’ont pas tellement évolué depuis, car la plupart des interventions des fellahs, profitant de la présence du wali, se sont articulées autour de sollicitations d’avantages particuliers et de moyens matériels, esquivant ainsi le véritable problème d’intérêt général en discussion, se schématisant par d’importantes parcelles agricoles en souffrance s’étalant sur 134 000 ha en friche, ne demandant qu’a être emblavées et ensemencées.

Pourtant, la wilaya de Médéa a été de tout  temps classée et considérée par les pouvoirs publics parmi les régions du pays à vocation agricole, car elle se distingue par ses vastes étendues de terres fertiles et également par sa variabilité climatique.
Au Nord, avec des reliefs montagneux où la polyculture (vigne, arboriculture) et l’élevage de vaches laitières y sont de mise, au Centre la céréaliculture et le fourrage dominent les plaines situées à l’Est.

Quant au sud de la wilaya, l’élevage ovin fait partie intégrante de la vie des autochtones en traversant les immenses parcours steppiques. Mais, aujourd’hui, avec toute cette particularité avantageuse, la région n’a pas atteint une profonde mutation appréciable, améliorant ainsi les conditions de vie de la quasi-totalité de la population locale en dépit d’un demi-siècle de multiples réformes qui ont été engagées et se sont succédé, contre d’autres tombées en désuétude, la dernière remonte à 2009 avec le fameux contrat de performance annoncé tambour battant comme une formule magique inventée par son propre concepteur. Elles ont été aussi appuyées par d’importantes opérations de financement à titre d’aides, où de prêts sans intérêts, dont la plupart des ardoises faramineuses de créances ont été effacées.

Les officiels se contredisent !

Si on se fie aux officiels du secteur, ils affichent un satisfecit démesuré en  dressant à chaque occasion des bilans fantaisistes lorsqu’il est question d’évaluation de la production dans toutes les filières agricoles. En contradiction, ces statistiques ne font pas souvent l’unanimité, certains techniciens interrogés à ce sujet disent qu’elles ne reflètent pas souvent la situation exacte sur le terrain, car ces chiffres, dit-on, sont calculés au pif à l’aide de données et de coefficients collectés à distance par un agent administratif derrière un bureau loin de la réalité.

La situation demeure encore figée dans cette contrée quant à la relance du secteur agricole, d’autant plus que la sécurité alimentaire est de plus en plus menacée. Pour se rendre à l’évidence, il faut juste voir la flambée des prix actuelle du marché des fruits et légumes, où le kg d’ail a grimpé à 1 500 DA, au même prix de vente squ’un kilogramme de viande rouge.

C’est aberrant, disent nos interlocuteurs, en enchaînant que cela est dû principalement au manque de vision et à l’improvisation des pouvoirs publics en ce qui concerne la mise en place d’une politique agricole appropriée et spécifique pour chaque région du pays. «Le résultat est là, s’exclame-t-on.  Il y a échec. Et il faut absolument arrêter cette manière d’agir. Il faut voir la chose en face. Spéculer sur des statistiques pour servir l’intérêt de qui ? Ne pas politiser l’agriculture, c’est la meilleure façon de voir clairement les choses afin  d’avancer progressivement et sûrement»,  souligne-t-on.

A.Teta
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie