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Médéa : L’hiver, l’inquiétude de la campagne

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le 10.01.17 | 10h00 Réagissez

 
	L’hiver peut être très rude dans les zones reculées de Médéa   
L’hiver peut être très rude dans les zones...

Dans certaines zones reculées, l’hiver est ressenti durement par la population rurale, qui vit souvent dans des conditions difficiles.

Les prémices d’un hiver givrant et humide augurent d’une bonne saison agricole, dit-on. Des pluies abondantes et torrentielles se sont abattues durant le mois de décembre sur toute la région de Médéa, redonnant ainsi espoir aux agriculteurs, qui commençaient à s’inquiéter sérieusement des menaces de la sécheresse automnale.

Les champs agricoles ont été bien trempés et regorgent encore d’eau, la saison agricole a été sauvée de justesse, dit-on. Aussi, les barrages environnants ont atteint un niveau appréciable, rassurant ainsi la population locale d’un apprivoisement régulier en eau potable pour les prochains mois de l’année.

Mais comme on le dit bien, le bonheur des uns fait le malheur des autres. En effet, dans certaines zones reculées, l’hiver se fait sentir autrement par la population rurale qui vit souvent dans des conditions difficiles et pénibles dues au manque de commodités et de moyens nécessaires pour une vie décente.

En parcourant les sentiers sinueux menant aux différents hameaux situés sur les hauteurs des localités d’El Omaria, Baâta ou El Aïssaoui, vous croisez ces femmes et ces enfants mal chaussés qui bravent le froid glacial et les rafales de vent, en s’aventurant à l’intérieur de la forêt pour ramasser quelques branches sèches d’arbres quand les pères de famille vont à la recherche, à dos d’âne, de bonbonnes de gaz butane quand celles-ci sont disponibles au village le plus proche.

Le bienfait du gaz naturel tarde encore à arriver dans ces endroits, car la wilaya accuse actuellement un déficit de raccordement aux habitations de 43%. Aussi, les moyens de transport sont quasi inexistants dans la plupart des chemins de campagne, qui sont coupés dès le moindre orage dans les zones montagneuses à relief accidenté, lequel est inaccessible en période d’hiver, surtout dans les douars et mechtas reculés.

Ceci nous fait rappeler la grande tempête de neige de l’hiver 2012, qui a coupé du monde toutes les zones rurales pendant une quinzaine de jours. Il a fallu employer les grands moyens de l’ANP pour ouvrir les chemins vicinaux et approvisionner les habitants en vivres. Pourtant, la politique des plans communaux de développement, décidée par les pouvoirs publics, est venue justement améliorer les conditions de vie du monde rural et rétablir un tant soi peu l’équilibre avec le monde urbain.

Mais la politique des slogans et la démission de certains élus et leurs fausses promesses électoralistes sont derrière ce manque de développement local. Des subventions allouées dans ce cadre à certaines collectivités locales n’ont pas été engagées, encore moins consommées, mais rendues au Trésor en fin d’exercice budgétaire. Les élus se sont à chaque fois disculpés derrière de faux prétextes, tels que la rengaine de l’appel d’offres infructueux.

Les disparités aujourd’hui sautent aux yeux, dès que vous approchez de ces îlots d’habitation, qui diffèrent l’un de l’autre au sein d’une même commune et wilaya. A voir tout cela, on a l’impression que ces ménages, pourtant habitant sous le ciel du même pays, vivent différemment. On se plaint de nos jours dans la localité de Bouaïche, à140 km au sud-ouest du chef-lieu de wilaya, de l’absence totale de médecins et d’infirmiers de garde dans les dispensaires de soins, qui se trouvent souvent fermés, alors que les gens continuent de mourir des piqûres de scorpion dans cette localité et celles de Aziz, Ouled Antar et Ouled Hellal, qui vivent dans une situation similaire.

On continue de nos jours à évacuer des cas urgents à dos d’âne jusqu’au village le plus proche pour ensuite prendre une voiture d’un clandestin vers l’hôpital et même cas pour les parturientes, dont certaines décèdent en cours de route. Si quelqu’un tombe malade de nuit dans ces hameaux enclavés, il doit patienter jusqu’à la levée du jour pour trouver un moyen de transport pour se rendre chez un médecin. Les écoliers de ces endroits retirés ne sont pas également épargnés par le calvaire du transport scolaire. Ils rejoignent souvent leurs classes en grelottant en cette période pluvieuse, trempés jusqu’aux os par la pluie.

Enfin, si les citadins expriment de temps en temps leur colère par un rassemblement dans la rue ou un sit-in devant le siège d’une administration, au sujet du moindre inconvénient, par contre chez les ruraux, ils sont plutôt paisibles. L’hiver rude de 2017 est déjà là, certains le passeront au chaud, dans le confort, et d’autres devront prendre leur mal en patience en le vivant comme d’habitude, dans le froid et les rafales de vent glacial, à une température de 0 °C et moins.

A.Teta
 
 
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