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Face au risque d’embrasement

Trois pays du Golfe débloquent plus de 2 milliards de dollars d’aide à la Jordanie

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le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

 
	Le roi Abdallah II de Jordanie lors d'une rencontre avec le roi Salmane d'Arabie Saoudite et le prince hériter Mohammed Ben Salmane à Riyad
Le roi Abdallah II de Jordanie lors d'une rencontre avec le roi...

La réaction des pays du Golfe à la grave crise économique et sociale traversée par la Jordanie ne s'est pas fait attendre.

Réunis hier en urgence, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont décidé de débloquer une aide de 2,5 milliards de dollars au profit de la Jordanie, rapporte l’agence de presse saoudienne SPA.

Cette aide comprend un acompte versé à la Banque centrale de Jordanie, une garantie de la Banque mondiale, un soutien budgétaire sur cinq ans et le financement de projets de développement, selon l'agence.

«La rapidité et la vigueur avec lesquelles les Etats du Golfe ont répondu sont un témoignage très clair de leur inquiétude et de leur détermination à étouffer dans l'œuf l'agitation en Jordanie», a estimé Lori Boghardt, du Washington Institute for Near East Policy, pour l'AFP. «Ils font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher un nouveau Printemps arabe à leurs portes», a-t-il ajouté. L’Union européenne a également annoncé dimanche une nouvelle aide de 20 millions d'euros à la Jordanie, «destinée à soutenir des projets en faveur des tranches les plus vulnérables de la société».

L'UE soutient la Jordanie dans différents secteurs d'activité, notamment hydraulique, énergétique et humanitaire, pour un montant total d'un milliard d'euros depuis 2016, a précisé Federica Mogherini, insistant sur le rôle «vital» de la Jordanie dans la région. Il faut dire que le royaume hachémite traverse une grave crise économique qui a conduit le Premier ministre, Hani Moulki, à jeter l’éponge après une semaine de manifestations au cours desquelles les Jordaniens réclamaient «du pain, la liberté et la justice sociale».

Le roi Abdallah, en acceptant la démission de M. Moulki, avait lancé un appel au dialogue pour mettre fin aux manifestations et nommé Omar El Razzaz, un ancien économiste de la Banque mondiale, comme Premier ministre, qui s’est empressé d’enterrer le projet de hausse de l’impôt sur le revenu et annoncé une grande consultation «sur un nouveau système fiscal qui ne bafouera pas les droits des citoyens». Cette grave crise intervient au moment où l’économie jordanienne traverse une zone de turbulences : la Banque mondiale évoque une «faible perspective de croissance en 2018», alors que 18,5% de la population sont au chômage et 20% vivent à la limite du seuil de pauvreté.

Pour faire face à la crise économique, la Jordanie s’est engagée auprès du Fonds monétaire international (FMI) à mener des réformes structurelles en échange d'un prêt de plusieurs centaines de millions d'euros. Des réformes qui visent à remplir les caisses de l'Etat et réduire la dette publique. Selon des projections, cette réforme fiscale pourrait rapporter près de 37 milliards de dollars à l'Etat jordanien en abaissant notamment les seuils d’imposition passant, pour une famille, de 34 000 à 22 000 dollars. Ainsi, ce serait désormais 10% de la population qui pourraient payer des impôts sur le revenu, deux fois plus qu'aujourd'hui. Selon le gouvernement, ces réformes devaient réduire les inégalités sociales en faisant payer davantage aux plus riches.

La Jordanie a dû également faire face à l'accueil de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre et dont la présence pèse aussi lourdement sur les finances publiques. Les derniers troubles qu'a connus la Jordanie remontent à 2012, quand le FMI avait recommandé au gouvernement d'augmenter le prix de l'essence.

Chiffres-clés :

18,5% de la population sont au chômage
 

20% des Jordaniens vivent à la limite du seuil de pauvreté
 

37 milliards de dollars, c'est ce que devraient rapporter les réformes engagées par la Jordanie sous les auspices du FMI
 

1 million de réfugiés syriens vivent sur son territoire
 

2% La croissance s'est établie
 

5% inflation

Mesbah Salim
 
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