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52 palestiniens tués par les soldats israéliens

Massacre à Ghaza

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le 15.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Les snipers israéliens ont tiré pour tuer. Parmi les victimes, on dénombre de nombreux enfants
Les snipers israéliens ont tiré pour tuer. Parmi les...


Ghaza
De notre correspondant

Israël a commis, hier, un nouveau massacre en Palestine occupée. Les soldats israéliens postés à la frontière avec la bande de Ghaza ont pris pour cible les manifestations populaires pacifiques organisées dans les zones frontalières, dans le cadre de la Grande marche du retour.

Des dizaines de milliers de manifestants s’y étaient rendus dès les premières heures de la journée pour réclamer le droit des refugiés palestiniens au retour, comme le stipule clairement la résolution 194 des Nations unies. Un bilan provisoire de cette journée particulièrement sanglante, donné par le ministère palestinien de la Santé à Ghaza, faisait état de 54 morts et plus de 2000 blessés. La mobilisation populaire, la plus grande depuis le lancement de la Grande marche du retour le 30 mars dernier, coïncidait avec la date de la proclamation de l'Etat d'Israël, le 14 mai 1948, sur les terres de la Palestine historique.

Cette date est synonyme de Nakba, la catastrophe qui a frappé le peuple palestinien. Les soldats israéliens ont reçu des ordres clairs de tirer sur toute personne s'approchant de la clôture de séparation qui tient lieu de ligne de frontière, y compris sur les femmes et les enfants. Les snipers israéliens ont tiré pour tuer.

Parmi les personnes tuées ont dénombre d’ailleurs de nombreux enfants, un jeune homme amputé des deux jambes qui se déplaçait sur un fauteuil roulant, 11 journalistes et plusieurs secouristes. L'armée israélienne ne s'est pas contentée de tirer sur les civils qui s’étaient rassemblés à la frontière. Son aviation a également bombardé plusieurs positions des brigades Ezzedine Al Qassam, la branche armée du Hamas, qu'Israël rend responsable de tout ce qui se passe dans les zones frontalières.

«Tirez pour tuer»

C’est en ce triste jour de l'histoire du peuple palestinien que les Etats-Unis ont décidé d'inaugurer leur ambassade dans la ville sainte d'Al Qods, dont la partie Est avait été occupée et annexée par Israël en 1967. Les Palestiniens veulent en faire la capitale de leur futur Etat indépendant.

La décision de Donald Trump de reconnaître Al Qods, Jérusalem, comme capitale de l'Etat d'Israël a révolté et indigné les Palestiniens qui luttent depuis 70 ans dans le but de recouvrer leurs droits légitimes, en premier celui d'avoir leur propre Etat indépendant avec Al Qods (Jérusalem-est) comme capitale. Cette colère, ils l'ont exprimée par cette obstination à participer en masse aux manifestations pacifiques, malgré le risque d’être tués, comme cela s’est produit pour nombre de Palestiniens dans les zones frontalières de la bande de Ghaza.

Il faut dire également que ces manifestations pacifiques n'ont pas changé de caractère, malgré tout le sang qui coule. Hormis l’usage de pierres ou de pneus brûlés pour gêner la visibilité des snipers israéliens qui semblent prendre du plaisir à tuer, aucune arme n'a été utilisée par les Palestiniens.

Les scènes des tueries israéliennes sont filmées et diffusées en direct sur les différentes chaînes de télévision. Malgré cela, la communauté internationale, aveugle ou complice, est restée sans réaction sérieuse, comme c'est le cas depuis le lancement de la Grande marche du retour.

Cent quatre Palestiniens ont été tués et plus de 11 000 autres ont été blessés rien que dans la bande de Ghaza. Des chiffres effrayants, mais qui, apparemment, semblent encore insuffisant pour que soit fournie une protection internationale pour le peuple palestinien, comme le réclame sa direction depuis des années.

Appels de détresse des hôpitaux

La colère palestinienne était présente également en Cisjordanie occupée, où toutes les villes, y compris Al Qods, ont vécu une journée de protestations et de heurts avec les soldats de l'armée de l'occupation. Une manifestation dans une zone proche de la nouvelle ambassade américaine à Al Qods, à laquelle participaient des membres palestiniens de la Knesset, le parlement israélien, a été durement réprimée. Des marches et des manifestations similaires ont été signalées à Al Khalil, à Ramallah, à Qalandiya, à Naplouse et dans l'ensemble de la Cisjordanie occupée.

Les hôpitaux, qui manquent déjà cruellement de moyens à cause de l'embargo égypto-israélien imposé à la bande de Ghaza depuis plus de 11 ans, ont été submergés par les nombres de blessés qui arrivaient aux services des urgences. L’utilisation, par les soldats israéliens, de balles réelles et parfois de balles explosives a entraîné des blessures très difficiles à soigner et qui nécessitent des soins spécifiques. Un appel à des dons de sang émanant de ces hôpitaux a été lancé en début d'après-midi.

La situation est alarmante, surtout qu'Israël a refusé de laisser entrer des équipes médicales et des équipements envoyés en renfort pour la bande de Ghaza par le ministère de la Santé à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Des équipes médicales étrangères travaillant pour des ONG, comme Médecins sans frontières (MSF), avaient publié des rapports sur l'utilisation, par l'armée israélienne, de balles explosives, mutilantes qui laissent des séquelles graves aux blessés pour le reste de leur vie. MSF avait indiqué, au mois d'avril, avoir reçu en trois semaines un nombre de blessés supérieur à celui pris en charge durant toute l'année 2014, au cours de laquelle Israël avait mené une guerre meurtrière contre la bande de Ghaza.

Depuis le 30 mars, beaucoup d'enfants et de jeunes ont été amputés d'un membre inferieur, sinon des deux. Tous ces nouveaux handicapés vont représenter un grand fardeau pour leurs familles et leur pays, encore sous occupation. Alors que les Palestiniens se faisaient tuer, les Etats-Unis inauguraient en grande pompe en fin d'après-midi leur ambassade dans la ville sainte d'Al Qods.

La fille du président, Donald Trump, ainsi que son mari, Jared Kushner, ont participé aux côtés de centaines de responsables israéliens et américains à la cérémonie d'ouverture de l'ambassade.

Dans un message vidéo, Donald Trump a prétendu que les Etats-Unis restaient pleinement engagés dans la recherche d’un accord de paix durable entre Israéliens et Palestiniens.

Quant au nouvel ambassadeur des Etats-Unis, David Friedman, il a déclaré : «Aujourd'hui, nous tenons la promesse faite au peuple américain et nous accordons à Israël le même droit que nous accordons à tout autre pays, le droit de designer sa capitale.» Mais ce qu’il a omis de dire, c’est qu’aucun Etat n’a volé la capitale d’un autre Etat, comme le fait Israël.

Il est vrai que ce Friedman, qui est de confession juive et habite dans une colonie israélienne (symbole de l'occupation israélienne), ne reconnaît aucun droit aux Palestiniens. Pour lui, il n'y a pas de territoires palestiniens occupés. Toute la Palestine appartient aux Israéliens.

Heureux, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que «le président Trump a fait l'histoire en décidant de transférer l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem» avant d'ajouter : «C'est un grand jour pour Jérusalem et pour l'Etat d'Israël et il sera gravé dans notre mémoire nationale pour les générations futures.» Effectivement, jamais Israël n'a bénéficié d'un soutien aussi clair d'une administration américaine que celle dirigée par Donald Trump, qui n'a aucun respect pour la légalité international.  

Fares Chahine
 
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