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Les milliards d'aide à la Jordanie loin d'être une solution miracle

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le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

Un nouveau soutien financier conséquent de pays du Golfe ne constitue pas une «solution miracle» face aux défis du royaume, estiment des analystes.

Durant la première semaine de juin, des milliers de Jordaniens, excédés par la dégradation de leurs conditions de vie, ont battu le pavé une fois la nuit tombée, entraînant la démission du Premier ministre et le retrait d'un projet de loi fiscale controversé. «La stabilité de la Jordanie est fondamentale pour la sécurité de la région, du Golfe et de l'Arabie Saoudite qui a peur d'un effet domino entre monarchies», explique à l’AFP M. Rintawi. Mais selon lui, la vitesse de réaction de Riyad, Abu Dhabi et Koweït dans l'octroi d'une enveloppe de 2,5 milliards de dollars reflète également «les craintes d'un renversement d'alliances dans la région» après les rapprochements récents de Amman avec le Qatar, émirat boycotté par l'Arabie Saoudite.

Mais c'est surtout une rare poignée de mains entre le roi Abdallah II de Jordanie et le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est le grand rival régional de Riyad, lors du sommet de l'Organisation de la coopération islamique en mai à Istanbul, qui a marqué les esprits. «En montrant à ses alliés que la Jordanie est sur le point de glisser vers un avenir sombre», le royaume a finalement «récolté les fruits de la grogne sociale», avec l'aide financière du Golfe, selon l'analyste jordanien Adel Mahmoud. Pourtant, ces milliards ne constituent pas une «solution magique» à tous les problèmes de la Jordanie, qui a surtout besoin d'un «nouveau contrat social», indique M. Rintawi. «L'économie ne peut pas demeurer otage des aides internationales, qui ont diminué ces dernières années. Compter sur les aides est un pari à court terme» perdu d'avance, estime-t-il. D'après lui, «il est temps que la Jordanie apprenne à compter sur elle-même, mette en place de nouvelles politiques économiques basées sur la lutte contre la corruption aux niveaux les plus élevés de l'Etat, et réduise les dépenses publiques» au lieu de se concentrer sur l'augmentation des impôts. Le royaume avait déjà bénéficié en 2011 d'une aide de 5 milliards de dollars des pays du Golfe, «qui n'a pas réussi à sauver son économie», ajoute M. Rintawi.  

R. I.
 
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