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Ella a été inaugurée hier

Les Etats-Unis ouvrent leur ambassade à Jérusalem

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le 15.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Un membre des forces de sécurité israéliennes devant le consulat américain à Jérusalem
Un membre des forces de sécurité israéliennes devant...

Les Etats-Unis ont inauguré hier à Jérusalem leur ambassade en Israël. Promesse électorale du président américain, Donald Trump, concrétisée, malgré la réprobation de la communauté internationale, dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

La décision unilatérale américaine a offensé les Palestiniens pour lesquels elle constitue le parti pris en faveur d’Israël affiché par le locataire de la Maison-Blanche depuis son intronisation en 2017.

Ils y voient la négation de leurs revendications sur Jérusalem. Le négociateur en chef palestinien, Saëb Erekat, a dénoncé «un acte d’hostilité notoire contre le droit international et le peuple de Palestine, plaçant les Etats-Unis du côté de la force occupante, Israël».

Pour la communauté internationale, Jérusalem-Est reste territoire occupé et les ambassades ne doivent pas s’installer dans la ville, tant que le statut n’a pas été réglé par la négociation entre les deux parties. Mais l’inauguration de l’ambassade, provisoirement installée dans les locaux de ce qui était le consulat américain en attendant la construction d’une nouvelle représentation, a lieu dans une période éminemment sensible. Les Palestiniens perçoivent comme une «provocation» la date choisie, précédant de 24 heures les commémorations de la «Nakba», la «catastrophe» qu’a constituée la création d’Israël pour des centaines de milliers d’entre eux chassés ou ayant fui de chez eux en 1948.

Le 6 décembre dernier, le président américain avait déclaré qu’«il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël», rompant avec ses prédécesseurs. Le 18 décembre, les Etats-Unis mettent leur veto à une résolution de l’Organisation des Nations unies (ONU) condamnant leur reconnaissance unilatérale de Jérusalem, un texte approuvé par leurs partenaires au Conseil de sécurité. Le 21 du même mois, l’Assemblée générale de l’Onu adopte à une large majorité une résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Sur les 193 pays membres, 128 votent pour cette résolution et neuf contre, 35 pays décident de s’abstenir. Le vote a provoqué la fureur de Washington et les menaces de rétorsion de son ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley. Le 16 janvier, le département d’Etat américain a décidé de retenir jusqu’à nouvel ordre le versement de 65 millions de dollars d’aide destinés à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Même si Washington a soutenu que cette décision n’est pas liée aux tensions sur Jérusalem, elle crispe davantage la relation avec les Palestiniens.

Néanmoins, le 25 janvier, Donald Trump a accusé les Palestiniens de «manquer de respect» aux Etats-Unis «en refusant de recevoir» le vice-président américain, Mike Pence, en visite quelques jours auparavant dans la région.

Il a conditionné le versement aux Palestiniens de «centaines de millions de dollars» d’aide à leur retour aux négociations. «Le sujet le plus difficile des discussions était Jérusalem. Nous avons retiré Jérusalem (des pourparlers), donc nous n’avons plus à en discuter», dit-il. Jérusalem est d’abord une ville sainte pour les trois religions monothéistes.

Son statut se complique au XXe siècle. Le plan de partage de l’ONU adopté en novembre1947 indique que Jérusalem devait constituer un «corpus separatum (une enclave séparée, ndlr) sous régime international spécial», démilitarisé, géré par un conseil de tutelle et un gouverneur qui n’est pas citoyen d’un des deux Etats prévu à l’effet de garantir les intérêts des lieux saints des trois religions et la paix entre elles.

Ville sainte dans le tourbillon des vicissitudes historiques

La guerre israélo-arabe de 1948 se termine conformément à l’accord entre le roi Abdallah 1er de Jordanie et la Première ministre israélienne, Golda Meir, par la division de la ville : la partie orientale est occupée par les Transjordaniens, les Israéliens annexent la partie occidentale. Mais le 23 janvier 1950, le Parlement israélien, en violation des armistices et de la décision de l’Onu en 1949 d’internationaliser Jérusalem, adopte une résolution qui précise que «Jérusalem est et a toujours été la capitale d’Israël».

Avec la guerre israélo-arabe de 1967, les forces israéliennes occupent l’ancienne ville arabe, la Cisjordanie, Ghaza, le Sinaï et le Golan syrien. Quelques jours après, l’assemblée israélienne déclare que Jérusalem est «réunifiée capitale éternelle d’Israël». En juillet 1980, le parlement israélien adopte une loi qui stipulant que «Jérusalem entière et réunifiée est la capitale d’Israël».

Déclaration condamnée par l’Onu. Dans son discours du 1er septembre 1982, le président américain a évité de faire référence au caractère «indivisible» de Jérusalem, laissant cette question aux négociateurs. En octobre 1995, le Congrès américain vote une résolution qui consacre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. La loi est contraignante pour le gouvernement américain. Mais une clause permet au Président de repousser son application pour six mois en vertu «d’intérêts de sécurité nationale».

Les présidents Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont actionné la clause tous les six mois. Le président Trump s’est engagé, pendant sa campagne, à reconnaître Jérusalem «comme la capitale indivisible de l’Etat d’Israël». Il a suivi l’exemple de ses prédécesseurs pour la première fois en juin dernier et bloqué le transfert de l’ambassade.

Le transfert cependant annoncé le 6 décembre par Donald Trump, au grand dam de la communauté internationale et des Palestiniens, reconnaît Jérusalem comme capitale indivisible d’Israël, enterrant ainsi la solution de deux peuples deux Etats.

Dans le passé, plusieurs pays, notamment d’Afrique et d’Amérique du Sud, ont eu leur ambassade à Jérusalem. Certains pourraient y revenir. Après la guerre d’octobre 1973 entre Israël et une coalition de pays arabes emmenée par l’Egypte et la Syrie, la Côte d’Ivoire, le Zaïre, actuelle République démocratique du Congo (RDC) et le Kenya ont fermé les portes de leur ambassade à Jérusalem.

En 1980, Israël a voté une loi déclarant Jérusalem sa capitale «unie et indivisible», incluant les quartiers palestiniens de la partie orientale conquise par l’Etat hébreu en 1967 et dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. L’Onu a déclaré cette décision illégale et appelé les Etats qui ont des missions diplomatiques à Jérusalem à se retirer.

La Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Equateur, le Guatemala, Haïti, Panama, le Salvador, l’Uruguay, le Venezuela et les Pays-Bas ont obtempéré. Le Costa Rica et le Salvador sont revenus en 1984 à Jérusalem, avant d’en repartir en 2006.

Suite à la décision du président Trump, certains pays ont dit vouloir emboîter le pas et Israël tente d’en convaincre d’autres de suivre l’exemple.

Le président guatémaltèque, Jimmy Morales, a annoncé que son pays inaugurera demain son ambassade à Jérusalem, tandis que le ministère des Affaires étrangères israélien a affirmé que le Paraguay ferait de même avant la fin mai. Le gouvernement roumain social-démocrate, sous le feu de critiques américaines pour des réformes de la justice controversées, a adopté par surprise un mémorandum ouvrant la discussion sur un transfert de l’ambassade roumaine à Jérusalem.

Mais le président roumain de centre droit, Klaus Iohannis, s’oppose à un tel transfert, le jugeant contraire au droit international. Il a appelé la Première ministre, Viorica Dancila, à démissionner.

Cette dernière, en visite à Jérusalem en avril, a déclaré : «C’est notre souhait (le transfert), malheureusement nous ne disposons pas du soutien de la part de toutes les parties comme nous le voudrions.» Si elle menait à bien ce transfert malgré tout, la Roumanie serait le premier pays de l’Union européenne (UE) à imiter les Etats-Unis et à rompre avec la position européenne qui, suivant les résolutions de l’ONU, considère que le statut final de Jérusalem doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

Le président tchèque, Milos Zeman, s’est exprimé en faveur du déplacement de l’ambassade de son pays à Jérusalem, mais pour l’instant, son gouvernement a juste annoncé la réouverture d’un consulat honoraire et l’installation d’un centre culturel tchèque dans la ville.

Amnay idir
 
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