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Crise politique en Afrique du Sud

L’ANC exhorte le président Zuma à quitter le pouvoir

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le 14.02.18 | 12h00 Réagissez

Le parti au pouvoir est sous la pression de l’opposition et de l’opinion publique. Le président Zuma doit présenter sa réponse aujourd’hui quant à son avenir politique.

Parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC) a sommé, hier, le président Jacob Zuma de démissionner, rapporte l’AFP. Il attend sa réponse aujourd’hui. Arrivé à la tête de l’ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à obtenir le départ de Jacob Zuma devenu un écueil pour le parti à cause de son implication dans de nombreuses affaires de corruption.

Situation intenable pour l’ANC qui veut éviter une défaite aux élections générales de 2019. Soumis à la pression de l’opposition et de l’opinion publique, lesquelles appellent au départ du Président, le nouveau chef de l’ANC a tenté en vain par la négociation avec Jacob Zuma d’obtenir sa démission. Ce qui l’a contraint à convoquer lundi l’organe le plus puissant du parti, à savoir le comité national exécutif (NEC).

Le comité en question a «rappelé» hier le Président, a confirmé le secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule, à Johannesburg. Et d’ajouter : «Nous ne lui avons donné aucune date butoir», mais «je sais que le Président va répondre demain (Ndlr : mercredi).». Le Président n’a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC. S’il s’obstine à s’accrocher à son poste jusqu’à la fin de son mandat, le deuxième, l’ANC pourrait déposer une motion de défiance au Parlement.

L’opposition, qui réclame depuis des années le départ de Jacob Zuma, refuse de parler d’une chute proche du Président. «Zuma peut simplement ignorer» l’ordre de l’ANC, a indiqué hier l’Alliance démocratique (DA), qui a appelé à soutenir une motion de défiance de l’opposition à débattre le 22 février et a demandé la dissolution du Parlement. Jacob Zuma est associé à une série de scandales qui ternissent l’image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Le chef du parti de l’opposition des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale), Julius Malema, ne le désigne plus que sous le nom de «délinquant». Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé hier l’ANC. Dans le cas d’un vote de défiance, le président du Parlement assurerait l’intérim jusqu’à son élection, dans un délai de 30 jours.

Des affaires qui portent préjudice à son parti

Déjà en 2006, Jacob Zuma est acquitté dans un procès pour viol. En 2007, il évince de la direction de l’ANC le président Thabo Mbeki, qui l’a limogé de la vice-présidence du pays deux ans plus tôt pour des accusations de corruption. Juste avant les élections générales de 2009, qui l’ont consacré Président, la justice renonce à le poursuivre alors qu’il est accusé d’avoir touché des pots-de-vin lors d’un contrat d’armement avec, entre autres, le Français Thales.

Le 16 août 2012, à la mine de platine Lonmin de Marikana (nord), 34 personnes sont tuées lorsque la police ouvre le feu sur une foule de grévistes brandissant des armes traditionnelles. La fusillade déclenche une violente vague de grèves dans les mines sud-africaines, faisant une soixantaine de morts.

Le 21 mai 2014, Jacob Zuma est réélu par les députés après une nouvelle victoire de l’ANC aux élections générales. En mars 2016, un arrêt de la Cour constitutionnelle le reconnaît coupable d’avoir violé la Loi fondamentale du pays en utilisant des fonds publics pour rénover sa résidence privée de Nkandla (est). En août, il est désigné comme le principal coupable de la débâcle électorale de l’ANC, qui réalise aux municipales son plus mauvais score au niveau national (54%) depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Le 2 novembre, un rapport de la médiatrice de la République révèle l’influence exercée sur le gouvernement par la famille Gupta, à la tête d’un puissant empire industriel et médiatique, avec la complicité de Jacob Zuma. En mars 2017, Jacob Zuma limoge son ministre des Finances et adversaire Pravin Gordhan, déclenchant une guerre ouverte à l’ANC. Des dizaines de milliers de personnes manifestent dans les rues en avril pour réclamer sa démission.

Le 8 août, les députés rejettent une motion de défiance visant le Président, la quatrième depuis 2015. Lors de ce vote, des élus de l’ANC se prononcent pour la première fois en faveur de sa destitution. Confronté à une accumulation de scandales et de procédures, Jacob Zuma est contraint par une décision de justice de mettre en place une commission d’enquête sur la corruption à la tête de l’Etat, qui devrait débuter ses travaux en 2018.

Le 18 décembre, le vice-président Cyril Ramaphosa est élu à la tête de l’ANC, devançant Nkosazana Dlamini Zuma, ex-femme du chef de l’Etat, accusée par ses adversaires de vouloir le protéger de poursuites judiciaires. Le 22 janvier dernier, l’ANC confirme discuter un départ anticipé de Jacob Zuma, pour préserver ses chances de remporter les élections générales de 2019.
 
 

Amnay idir
 
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