Pages hebdo Santé
 

Lutte contre le tabac

Une taxe fixée à 30% est insuffisante pour dissuader les fumeurs

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 25.12.16 | 10h00 Réagissez

L’augmentation de 30% de la taxe sur le tabac au titre de la loi de finances 2017 est «insuffisante» pour dissuader le consommateur de fumer. Un appel a été lancé pour intensifier les efforts visant à lutter contre ce «phénomène dangereux».

L’augmentation de la taxe sur le tabac, qui passera de 15% en 2016 à 30% en 2017, «reste insuffisante pour dissuader le consommateur de fumer», ont déclaré les spécialistes à l’APS, appelant à augmenter ces taxes aux alentours de 70 à 80% pour «persuader le consommateur d’arrêter de fumer».

Le chef du service épidémiologie du Centre de lutte contre le cancer de la wilaya de Sétif, le Pr Hamdi Cherif, a estimé important d’élever ces taxes à 80%, comme stipulé dans la Convention cadre de lutte contre le tabagisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et en adéquation avec le programme de prévention arrêté par l’Etat, à l’instar du Plan national de lutte contre le cancer (2015/2019). De son côté, le chef du service allergologie de l’Etablissement hospitalier de Rouiba, le Pr Merzak Gharnaout, a tiré la sonnette d’alarme sur le cancer du poumon causé à 90% par le tabagisme, mettant en garde contre la prolifération de cette maladie chez les jeunes, dont certains ont commencé à fumer à l’age de 8 ans.

Entre autres maladies causées par le tabagisme, il y a lieu de citer, selon le spécialiste, les bronchites chroniques ou emphysèmes, qui exigent une oxygénothérapie (traitement par l’oxygène) dont le coût oscille entre 200 000 et 400 000 DA. Un coût non remboursé par la Caisse nationale d’assurance sociale, chose qui empêche la prise en charge de tous les cas, a-t-il tenu à dire. Concernant l’augmentation de la taxe sur le tabac, il s’est dit satisfait de cette mesure, bien qu’elle reste «non dissuasive», déplorant la propagation du tabagisme dans les lieux publics, en dépit de l’arsenal juridique, ce qui expose les non-fumeurs aux mêmes risques que les fumeurs. D’autre part, le sous-directeur de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Dr Youssef Tarfani, a indiqué qu’un nouveau projet, portant élargissement à 50% de l’espace de prévention sur la boîte de cigarettes, était en cours d’élaboration par la tutelle, en collaboration avec le ministère des Finances.

L’espace portera notamment des messages dissuasifs, comme «Le tabac cause des maladies cardiaques et le cancer», outre des illustrations choquantes, conformément aux orientations de l’OMS, a-t-il encore poursuivi. Le directeur de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, le Pr Smaïl Mesbah, a, lui aussi, salué cette augmentation de la taxe, annonçant qu’à ce jour, 20 milliards de dinars ont été collectés, dont une partie à été dédiée aux urgences médicales et au Fonds national de lutte contre le cancer.

L’Algérie a été parmi les premiers pays à entériner la convention-cadre Le directeur de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, Smaïl Mesbah, a rappelé que l’Algérie a été parmi les premiers pays à entériner la convention-cadre de lutte contre le tabagisme en 2006.

Elle a ensuite adopté un arsenal juridique interdisant de fumer dans les lieux publics et dans les entreprises, a-t-il ajouté, déplorant les difficultés ayant entravé la mise en œuvre de cette loi, notamment l’absence de mesures coercitives. Il a évoqué entre autres mesures adoptées par l’Etat pour lutter contre ce fléau, l’intensification des efforts visant à combattre les réseaux de contrebande de tabac à travers les frontières nationales et l’interdiction de la vente de tabac par les adolescents dans les rues et aux alentours d’établissements scolaires. Il a rappelé à cette occasion la mise en place de plans nationaux de lutte contre le tabagisme, citant à titre d’exemple le Plan national de lutte contre les facteurs de risque de maladies chroniques (2015-2019) et le Plan national anticancer, ainsi que la mise en place du comité intersectoriel antitabac sous la supervision du Premier ministre.

Parmi les activités d’accompagnement de ce programme, le responsable a rappelé que le ministère avait ouvert 53 services de suivi au niveau des établissements hospitaliers à travers le territoire national pour aider les fumeurs à se sevrer. Sur le plan législatif, l’article 53 du nouveau code de la santé «interdit toute forme de promotion ou de publicité des produits du tabac. Les contrevenants encourent une amende allant de 500 000 à un million de dinars». L’article 422 stipule que toutes les unités de conditionnement des produits du tabac doivent mentionner la composition intégrale du produit en ingrédients et en additifs, ainsi que les taux admis. La nouvelle loi sanitaire interdit de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif sous peine d’amende allant de 2000 à 5000 dinars. Selon l’article 59 de cette loi, la vente de tabac ou de produits du tabac aux mineurs est interdite, sous peine d’amende de 200 000 à 400 000 DA, qui doublera en cas de récidive.



 

APS
 
Du même auteur
Le taux d`inflation moyen annuel à 7% jusqu'à mars 2017
France/présidentielle : plusieurs bureaux de vote brièvement évacués pour des raisons de sécurité
Les habitants de Bethioua découvrent le site romain Portus Magnus
Pologne : Décès de la sculptrice polonaise Magdalena Abakanowicz
Envenimation scorpionique : Plus de 43 000 victimes en 2016 en Algérie
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Vidéo

Constantine : Hommage à Amira Merabet

Constantine : Hommage à Amira Merabet
Chroniques
Point zéro Repères éco

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie