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Dr Hamid Brahimi. spécialiste en nutrition et en acupuncture

«Une éducation nutritionnelle s’impose dans la société»

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le 08.10.17 | 12h00 Réagissez

Auteur de plusieurs communications et de livres, dont l’Excès de poids, apprendre à le contrôler, le Dr Hamid Brahimi, nutritionniste et spécialiste en acupuncture, revient dans cet entretien sur l’importance de l’éducation nutritionnelle des enfants, notamment à l’école, voire de toute la société, afin de réduire l’incidence des pathologies chroniques et les dépenses faramineuses pour leur prise en charge. Il salue la décision du ministère du Commerce liée à l’obligation faite aux industriels de réduire la teneur en sucre, en sel et en graisses dans les aliments. Une action qui s’inscrit dans le temps, puisque l’opération sera introduite progressivement, et ce, sur une période de trois
à cinq ans.

Le surpoids, voire l’obésité, constitue un des motifs de consultation dans votre cabinet. Vous pensez que c’est la consommation de sucre qui est la cause de ce phénomène ?

La consommation excessive de sucre contribue grandement à l’excès de poids pour une raison bien simple : le sucre augmente le nombre de calories dans un aliment sans l’enrichir en nutriments sains. Si cet excès de calories n’est pas utilisé faute d’activité physique, il sera mis en réserve sous forme de graisse.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le sucre fait partie, avec le gras et le manque d’activité physique, des 3 principales causes de l’épidémie d’obésité. L’OMS recommande de limiter la consommation de sucres pour prévenir le surpoids. Toutes ces assertions sont quotidiennement vérifiables dans nos consultations. Dans tous les interrogatoires de patients obèses, nous retrouvons presque toujours cette notion de surconsommation de sucre (sodas, chocolats, confiseries…).

Concernant les enfants et les adolescents, un rapport de l’AFSSA (Agence française de la sécurité sanitaire des aliments) souligne la relation directe de cause à effet entre la consommation du sucre et l’obésité. En effet, cette dernière affirme avec certitude que la consommation excessive de sucre est bien la cause de l’obésité et du surpoids dans les pays industrialisés.

Et notre pratique quotidienne nous a démontré que la simple réduction drastique des sucres rapides pouvait contribuer significativement à la réduction du poids.

Les enfants sont aujourd’hui touchés par ce problème. Quels sont d’après vous les moyens à mettre en place pour réduire l’obésité ?
Les parents influencent la consommation de leurs enfants à travers un ensemble de pratiques qui les aideront à s’adapter à cet environnement.

Un enfant apprend à manger, autant avec sa propre expérience qu’en regardant les autres, et en premier lieu ses parents. Ces derniers sont aussi responsables à la fois de la qualité, mais aussi de la quantité, des aliments qu’ils proposent à leurs enfants.

Une très grande disponibilité de certains aliments (sucrés et/ou gras) pourrait constituer un véritable facteur de suralimentation. Beaucoup de parents achètent malheureusement des quantités considérables de boissons sucrées en toutes occasions (fêtes, Ramadhan, recevoir des invités…) et ne se rendent pas compte de l’attrait que cela procure chez leurs enfants.

Les parents doivent veiller aux quantités, au rythme et à la façon de manger de leurs enfants en valorisant les repas familiaux par exemple. Les parents jouent un rôle-clé dans l’éducation nutritionnelle des enfants. Il est plus facile d’éduquer les habitudes alimentaires d’un enfant que de rééduquer celles d’un adulte. L’éducation nutritionnelle doit être menée également dans la société (école, mass media…)

Le ministère du Commerce vient d’annoncer qu’une réglementation obligeant la réduction du sucre dans les boissons, le sel et les graisses dans les aliments sera bientôt promulguée. Cela est-il suffisant pour protéger les Algériens des maladies non transmissibles, telles que le diabète de type 2 ?

Le sucre, le gras et le sel sont les trois principaux exhausteurs de goût utilisés à outrance dans l’industrie agro-alimentaire. Ces trois produits flattent le goût et poussent à consommer plus, c’est toute l’astuce de l’industrie agro-alimentaire,  qui ne veut pas s’en départir pour continuer à vendre toujours plus. Le problème, c’est que ces trois produits jouent un rôle néfaste sur la santé de l’individu. La réduction de leur consommation va tendre à diminuer significativement les maladies en relation avec leur consommation excessive. C’est donc une mesure salutaire que le ministère du Commerce va promulguer.

Nul n’ignore, par exemple, que les boissons gazeuses fabriquées en Algérie contiennent des quantités de sucre plus importantes que dans les pays industrialisés. On trouve plus de sucres dans nos pâtisseries, nos gâteaux, nos yaourts, parce que l’Algérien s’est habitué à consommer toujours plus de sucre. Il est devenu avide de sucre. L’Algérie est aujourd’hui un  gros pays importateur et consommateur de sucre.

La perspective de réduire la consommation de sucre dans les produits alimentaires contribuera très certainement à diminuer les incidences sur la santé physique des individus et la santé financière du pays. 
 

Djamila Kourta
 
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