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Pas moins de 37 000 enfants souffrent d’autisme en Algérie

Plaidoyer pour un diagnostic précoce

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le 16.04.17 | 12h00 Réagissez

Une journée d’étude ayant pour thème «Tous ensemble pour une vie meilleure pour les enfants autistes» a été organisée hier au Centre des loisirs scientifiques (CLS) de Tizi Ouzou, par le bureau de wilaya de l’Organisation nationale de protection de l’enfance.

Les interventions ont porté notamment sur les symptômes de l’autisme, ses causes et l’urgence de mettre en place les moyens nécessaires pour assurer une bonne prise en charge des enfants autistes. Maladie, apparaissant chez l’enfant avant l’âge de 3 ans, l’autisme est caractérisé par un isolement, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale et des activités stéréotypées avec restriction des intérêts, selon les explications des praticiens. Pas moins de 37 000 enfants souffrent d’autisme en Algérie. Leur nombre serait plus important, 80 000 d’après des spécialistes.

En cause, nombre de familles ignorent, ou cachent, le handicap de leur enfant. Selon des chiffres du ministère de la Santé, quelque 1702 enfants autistes sont actuellement pris en charge par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme et 2352 autres par le ministère de l'Education nationale. Un suivi psychologique est assuré à 4000 enfants, dont 20% sont âgés de moins de 3 ans et 730 cas d'autisme ont été enregistrés pour cette tranche d'âge en début 2017, selon la même source. «L’autisme est un grave problème pour les malades et leurs parents. Ce n’est pas une maladie qui peut être soignée. Beaucoup de choses ont été dites pour tenter de comprendre d’où elle vient, mais personne ne le sait à ce jour. Il n’y a que des hypothèses sur les causes de l’autisme», a indiqué Dr Mahmoud Boudarène, psychiatre. «L’autisme n’est pas une maladie. Les autistes sont des enfants qui ne savent pas communiquer, décoder la vie qui les entoure». Pour ce spécialiste de la santé mentale, l’absence de diagnostic médical rend difficile la détection de ce désordre neurologique. «Le diagnostic est difficile, parfois pas difficile, selon les cas à examiner», nuance l’intervenant. «Les parents sont désemparés.

Ce n’est pas facile de leur annoncer que leur enfant est autiste. Nos structures ne disposent pas de personnel qualifié, formé pour ce genre de prise en charge médicale. Certains intervenants ont certes suivi une formation en pédopsychiatrie, mais cela reste insuffisant. Un véritable problème. Nous n’avons pas de spécialistes formés pour l’autisme. L’Etat ne fait rien pour y remédier.

La direction de l’action sociale affecte des éducateurs recrutés dans le cadre du préemploi. Les pouvoirs publics sont appelés à mettre en place un dispositif de prise en charge en commençant par recruter, former, et motiver par un bon salaire. Des spécialistes français ont donné leur aval pour venir encadrer gratuitement en Algérie et assurer des formations aux gens qui soignent les autistes. Mais pour ce faire, il fallait passer par le ministère de la Santé. Ce projet de collaboration scientifique n’a jamais vu le jour». Et d’ajouter : «L’autisme est un vrai problème de santé qui nécessite des moyens de prise en charge adéquats. Dans la wilaya de Tizi Ouzou, les psychiatres sont débordés. Les directeurs des établissements scolaires devront être sensibilisés à l’effet de garder ces enfants dans une classe normale. Nous sensibilisons les enseignants pour offrir un espace de tolérance pour ces enfants. Et quand cela ne marche pas, c’est l’enfer pour les parents.» D’autres intervenants ont soulevé le manque de moyens pédagogiques mis à la disposition des éducateurs et des orthophonistes, ainsi que le manque de formation pour les professeurs qui prennent en charge les autistes. A Tizi Ouzou, quelques classes spéciales pour autistes ont certes vu le jour, mais cela revient à des volontés personnelles.

Les enseignants ne sont pas formés pour la prise en charge des autistes. Autre carence : manque de manuels et de programmes spécialisés. L’Etablissement hospitalier spécialisé en psychiatrie (EHS), Fernane Hanafi, de Oued Aïssi, est la seule structure où un autiste peut être accueilli pour un suivi médical. Trouver des centres spécialisés devient une véritable galère pour les parents. Les participants à cette journée d’étude s’accordent à dire que l’enfant souffrant d’autisme doit être pris en charge dès les premiers mois.

Ahcène Tahraoui
 
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