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Nassim Kamar.*MD, PHD. chef du pôle urologie- néphrologie-UTO-dialyse plastie brûlé

«Nous n’avons pas de convention officielle avec l’EHS de Batna» 

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le 26.02.17 | 12h00 Réagissez

Le Pr Nassim Kamar, chef du pôle urologie-néphrologie-UTO-dialyse plastie brûlé du CHU de Toulouse, chercheur dans la lutte contre les hépatites et leurs conséquences particulièrement graves chez les patients greffés, revient dans cet entretien sur la technique de la greffe ABO incompatible, son indication, les conditions de réalisation et ses complications. Le CHU de Toulouse, pionnier dans la greffe rénale en France, a réalisé 13 greffes ABO incompatible en 2016 sur les 180 greffes effectuées sur donneurs vivants. Le Pr Nassim Kamar affirme n’avoir aucun contact officiel avec l’EHS de Batna.

 

Quelles sont les conditions préalables pour un centre greffeur qui se lance dans la technique ABO incompatible ?

Avant tout, il y a lieu d’avoir une structure adaptée et un laboratoire notamment d’immunologie fiable, qui permettra d’effectuer la technique de plasmaphérèse afin d’enlever les anticorps du receveur avant la greffe. Une sorte de dialyse qui enlève les anticorps. Pour se faire des dosages réguliers des iso agglutinines avant la greffe, pendant les séances d’IA, dosage des DSA, etc. Le nombre de séances peut être de trois à quatre, voire plus selon le taux des anticorps du receveur. La préparation consiste donc à mettre le patient sur le médicament Rutiximab et des complications sont bien sûr attendus puisqu'on élimine les facteurs de coagulation.

Serait-elle l’unique chance pour traiter un malade n’ayant pas de donneur ?

Il faut savoir que la greffe n’est pas la limite chance contrairement à la greffe du foie. On peut continuer à vivre sous dialyse, peut-être moins bien avec des effets négatifs sur la qualité de vie.

Y a-t-il urgence pour proposer cette technique aux patients ?

La seule urgence qui peut être prise en compte est le fait que le patient n’a plus la possibilité de dialyse. L’Abo ne doit pas être considérée comme une indiction d’urgence. Elle est une alternative devant un patient dont le capital veineux et complètement altéré bien que l’ABO nécessite un capital veineux et devant une impossibilité d’une dialyse péritonéale. Sur les 750 patients qui sont sur la liste d’attente d’une greffe, seulement deux ou trois qui demandent à être greffés avec cette technique. Il m’est arrivé de demander une dérogation pour greffer rapidement un patient qui présentait des problèmes sérieux.

Quels sont les risques qu’encourt le patient receveur avant et après la greffe ?

Les complications suite à un greffe ABO incompatible sont connues et elles sont plus importantes que lorsqu’il s’agit d’une greffe normale. Elles sont d’ordre urologique, avec un risque infectieux et des saignements. Il faut savoir que le patient prend du Rutiximab pour le traitement d’induction des anticorps et un triple immunosuppresseur après la greffe. C’est pourquoi un suivi rigoureux est obligatoire après la greffe.

Peut-on avoir des complications, voire décéder lors du traitement de désensibilisation ?

Il faut savoir qu’en médecine, le risque zéro n’existe pas. Mais, à ma connaissance, ce cas de figure ne doit pas exister, sauf si le patient développe une allergie ou qu'il supporte mal la technique.

 L’EHS de Batna qui s’est lancé dans cette technique affirme l’avoir réalisée sous la supervision de votre service, sous la responsabilité du Pr Rostaing ?

Je dois vous dire que le Pr Rostaing travaillait effectivement dans notre service avec une autre collègue qui ne sont plus là aujourd’hui et qui ont collaboré avec une équipe en Algérie pour le test de deux sérums de deux receveurs avant greffe. Une collaboration à laquelle je me suis opposé. Il y a eu des accords oraux, mais il n’y a aucune convention officielle ou un engagement écrit concernant cette activité. On ne peut pas se porter garant dans de telles situations puisqu’on ne peut pas vérifier les compétences des uns et des autres.

D’ailleurs, je refuse de prendre des patients étrangers pour ce type de greffe, car cela nécessite un suivi particulier. Nous recevons des médecins algériens dans notre centre, mais en tant qu’observateurs, et ce, afin qu’ils voient seulement comment cela fonctionne. Ils n’ont pas le droit de toucher aux malades. Le centre leur délivre juste une attestation, mais pas de diplôme. 

 (*) Coordonnateur du département de néphrologie et transplantion d’organes CHU Rangueil-Toulouse

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