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Le SNAPO lance le débat sur les médicaments non soumis à prescription

Les pharmaciens plaident pour une automédication sécurisée

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le 11.03.18 | 12h00 Réagissez

Le Syndicat national des pharmaciens algériens des officines (Snapo) organise une journée scientifique demain sur l’automédication, au cours de laquelle plusieurs questions seront abordées par les spécialistes étrangers et algériens.

Il sera donc question de l’expérience étrangère et des politiques internationales, de la situation en Algérie, du rôle du pharmacien, de l’éducation sanitaire du patient, les retombées sur la santé de ce dernier, sur les dépenses de santé et de la Sécurité sociale, les avantages et les risques que prévoit la réglementation et quel est le statut des compléments alimentaires.

«Ce sujet sensible est souvent abordé dans notre pays pour mettre en accusation le pharmacien, dénoncer la vente sans ordonnance des médicaments au niveau des officines et l’incompétence de nos employés, ou même l’absence trop fréquente des pharmaciens de leurs officines.

Les pharmaciens sont souvent accusés d’être l’une des causes de l’augmentation de l’antibio-résistance, ou d’accidents liés à la mauvaise utilisation des médicaments.

A chaque fois que l’automédication est abordée, le pharmacien se trouve souvent en position de mis en cause», relève Messaoud Belambri, président du Snapo.

Et de signaler que contrairement à bien des préjugés et idées reçues, «l’automédication était parfaitement assumée dans les pays les plus développés du monde. Il y a une forte collaboration entre l’industrie pharmaceutique et les pharmaciens d’officine d’un côté, et l’autorité sanitaire et la sécurité sociale d’un autre côté, pour mettre en place une automédication encadrée et responsable. Ceci faisait partie intégrante de l’éducation destinée aux patients».

Et de préciser que les chiffres de l’automédication dans le monde sont édifiants. «En 2017 les trois pays qui enregistrent les ventes les plus élevées de médicaments sans ordonnance sont les Etats-Unis (60,50 euros), l’Allemagne (44,20 euros) et le Royaume Uni (36,80 euros).

En France, on compte plus de 4000 médicaments destinés à l’automédication pour un marché annuel de 2,2 milliards d’euros supérieur à notre marché de l’importation public et privé !» Le président du Snapo signale également l’existence d’un Observatoire européen sur l’automédication, d’une Association française de l’industrie pharmaceutique pour l’automédication (Afipa) et l’existence de stratégies gouvernementales pour orienter les populations vers une automédication responsable, avec des objectifs sanitaires et économiques. «Le patient est ‘‘responsabilisé’’ plutôt ‘‘qu’infantilisé’’.

La plupart du temps, les patients s’orientent vers l’automédication car ils connaissent leur traitement, souhaitent se soigner rapidement tout en évitant de passer par une consultation médicale publique ou privée, ou veulent éviter les dépenses liées l’assurance sociale», a-t-il souligné et d’ajouter : «Dans de nombreux pays, le marché de l’automédication est même appelé à jouer un rôle régulateur dans le système de soins et peser de manière croissante dans le paysage économique et industriel.

L’automédication confirme finalement le rôle essentiel du pharmacien d’officine comme étant un professionnel de santé de proximité, par le conseil, le dépistage, l’accompagnement, étant un acteur de santé accessible et de premier recours. Le médecin pourra consacrer son temps à des pathologies plus graves et plus sérieuses.»

Ainsi, il précise que l’automédication peut concerner, dans la majorité des cas, les médicaments conseil, non soumis à prescription obligatoire, les compléments alimentaires, la dermo-cosmétique, et bien d’autres volets dans le domaine du conseil où le pharmacien peut exceller par les compétences acquises lors de sa formation initiale, ou dans le cadre de la formation continue.

Pour lui, il est primordial, dans le cadre du conseil, de l’automédication, de la dispensation des produits non remboursables et non soumis à prescription et de la commercialisation des compléments alimentaires, d’adopter des politiques qui mettent le pharmacien d’officine dans les meilleures conditions économiques, l’aidant à réaliser les objectifs de santé publique, mais aussi lui permettant de maintenir la viabilité de son officine, qui demeure avant tout une structure et un espace de soins et de santé, d’autant que l’étau se resserre autour des produits remboursables ou des produits soumis à prescription obligatoire.

Djamila Kourta
 
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