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Exposition de la population aux métaux et enquête de biosurveillance

La premièrs prélèvements arrivent au centre national de toxicologie

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le 09.04.17 | 12h00 Réagissez

Le Centre national de toxicologie à l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a connu durant ce week-end end une activité particulière suite au lancement de la première enquête de biosurveillance de l’exposition de la population algérienne aux polluants.

Une équipe en pleine effervescence accueille, depuis vendredi, date du lancement officiel de cette enquête qui coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la santé célébrée chaque année le 7 avril et placée sous le thème «La dépression, parlons-en», les prélèvements effectués dans les différents districts à travers une quinzaine de wilayas dont le but est d’identifier les populations à risque afin d’élaborer des stratégies de lutte et de prévention ciblées pour ces populations. Plus de 3000 prélèvements (sang, urine, cheveux) ont été reçus vendredi au niveau du CNT pour des examens.

Ce qui permettra, selon le Pr Barkahoum Alamir, directrice générale du CNT, de déterminer des valeurs de référence et les normes des différents métaux et métalloïdes dans ces milieux biologiques (chez l’enfant de 3 à 15 ans et l’adulte de 16 à 74 ans). C’est aussi, a-t-elle indiqué, pour étudier la distribution de ces différentes prévalences selon l’âge, le sexe, la région géographique (littoral, Tell et steppe, Sud) et selon le type de district (urbain ou rural). C’est aussi, a-t-elle noté, pour identifier les groupes de populations pour lesquels les niveaux observés sont particulièrement élevés compte tenu de leur sensibilité aux toxiques (déterminants individuels : personnes âgées, femmes en âge de procréer ou enceintes…) et identifier les facteurs associés les plus importants des concentrations observées : facteurs de variation (alimentaires, alimentation en eau potable, environnementaux,…).

La surveillance de l’exposition de la population à des substances chimiques à l’aide d’indicateurs biologiques (biosurveillance) intègre toutes les voies de pénétration dans l’organisme  et toutes les sources d’exposition à la substance chimique. La biosurveillance prend aussi en compte les conditions réelles d’exposition. Ce qui peut conduire à émettre un signal d’alerte précoce, ou encore d’évaluer ou orienter les actions de gestion. Ces mesures sont effectuées sur des matrices biologiques ou des tissus : urine, sang, cheveux, salive…

Le Pr Alamir souligne que ce travail a été réalisé en collaboration avec l’Office national de statistique (ONS) afin de déterminer la liste des unités échantillon (méthodologie pour l’échantillonnage), identifier le nombre de districts et les délimiter géographiquement, en respectant la répartition en zones rurale et urbaine et le nombre des ménages desquels seront tirées les personnes âgées de 3 à 74 ans.

La taille de l’échantillon a été calculée de manière à disposer d’une représentativité nationale. La base de sondage est constituée par l’ensemble des ménages ordinaires et collectifs dénombrés lors du recensement général de la population et de l’habitat réalisé en 2008.
La taille minimale de l’échantillon est de 1210 ménages répartis à travers le territoire national, a-t-elle ajouté. «Notre objectif principal est d’obtenir les premières données de biosurveillance représentatives de la population algérienne afin d’estimer la prévalence chez l’adulte de 15 a 74 ans et l’enfant âgé de 3 a 14 ans ayant des niveaux supérieurs aux seuils recommandés des substances chimiques de l’environnement, en premier lieu les métaux et métalloïdes», a précisé la directrice générale du CNT avant de rappeler qu'à l’échelle mondiale, plusieurs études de biosurveillance des métaux et métalloïdes ont été réalisées telles que l’étude américaine National health and nutrition examination survey (NHANES) (1999-2004), l’étude allemande German environmental survey (GerES) (2003-2004), l’étude française Exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement (2011) et l’étude canadienne Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) (2007-2009).

Le Pr Alamir a tenu à préciser que ce projet, ayant pour thème «Santé et environnement», d’une durée de 36 mois, répond à une problématique mondiale qui est la pollution de l’environnement et l’exposition permanente des êtres humains à des métaux lourds toxiques tels que le mercure, le cadmium ou le plomb.

Ce qui constitue de graves problèmes de santé publique qui ne cessent de prendre de l’ampleur dans le monde entier. «Les métaux et métalloïdes sont présents dans l’environnement naturellement et, du fait de leurs nombreux usages, ils peuvent alors, de manière variable selon la voie d’exposition et la forme chimique, pénétrer dans l’organisme et souvent ils s’y accumulent», a-t-elle expliqué et de noter que grâce à de nombreuses recherches scientifiques, l’exposition permanente et à petites doses de l’être humain à des métaux lourds tels que l’aluminium, le cadmium, le mercure ou le plomb est de plus en plus reconnue comme l’un des co-facteurs de certaines maladies neurologiques, cardio-vasculaires et auto-immunes. «La littérature scientifique internationale a accumulé une masse considérable de preuves attestant de l’extrême toxicité des métaux lourds pour les êtres humains. L’influence des métaux lourds, au moins en tant que co-facteur, peut être établie pour de nombreuses pathologies.» A noter que cette enquête nationale de biosurveillance des métaux et métalloïdes est une première en Algérie.
 

Djamila Kourta
 
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