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Plaidant pour le traitement de la ménopause, le Pr Mourad Derguini avertit

«La femme a vingt fois plus de risque de mourir de complications cardiaques que d’un cancer du sein»

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le 21.05.17 | 12h00 Réagissez

 
	Traiter la ménopause physiologique et la ménopause précoce permet de prévenir les complications cardiaques, osseuses et cérébrales.
Traiter la ménopause physiologique et la ménopause...

La ménopause considérée  comme un phénomène naturel dans la vie d’une femme devient, aujourd’hui, un sérieux problème de santé publique qui doit être sérieusement pris en charge.

Avec une espérance de vie qui s’est allongée jusqu’à 80 ans, la femme algérienne vit un tiers de sa vie après la ménopause. Ce cap physiologique qu’elle doit passer est non sans conséquences graves sur sa santé générale. «Cette seconde vie que la femme doit vivre, soit 25 ans après sa ménopause, doit être prise sérieusement en charge, compte tenu de toutes les pathologies qui surviennent.

On assiste à une dégradation de forme multifocale avec des symptômes que l’on connaît, les bouffées de chaleur, l’insomnie, la nervosité, la sueur nocturne et la fatigue. A cela s’ajoutent d’autres complications plus graves, telles que les maladies cardiovasculaires, osseuses, les troubles vaginaux et urinaires et enfin les complications cérébrales. C’est la dégradation profonde de la qualité de vie de la femme. Il est important d’identifier et de prendre en charge ces symptômes pour que les femmes vivent cette période de leur vie sereinement», a recommandé le Pr Mourad Derguini, chef de service de gynéco-obstétrique à l’hôpital de Kouba et président de la Société algérienne d’étude et de recherche sur la ménopause, en marge des travaux du 15e congrès, qui s’est tenu ce week-end à Alger.

Ces complications, a-t-il précisé, dont certaines sont mortelles nécessitent un suivi et une réelle prise en charge. «Les femmes sont sujettes aux problèmes cardio-vasculaires plus que les hommes à l’âge de 60 ans. La perte osseuse qui entraîne l’ostéoporose est un sérieux problème de santé publique, provoquant le décès et les 25% souffrant de fractures ostéoporotiques meurent dans l’année. Il en est de même pour les complications urinaires, une femme sur quatre souffre d’incontinence urinaire, sans oublier les problèmes de sécheresse vaginale, douleurs lors de rapports sexuels qui sont souvent à l’origine de conflits dans le couple», a-t-il déploré, tout enmentionant les complications cérébrales, dont la maladie d’Alzheimer.

Le Pr Derguini estime qu’une ménopause traitée avec un œstrogène naturel (Betaoestradiol) associé à la progestérone naturelle pour substituer les hormones fabriquées par les ovaires,  réduit de 30% l’apparition de cette maladie et assure la prévention de bien d’autres complications citées plus haut ainsi que les symptômes climatères (boufée de chaleur, sueur nocturne, insomnie, etc.).
Il affirme que ces traitements permettent d’éviter une obésité androïde, car une ménopause non traitée fait prendre entre 7 à 10 kg selon la répartition musculaire des graisses. «Le traitement permet aussi la réduction de l’incidence du cancer du colon de 30%, le 2e cancer chez la femme après celui du sein. Une femme ménopausée non traitée a 20 fois plus de risque de mourir d’une pathologie du cœur que d’un cancer du sein», a-t-il encore précisé en faisant allusion à la polémique suscitée par l’étude américaine, en 2003, (WHI) qui avait déclaré que le traitement de la ménopause augmenterait le risque du cancer du sein.

«Ce qui avait d’ailleurs créé, à l’époque, une grande panique chez les femmes ménopausées et avait entrainé l’abandon des traitements de l’ordre de 50 à 70%. D’autres études sont venues par la suite et elles ont montré qu’avec les traitements à l’ostéogène naturel et la progestérone naturelle, le risque mammaire est estimé à 1%», a-t-il souligné. Les travaux de ce 15e congrès se sont également penchés sur la ménopause précoce qui constitue, selon le Pr Derguini, un véritable fléau en Algérie qui s’installe avant l’âge de 40 ans. «Nous constatons des ménopauses précoces, beaucoup plus tôt entre 25 et 35 ans. Ce qui représente une fréquence de 6à 8%» a-t-il déploré. Et de signaler que le taux mondial est de l’ordre de 1 à 2%.

«Cette catégorie de femmes nécessite également un traitement substitutif, et ce, jusqu’à l’âge physiologique de la ménopause, à 50 ans, pour une amélioration de la qualité de vie, car sans traitement, les complications s’installeront précocement et risquent d’être fatales», a-t-il averti.

 

Djamila Kourta
 
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