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Des Perspectives thérapeutiques et technologiques dans la prise en charge du diabète présentées au congrès de la SFD

Des innovations non encore accessibles en Algérie

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le 01.04.18 | 12h00 Réagissez

Les hypoglycémies, un défi quotidien pour les diabétiques.

Le contrôle strict du diabète est aujourd’hui indispensable et recommandé afin d’éviter le développement des complications. De récentes études comparatives, présentées au congrès annuel de la Société francophone du diabète (SFD), qui s’est déroulé du 20 au 23 mars  à la cité des Congrès, à Nantes, a bien montré cette exigence.

Le contrôle continu de la glycémie, permettant de vérifier la courbe des variations de ce paramètre, est le moyen adéquat pour éviter l’altération des organes, qui est provoquée par les pics d’hypoglycémie, ont insisté les spécialistes, lors de cette rencontre scientifique à laquelle ont pris part 4000 participants, dont des diabétologues, des endocrinologues et des spécialistes en médecine interne algériens.

Une rencontre scientifique, qui leur a permis de débattre des enjeux de cette maladie, qui ne cesse de progresser et qui touche de plus en plus de personnes (plus d’un million et demi d’Algériens). C’est également une opportunité pour débattre des avancées des innovations thérapeutiques et technologiques. La prise en charge du diabète prend désormais une nouvelle orientation, en se basant sur les dernières recommandations internationales et françaises.

Considérant l'hypoglycémie comme un marqueur de fragilité cardiovasculaire, un facteur de risque de mortalité et un défi majeur pour les diabétiques, les spécialistes s’accordent à dire qu’il est important d’assurer un bon suivi et un contrôle systématique de la glycémie de manière régulière, afin d’adapter un schéma thérapeutique selon le profil de chaque patient. La question a été justement traitée lors d’un symposium de Novo Nordisk sous le thème «Les insulino-thérapies en 2018, nouvelles ambitions et nouveaux repères».

Ce qui nécessite l’exigence du contrôle systématique et l’apport  de l’innovation dans la prise en charge de ce déséquilibre. Pour André-Jacques Scheen, de l’hôpital de Liège, qui est revenu sur l’insuline basale et le défi du contrôle glycémique, les hypoglycémies nocturnes, celles qui se produisent entre minuit et 6h du matin, ont fait l’objet de plusieurs études, d’où l’intérêt de stabiliser les patients et éviter la variabilité de la glycémie, qui constitue un facteur de risque cardiovasculaire. «Il n’est plus question de se focaliser sur l’hémoglobine glyquée (HbA1c)  pour dire que le patient est bien équilibré, puisque de nombreux patients arrivent à atteindre la cible recommandée, mais ils souffrent de variabilité glycémique.

C’est ce qui constitue le danger et le risque de développer des complications telles que les événements cardiovasculaires.». Le recours aux innovations demeure le moyen efficace pour que les patients diabétiques aient une meilleure qualité de vie et pour arriver à diminuer la mortalité, a insisté Dr Bruno Guerci, de l’hôpital de Nancy. Les différents intervenants ont insisté sur l’importance d’adapter de nouveaux schémas thérapeutiques, en introduisant les nouvelles molécules pour arriver à équilibrer les patients et avoir une courbe stable.

«Des antidiabétiques, comme le liraglutide (Victoza), permettent de réduire de 50% les hypoglycémies chez les patients du diabète de type 2, le taux d’HbA1c, le poids et préviennentt les événements cardiovasculaires chez les patients atteints de diabète de type 2 à haut risque cardiovasculaire, et d’autres innovations ont également montré aujourd’hui leur efficacité», a-t-il indiqué. La prise en charge globale du diabétique en prévention secondaire pour influer sur les facteurs de risque a été aussi démontrée par ces médicaments innovants, selon le Dr Roman Roussel, qui précise que cela assure une sécurité pour la fonction rénale.

«Il y a des molécules hypoglycémiantes qui font baisser le taux de sucre dans le sang, mais elles sont sans bénéfice sur les complications cardiovasculaires ou rénales et parfois elles sont même néfastes», a souligné le Dr Bernard Charbonnel. Ces innovations thérapeutiques sont également d’une grande importance chez les diabétiques de type 1, a souligné le Pr Mourad Semrouni, endocrinologue au CHU de Beni Messous.

Il estime que la prise en charge des complications induites par les hypoglycémies revient excessivement cher au Trésor public. «Il est important d’éviter aux patients diabétiques des  événements hypoglycémiques, dont les complications sont aujourd’hui bien connues, à savoir les maladies cardiovasculaires, la démence, etc.», a-t-il averti, tout en regrettant que «des thérapeutiques qui ont fait leurs preuves dans plusieurs pays d’Europe ne sont pas accessibles à nos patients». Il a rappelé que le Comité d'experts cliniciens algériens, dont il fait partie, «a donné un avis favorable pour la commercialisation et l’utilisation de ces molécules, mais le remboursement n’est pas encore effectif pour certaines d’entre elles».

Ces innovations ne peuvent qu’ être utiles pour les patients, car elles leur assurent une meilleure qualité de vie, avec moins de complications, a noté l’endocrinologue. Comme il préconise l’usage des nouvelles technologies en matière d’auto-surveillance glycémique à travers le système de lecture du taux de glucose en continu (un capteur doté d’une pastille placée en sous-cutané sur le bras, relié à un lecteur, nécessaire pour les patients qui enregistrent des fluctuations de la glycémie durant 24 heures, notamment chez les enfants et la femme enceinte.

Un moyen pour les diabétiques de type 1 de contrôler leur glycémie près de huit fois par jour pour certains, sans se piquer ni utiliser une bandelette, tout en faisant le geste de scanner avec le lecteur sur le capteur. «Ce qui permet de mieux comprendre l’impact de son comportement alimentaire sur sa glycémie et cela permet de mieux optimiser le schéma thérapeutique pour le patient.

Ce qui va changer complètement la vie des patients», a-t-il relevé, tout en précisant que l’arrivée des dernières versions, pompe à insuline à boucle semi-fermée et boucle fermée, appelée (communément le «pancréas artificiel»), avec une influence sur le débit d'insuline pour la mesure de la glycémie va révolutionner  la prise en charge des patients et limiter les hypoglycémies.
 

Djamila Kourta
 
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