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Journée de sensibilisation sur la rage à Tizi Ouzou

900 cas/an enregistrés en Algérie

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le 08.10.17 | 12h00 Réagissez

Maladie infectieuse d’origine virale qui peut être évitée grâce à la vaccination, la rage continue de sévir à l’état enzootique avec une moyenne de 900 cas enregistrés chaque année en Algérie.

Malgré les efforts déployés, plus de 120 000 personnes sont exposées au risque rabique. C’est ce que révèlent des statistiques présentées lors d’une journée d’information et de sensibilisation contre cette maladie, organisée mercredi au CHU Nedir Mohamed de Tizi Ouzou. «La rage humaine est mortelle une fois les signes cliniques déclarés. Elle se transmet par la salive lors du contact avec un animal (léchage, griffure et/ou morsure)», a indiqué Dr L. Alliane, du service des maladies infectieuses (CHU de Tizi Ouzou), précisant que le seul traitement efficace reste la prise en charge correcte de tout cas de risque rabique.

La sensibilisation de la population, l’abattage des animaux errants et la vaccination des animaux domestiques sont également préconisés. Pour Dr K. Taïb, du service d’épidémiologie et de médecine préventive du CHU Nedir Mohamed, une fois les symptômes présents, la maladie est toujours fatale, aussi bien chez les animaux que chez l’homme. Près de 98% des cas rencontrés chez l’homme sont d’origine canine. C’est la dixième cause de mortalité par maladie infectieuse dans le monde, avec une moyenne de 60000 personnes/an, soit un décès toutes les 10 minutes. L’Afrique (44%) est le continent le plus touché après l’Asie (56%). Plus de 40% sont des enfants de moins de 15 ans. La rage est liée à la démographie canine. Plus la population de chiens errants augmente, plus l’incidence de la rage augmente, fait observer ce praticien de la santé publique. En Algérie, une moyenne de 15 à 20 personnes meurent de la rage humaine chaque année.

Dans la wilaya de Tizi Ouzou, 43% des cas d’encéphalites rabiques notifiées au CHU de Tizi Ouzou, entre 2010 et 2017, ont été enregistrés dans la région de Boghni, a affirmé  Dr K. Taïb. Le reste des cas a été relevé aux Ouacifs, à Azazga, Larbaâ Nath Irathen et Ouaguenoun. Le dernier cas de décès enregistré dans la wilaya de Tizi Ouzou remonte à octobre 2016. Il s’agit d’un enfant de trois ans hospitalisé au niveau du service des maladies infectieuses à un stade avancé de la maladie, un mois après avoir été mordu par un chien. En 2013, trois autres personnes sont mortes de cette maladie au chef-lieu de wilaya et à Azazga, suite à des morsures de chiens errants. Un état des lieux établi par une équipe du CHU, et présenté par Dr S. Abderrahmani, fait état de 499 cas de morsures et griffures d’animaux pris en charge au service des maladies infectieuses durant l’année 2016. «Les objectifs de notre étude ont été de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des cas de morsures et griffures d’animaux. Le nombre de personnes consultées pour morsures et griffures est passé de 335 cas (2015) à 449 (2016)».

Les morsures et griffures d’animaux représentaient 24,40% des consultations d’urgence au service des maladies infectieuses du CHU de Tizi Ouzou, durant l’année 2016. La moitié de ces morsures a été causée par des chiens, 41,48% par des chats, 6,01% par des rats et 3,21 par d’autres animaux (chacals, chevaux, ânes, hiboux, hamsters, moutons). Quelque 95% des animaux domestiques mordeurs incriminés n’étaient pas vaccinés. Qu’en est-il de la prise en charge médicale des patients reçus pour des soins ? Selon cette étude, sur 499 personnes mordues, 81,56% ont suivi une sérothérapie. Malgré tous les efforts matériels et humains fournis par l’Etat algérien en matière de prise en charge, la négligence du risque de transmission de la rage suite à une morsure animale, le non-recours à la vaccination et la difficulté d’éradication de la maladie animale entravent le programme national de lutte contre la rage, conclut l’étude de l’équipe médicale du CHU de Tizi Ouzou.
 

Ahcène Tahraoui
 
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