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Philatélie. Le don du sang sur les timbres postaux

Une histoire chargée de bénévolat

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le 25.01.18 | 12h00 Réagissez

Une histoire chargée de bénévolat

Durant des décennies, le don du sang a toujours été l’une des principales actions de bénévolat en Algérie.

La mise en place de mécanismes pour développer cette action à travers la multiplication des centres de collecte fixes et mobiles et les campagnes de sensibilisation menées à longueur d’année, notamment durant l’été et le Ramadhan, ont œuvré à l’émergence d’une véritable culture du don du sang au sein de la société algérienne. Ce qui a permis aussi la naissance de plusieurs associations de donneurs bénévoles, réunies au sein d’une Fédération nationale. Entre 1996 et 2014, les efforts des donneurs bénévoles, qui représentent 25% de l’ensemble des dons à l’échelle nationale, ainsi que les multiples campagnes des centres de collecte, ont permis de placer l’Algérie comme leader africain en matière de don du sang, avec plus de 540 000 donneurs par an, soit un taux de 13,7 donneurs pour 1000 habitants.

Ce qui dépasse la norme de l’OMS, fixée à 10 donneurs pour 1000 habitants. Pour apporter sa contribution dans cette action du cœur et du bénévolat, la Poste algérienne émettra un premier timbre sur le sujet sorti le 15/3/1975. Réalisée par A. Sahouli, cette vignette, d’une portée hautement symbolique, d’une valeur de 0,5 DA, avec un tirage de 3 millions d’exemplaires, sortie de l’imprimerie de la Banque Centrale d’Algérie et utilisée pour l’affranchissement du courrier postal, a vraiment marqué son temps, du moins pour les philatélistes qui ont connu la belle époque des années 1970. Dessinée d’une manière sobre et simple, elle représente sur un fond rouge un homme blessé, victime d’un accident (de la route ou autre), alité et recevant le liquide vital.

L’image changera onze ans plus tard, dans un second timbre signé Kamreddine Krim, émis le 26/6/1986, d’une valeur de 0,8 DA, imprimé chez Cartor. Sur fond pourpre, on retrouve toujours un malade alité, recevant le sang d’un grand cœur, symbolisant la générosité des donneurs algériens. Un cœur peint sous différentes couleurs représentant les dérivés du sang, qui peuvent sauver aussi bien les femmes enceintes que les victimes des accidents de la route, mais aussi des malades, comme les hémophiles et les thalassémiques. Le même dessinateur reprendra le même sujet avec le même fond sur un timbre paru le 2/5/2000, symbolisant un cœur sous forme d’une tirelire, dans lequel une main généreuse glisse une goutte de sang.

Une symbolique qui renvoie à la nécessité de création de banques de sang pour prévenir contre les périodes de manque. Le sujet du don du sang sera encore une fois développé sur un timbre sorti en 2004, à l’occasion de la Journée mondiale du don du sang, dessiné par Ali Kerbouche, dans lequel un hommage a été rendu à la Fédération algérienne des donneurs de sang (FADS), qui accomplit un travail remarquable de sensibilisation et de mobilisation à l’échelle nationale, en dépit des moyens dérisoires dont elle dispose et des difficultés rencontrées pour mener à bien sa mission, sachant qu’elle n’est pas reconnue en tant qu’institution et ne bénéficie pas d’aides régulières de la part de l’Etat. Le dernier né des timbres consacrés au don du sang est une œuvre signée par l’Agence nationale du sang (ANS) émise le 25/10/2017. Une vignette, dont les concepteurs semblent avoir voulu se démarquer des traditionnelles allégories qui ont toujours marqué les timbres consacrés à cette thématique, en s’inspirant d’un style digne des œuvres d’Henri Matisse. Vivement l’innovation.
 

Arslan Selmane
 
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