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Oran se souviendra de l’été 2017 !

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le 08.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	Oran n’aura pas vécu que des événements heureux cet été
Oran n’aura pas vécu que des événements...

Soirées, plages, festivals, disparition d’artistes, fin de la saison estivale. A Oran cette année, c’est un peu un goût particulier qui vient de s’achever...

Bien que la saison estivale se prolonge à Oran jusqu’aux doux relents de l’été indien, la rentrée sociale vient tout de même marquer la fin des vacances à El Bahia, laquelle ville a vibré deux mois durant au rythme des festivals et des mariages, mais non sans le triste souvenir d’un été 2017 souligné par la disparition d’artistes, comme le décès de la légende de la musique oranaise et parrain du raï, Blaoui El Houari. En effet, le fait marquant a été sans doute la disparition de celui qui a modernisé la musique oranaise, Blaoui El Houari qualifié d’école par tous les artistes qui l’ont connu. Il s’est éteint le 19 juillet à l’âge de 91 ans des suites d’une longue maladie.

L’on se rappellera de lui comme le précurseur de la chanson raï moderne. La disparition du natif du quartier de M’dina J’dida a suscité beaucoup d’émotions, à la faveur des témoignages de beaucoup d’artistes, comme Houari Benchenet, mais aussi la jeune génération montante, à l’image de Madjid Hadj Brahim qui l’a côtoyé durant ses derniers jours et qui lui réserve une chanson en hommage à sa mémoire.

Les journalistes, la famille des moudjahidine et les officiels n’ont pas omis de lui rendre un hommage digne de son œuvre en se rappelant qu’il a été patriote durant la guerre de Libération et aussi directeur de la radio et la télévision (RTA). Les Oranais ont également dû faire leurs adieux au chanteur populaire Houari Aouinet, ravi un 28 juillet à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie.

Et c’est Radio El Bahia qui lui a rendu un hommage spécial en diffusant ses chansons et ses sketchs pendant quelques jours. Les Algériens garderont de lui le souvenir d’un artiste atypique qui s’est inventé un genre unique rappelant le prolongement culturel entre les pays nord-africains. En effet, il s’est imposé sur la scène artistique durant les années les plus difficiles, celles de 1990 en tant que chanteur et danseur, versé dans le genre dit «maghrabi», avec un style rythmé et un look particulier.

Sa chachia et sa sacoche en bandoulière étaient même devenues à la mode. «Quand les gens avaient peur, durant les années de braise, Houari Aouinet chantait dans les mariages, à la radio, la télé, il dansait et racontait des blagues pour amuser les gens», témoigne Mohamed, vendeur de disques.

Les habitants de la région ont également été endeuillés par la disparition, en juin, de l’illustre chanteur de la musique chaâbi, Zeghiche Sid Ahmed, qui a tiré sa révérence à l’âge de 63 ans. Cet enfant de Mostaganem incarnait l’une des rares références de ce style populaire à l’ouest du pays. Mais si la scène culturelle a été privée durant cet été de grandes figures artistiques, il n’en demeure pas moins que la nouvelle génération s’attelle à honorer l’héritage des anciens, à la faveur de la participation de qualité et, en somme, la réussite du festival de la chanson oranaise.

Hommage

Cette dixième édition, organisée du 21 au 24 août au Théâtre régional d’Oran Abdelkader Alloula, avec la participation d’une trentaine d’artistes, a rendu hommage au chantre de la chanson oranaise Blaoui El Houari, parrain du festival justement. La soirée de clôture de cette édition a été forte en émotions. Houari Benchenet a interprété une chanson intitulée Blaoui, racontant le parcours artistique du maître du style dit wahrani et son combat pour l’Algérie.

Les poètes Toumouh Abdallah et Mekki Nouna ont déclamé des textes à la mémoire de Blaoui, en invitant les jeunes à assumer ce legs culturel et pour lequel le théâtre était archicomble. Par ailleurs, Oran a de nouveau honoré son rendez-vous avec le 7e art avec l’organisation de la dixième édition du Festival du film arabe (FIOFA) du 25 au 31 juillet.

Marquée par la création de plusieurs rubriques et un programme diversifié, en plus de la projection de 31 œuvres en compétition dans trois catégories, cette édition a vu la consécration du long métrage En attendant les hirondelles, de l’Algérien Karim Moussaoui qui a décroché le grand prix «Wihr d’or».

Les pays habituels ont répondu présent, à l’instar de la Palestine, la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, la Syrie, l’Irak, la Jordanie, le Liban, l’Arabie Saoudite, la Mauritanie, le Soudan et Bahreïn ainsi que l’Iran. Et si l’art et la musique ont, comme à l’accoutumée, été l’indice majeur des nuits estivales à El Bahia, ce ne fut pas sans une touche humanitaire témoignant de l’esprit de solidarité des algériens.

En effet, face aux attaques racistes et aux campagnes  de désinformation contre les migrants subsahariens, l’artiste oranais Sadek Demokratoz a sorti un nouveau clip avec une chanson intitulée Attini Yeddek. Il s’agit de l’une des rares productions artistiques faite en un temps record avec cette dimension humanitaire, voulant réconcilier les algériens avec leurs valeurs et traditions d’hospitalité, tout en envoyant un message aux migrants pour leur témoigner l’amitié et le respect. Dans ce cadre, le collectif Solidarité Migrants Algérie a également entrepris plusieurs actions en direction de la communauté subsaharienne à Oran.

Rassemblement

Un f’tour solidaire a été organisé durant le mois de Ramadan en faveur des différents migrants à Oran, où une ambiance de fête mais aussi de réconciliation et de réconfort a balayé les doutes et les frayeurs provoquées par les propos et actes racistes survenus durant cet été. Autre action citoyenne, les oranais ont témoigné leur solidarité aux organisateurs du Café littéraire d’Aokas (Béjaïa) en organisant un rassemblement symbolique sur la place du 1er Novembre, et auquel des artistes, des militants de gauche et des journalistes ont pris part.

Quant au patrimoine, la traditionnelle waâda de Sidi El Hasni a été organisée fin juillet dans la zaouïa de la Tariqa Taybia d’Oran. Une grande foule d’adeptes de ce saint patron est venue des quatre coins du pays pour perpétuer cette tradition ancestrale dont faisait partie le défunt cheikh Belkebir ainsi que l’érudit cheikh Khelil de Timimoun, de véritables relais se prolongeant jusqu’au cœur de l’Afrique, assurant l’allégeance au Cheikh Zaouïa Moulay Hacène Chérif El Ouazani.

Sur un autre registre, et si El Bahia a organisé deux festivals et s’est mise sur son 31 pour ces événements, la salubrité publique demeure le point noir, puisque la production des déchets a doublé durant les mois de juillet et août pour atteindre les trois mille tonnes par jour, à la faveur des millions de visiteurs accueillis.

Cet état de fait s’est aggravé avec la grève des petites entreprises de sous-traitants pour la collecte des déchets ménagers, durant la deuxième semaine du mois d’août. Il s’agit d’un événement marquant, puisque la ville a croulé sous les ordures en seulement deux jours de grève, et ce, en raison du non-paiement des collecteurs.

La situation semble pour le moment réglée, mais ceci a révélé l’incapacité de la commune et de la wilaya à gérer le volet des déchets ménagers sans le recours au privé. Enfin, sur le plan sécuritaire, et en attendant les différents bilans de la Protection civile, de la gendarmerie et de la police, les chiffres rapportés par la presse révèlent une baisse des cas d’accidents de la circulation ainsi que les noyades. 

Redouane Benchikh
 
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