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Le collectif Satori : «Éveiller durablement les consciences»

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le 01.03.18 | 12h00 Réagissez

Satori, ce sont quatre comédiens et metteurs en scène, rencontrés en écoles de théâtre.

 Chacun des artistes fondateurs de Satori est libre de ses créations. Ils travaillent régulièrement avec des artistes qui n’appartiennent pas à la compagnie, qu’ils soient acteurs, musiciens, créateurs lumière ou vidéo, scénographes.

«C’est cette  libre association qui permet à chacun des projets de la compagnie d’être singulier, bien que portés par le même noyau ! Nos spectacles n’assènent pas une vérité : ils sont le reflet de notre diversité, de notre ouverture sur l’extérieur, et de nos rencontres.» En 2017, le Collectif  Satori inaugure un cycle de spectacles : Révolutions. Thomas Resendes écrit et met en scène Les Ennemis publics, inspiré de l’histoire de la Fraction armée rouge, spectacle finaliste du Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène.

Il met également en scène Fabrice Henry dans Le Défilé commence, nouvelle de Reinaldo Arenas sur les premiers jours de la révolution cubaine. François Copin propose Révolution, tour d’horizon des mouvements révolutionnaires passés et à venir.

Note d’intention du metteur en scène Fabrice Henry 

Comment éclairer d’une autre lumière l’histoire nationale ? Que vaut la destinée d’un homme quand elle croise la raison d’Etat ? De quel côté se situe la violence, la «terreur» ? Quelle vérité, quels mensonges font notre histoire ? «De nos frères blessés» pose d’emblée ces questions. Nous avons besoin d’entendre cet appel à la liberté et à la fraternité, aujourd’hui que la société ne cesse de se cliver et où la violence, l’individualisme, le rejet de l’autre se répandent. Ce livre est un hymne à l’espoir, un grand souffle qui a foi en un idéal d’humanité. J’ai imaginé ce roman historique comme la parole que se passerait un petit groupe de personnes, comme la transmission orale d’un conte ancestral…

L’endroit du récit, de la parole vraie, humaine, est essentiel dans mon travail de metteur en scène. La précision documentaire, la fiction, ces questions importent peu. Ce qui importe, c’est  ce qu’on charrie avec cette histoire, c’est l’émotion et la force qu’on veut transmettre à l’autre. «…Un théâtre qui célèbre la fraternité et l’intelligence, au-delà des barrières raciales, sociales, politiques…Sentir pour un instant, comme seul le théâtre le permet, que nous sommes frères, ou que nous pouvons l’être. Que nous avons tous des frères blessés.»

Séquence VIII

Vincent. Il n’est pas encore 17h. Les juges refont leur entrée dans le tribunal. Le président Roynard prend la parole : Fernand Iveton, ici présent, est condamné à la peine capitale. Le verdict tombe comme le couperet qu’on lui promet. Fernand baisse les yeux à l’instant où s’élève, aux quatre coins de la salle, la clameur des Européens d’Algérie. Applaudissements et bravos. Ivresse et dents déployées. La justice goûte son triomphe. Hélène se retient de ne pas fondre en larmes. Elle mord l’intérieur de ses joues pour ne pas leur offrir le spectacle de leur défaite. On ne jette pas ainsi la viande aux chiens.

Elle prend la main de sa belle-mère afin de l’enjoindre de faire de même. Les paumes claquent, la joie exulte comme un seul corps gras. Fernand n’a pas envie de pleurer, lui. Les tortures l’ont asséché – âme dépeuplée, pillée de toute émotion. Ses avocats le regardent sans cacher leur dépit. Le président appelle au calme et exige du public qu’il quitte les lieux dans la discipline et la retenue. Elle tente de croiser les yeux de son amant mais il les maintient bas, rivés sur ce sol qui se dérobe sous les pieds d’Hélène. Cela serait trop douloureux de la voir, il le sait. Deux agents l’emmènent ; il ne se retourne pas. (…)

Séquence XI

Thomas (improvisé). Alors voilà, on approche de la fin. De la fin du roman, c’est la dernière scène. Et dans cette scène, Fernand est très entouré, il y a beaucoup de monde autour de lui. Et ce que l’on voudrait, ce serait que vous veniez sur le plateau, pour jouer tous ces personnages. Si vous avez envie, environ dix d’entre vous, ceux qui le veulent. Mais quand je dis jouer, enfin il n’y aura rien à faire, vous n’aurez pas à parler, vous serez juste assis sur des chaises, avec nous là, sur la scène.

Nadjia Bouzeghrane
 
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