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Laurent, le «fou» d’Algérie

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le 09.02.18 | 12h00 Réagissez

Un cadeau «original» pour les 44 ans de Laurent, un Français de souche : visiter Alger. Il côtoie les Algériens, il goûte aux plats, il se balade dans les rues d’Alger et…veut maintenant une Algérienne ! Juste un fou d’Algérie.

Il s’appelle Laurent Thevenard. Il a 44 ans. Il est né à Beauvais, en France. Laurent est aide à la personne. Pour son anniversaire, Laurent a souhaité avoir un cadeau bien particulier : un voyage en Algérie. Laurent est un fan de l’Algérie. Plus encore… Laurent est amoureux du pays du million et demi de martyrs. Le coup de foudre opère dans les années 90. «J’ai connu les Algériens dans un contexte particulier en France. C’était en 1997, à l’époque où le Front national de Jean-Marie Le Pen était bien présent.

A cette époque, le racisme était à son paroxysme», se souvient-il. «A la caisse des allocations familiales, les guichetiers traitaient les Algériens présents sur place de sales bougnouls», raconte-t-il. Exaspéré par ces insultes, Laurent prenait automatiquement la défense des Algériens. La raison : Laurent ne voulait pas qu’on assimile la France à cet esprit négatif. «L’Algérien est propre, Madame. Il n’est pas sale comme vous le dites. Il est né d’un ventre algérien, tout comme je suis né d’un ventre français. Ce n’est pas un choix.

C’est un destin», rétorquait-il. «Les Algériens vous traitent-ils de sales Français quand vous êtes chez eux ? Non ! Donc arrêtez de les insulter sans raison !». C’est à partir de ces épisodes ‘‘minables’’ que Laurent a noué des relations amicales avec les Algériens. «J’ai défendu une famille, puis deux… Suite à ça, ils se sont donné le mot et certains ont commencé à me demander mon numéro de téléphone afin que je puisse les accompagner à la caisse des allocations familiales.

Chose que je faisais avec plaisir», se souvient-il. Ces Algériens à l’époque, ne parlant pas français, Laurent est donc devenu leur médiateur. D’ailleurs, Laurent affirme qu’il était le premier à avoir demandé à l’administration de Rennes qu’il y ait des médiateurs afin d’aider ces familles étrangères à s’adapter à leur nouveau pays. Son amour pour l’Algérie ?

Laurent le cultive depuis des années : «A une certaine époque, et suite aux accords existants entre les deux pays, il y avait plus d’Algériens que les autres nations telles que la Tunisie ou le Maroc. J’ai donc longtemps vécu avec des Algériens». Dans l’immeuble où j’habitais, mes voisins étaient majoritairement des Algériens. Ils se sont alors fréquentés, se sont trouvé beaucoup de points communs et une amitié est née.

Ce que Laurent aime chez les Algériens : leur grand cœur : «Les Algériens sont très communautaires. Ils accordent beaucoup d’importance à la famille. Ils suivent beaucoup leur cœur. Quand ils aiment, c’est jusqu’à la mort». Laurent est fasciné par l’Algérie : «Contrairement aux autres pays du monde, l’Algérie n’a pas de dettes. En France, par exemple, quand un bébé naît, il a déjà 1500 à 2000 euros de dettes dès sa naissance, car nous sommes endettés».

Coiffure

Son amour pour l’Algérie a poussé Laurent à faire une demande particulière à son coiffeur iranien : sur l’arrière de sa tête, trône l’emblème national, «signe de reconnaissance et d’admiration au peuple algérien», dit-il. Son drapeau lui a valu les foudres de ses compatriotes. «Je suis très mal vu par beaucoup de personnes en France. Ils ne comprennent pas mon amour pour l’Algérie», raconte Laurent. Ce dernier confie que depuis qu’il a décidé de porter le drapeau algérien sur sa tête, un tri énorme s’est fait dans sa liste d’amis.

En effet, beaucoup lui ont tourné le dos, même sa propre famille. «Je suis un enfant adopté. Suite à la mort de mes parents adoptifs, j’étais chaque année invité chez une famille qui a l’habitude de me recevoir durant les fêtes de fin d’année. Cette année, la dame a refusé de m’accueillir car j’avais le drapeau de l’Algérie sur la tête. Elle m’a clairement dit que je ne n’étais pas le bienvenu», se souvient-il.

Durant son court séjour dans la capitale, Laurent s’est rendu au monument des martyrs. Sur place, le Français a observé une minute de silence. «Ma minute de silence en mémoire des héros qui se sont battus durant plus d’un siècle afin de libérer l’Algérie», confie-t-il. Pendant ses vacances, Laurent est devenu la coqueluche des Algériens. Avec son drapeau sur la tête, l’écharpe de l’Algérie sur les épaules et l’emblème national dans son sac, Laurent était «super bien accueilli par les Algériens. J’ai fait des photos avec beaucoup de monde».

Aujourd’hui, Laurent se décrit comme étant à moitié algérien. «Je ne suis pas que français. Je me sens également très proche de l’Algérie», assure-t-il. Laurent compte bien revenir en Algérie. Next stop de Laurent : Guelma en juin. Aujourd’hui, Laurent cherche à réaliser un nouveau rêve : s’installer en Algérie. «Je ne sais pas encore où, mais j’aimerais bien qu’un jour je puisse m’installer ici», rêve-t-il.
 

Sofia Ouahib
 
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