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L’avifaune à Mila : Quand passent les cigognes

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le 13.08.17 | 12h00 Réagissez

La wilaya de Mila, région de l’intérieur du pays au climat méditerranéen par excellence, est devenue ces dernières années une destination privilégiée pour une importante variété d’oiseaux migrateurs.

La région attirait depuis longtemps certaines espèces migratrices, comme les cigognes, les hirondelles et une multitude de petits passereaux, dont les merles, les chardonnerets, les rouges-gorges et les mésanges, par exemple. Mais depuis moins d’une décennie, beaucoup d’espèces d’oiseaux aquatiques, inconnus jusqu’à présent, y viennent, soit pour se sédentariser, comme c’est le cas des colverts et des hérons blancs, soit pour hiverner et se reproduire, comme les cormorans, ou encore pour se reposer l’espace d’une journée, comme font désormais les majestueux flamands roses, qui intègrent, semble-t-il, les plans d’eau de la région aux aires de repos qui longent leur parcours vers les sabkhas et chotts d’El Hodna.

Originaires de contrées très lointaines, comme l’Europe du Nord et l’Asie centrale, ces beaux oiseaux exotiques font partie désormais de la faune de la zone humide de la wilaya, constituée d’un chapelet de lacs et retenues d’eau, à l’image des barrages de Beni Haroun, de Sidi Khelifa et de Grouz, à Oued Athmania.

L’abondance de la nourriture dans les plans d’eau qui renferment une étonnante variété de poissons et de plantes aquatiques, ainsi que la présence de forêts dans la proximité, la douceur du microclimat et la pureté de cet espace humide, épargné jusqu’ici par la pollution, sont autant de facteurs favorables au développement de la population des oiseaux d’eau qui s’arrêtent, temporairement ou de manière permanente, dans la région. Et ce ne sont pas les chiffres des services des forêts qui vont nous contredire.

En effet, selon Samir Benftima, chef de service Protection de la faune et de la flore à la direction des forêts, pas moins de 39 espèces différentes d’oiseaux aquatiques fréquentent la région, dont la population est passée de 3000 individus au recensement de 2014, à plus de17 000 en 2017. On y a recensé, en effet, 3 espèces de fuligules, 2 espèces de canards et autant d’espèces de grèbes, de hérons et de tadornes et une espèce de cormorans, d’aigrettes et de flamants.

La population des canards et des cormorans explose

Complétement inconnus dans la région il y a à peine une dizaine d’années, les colverts et les cormorans apparaissent en nombre à partir de l’année 2013 dans les plans d’eau de Beni Haroun, Grouz et Sidi Khelifa. Aujourd’hui, leur nombre dépasse les 10 000 individus. Et c’est le nombre de colverts qui a le plus évolué. Au décompte effectué en décembre 2013, le nombre de ces palmipèdes était d’environ 600 sujets. Cette population s’est enrichie, depuis, de plusieurs milliers d’individus, atteignant, en décembre 2016, les 4 070 oiseaux.

En plus des conditions naturelles favorables, un facteur lié aux traditions culinaires de la région a favorisé ce développement fulgurant de cette espèce : les pratiques cynégétiques locales. Selon Benftima, les chasseurs de la région s’interdisent d’abattre ou de capturer les canards sauvages sous le prétexte fallacieux que leur consommation n’est pas autorisée en religion, ou que, pour certains, leur chair, tendre et succulente pourtant, est dure et sèche.

Les cormorans, originaires d’Iran, en Asie, sont plus nombreux que les canards Leur population s’accroît de plus d’un millier de nouveaux sujets chaque année. De 5000 individus comptabilisés en 2015, le nombre de ces palmipèdes est passé à 6 200 en 2016. Préférant les espaces rocheux et les falaises pour nidifier, ces palmipèdes se rencontrent sur les versants des communes montagneuses de Chigara et de Bainan et les talus qui bordent le lac de Sidi Khelifa.

Se nourrissant exclusivement de poissons qu’ils attrapent en plongeant dans l’eau, les cormorans commencent à survoler les lacs en volée nombreuse dès le lever du jour. Ils ne se retirent dans leurs abris qu’au coucher. Ils passent 8 mois dans la région chaque année, soit d’octobre à mai, avant de retourner en Asie à partir du début du mois de juin, nous explique Benftima.

En plus des canards et des cormorans, plus de 7000 individus d’autres palmipèdes exotiques, dont une majorité de hérons blancs, dits «hérons garde-bœufs», fréquentent également la région. On parle de tadornes, de fuligules, de grèbes, d’aigrettes et de flamants roses. Ces derniers ne se montrent dans la région qu’en octobre, sans jamais y rester plus d’une journée. «Ils utilisent le lac de Grouz comme halte sur leur parcours vers les sabkhas», nous explique-t-on.
 

K. Bouabdellah
 
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