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Vérités sur les cérémonies du 5 Juillet 62 Alger-Sidi Ferruch

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le 04.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	- Le commandant Bousmaha, dit Berrouaguia, prenant la parole le 5 juillet 1962 à Sidi Ferruch 
	 
	- Les commandants Mohamed Bousmaha et Lakhdar Bouregaa saluant la population algéroise  le 5 juillet 1962 
- Le commandant Bousmaha, dit Berrouaguia, prenant la parole le 5 juillet...

Le 14 juin 1830, après une préparation longue et minutieuse, le corps expéditionnaire français — dirigé par les amiraux Bourmont et Duperré, les généraux Berthezene, Loverdo, Duc des Cars et Clauzel — débarque sur les plages de Sidi Ferruch ; il comptait 37 000 hommes, soit trois divisions et une armada de 675 bâtiments.

Après le revers des Turcs, les tribus venues en renfort de l’intérieur opposèrent une résistance farouche, mais la faiblesse de l’artillerie et les trahisons sont derrière la destruction de Fort l’empereur le 4 juillet 1830 et la reddition humiliante du Dey Hussein le 5 juillet 1830.

Le référendum du 2 juillet 1962 a consacré la victoire du peuple algérien le 3 juillet 1962, le conseil de la Wilaya IV (l’Algérois), se réunissant pour évaluer la situation, décide de marquer cette date symbolique par un défilé de l’ALN à Alger-Centre et la levée des couleurs à Sidi Ferruch à l’endroit même où l’armée française avait débarqué le 14 juin 1830. Etant le dernier chef de la zone 6 (Alger Sahel), j’ai été chargé pour l’organisation de cette cérémonie.

Dans l’après-midi du 3 juillet 1962, je me suis déplacé à Staouéli, lieu du cantonnement des parachutistes. Escorté par trois jeeps et des moudjahidine aguerris, parmi lesquels Ali Glaba, Abed, Djamel, Mokhtar et d’autres... Au grand étonnement des parachutistes, je m’introduis avec mon escorte dans la caserne pour informer l’officier responsable de notre décision de la levée des couleurs algériennes le 5 juillet 1962. Il m’opposa un refus catégorique.

Je lui apprends que nous serons avec 5 bataillons et qu’il avait intérêt à prendre ses responsabilités quant aux conséquences éventuelles. Dans la matinée du 5 juillet 1962, la jonction des unités venues des maquis de Bouzegza, de Chréa, du Mongorno, du Zaccar, de l’Ouarsenis s’effectue au niveau du carrefour de l’Agha.

Ainsi, de l’Agha jusqu’à la place des Martyrs, les combattants de l’ALN ont traversé fièrement les boulevards Amirouche (Baudin) et Zirout Youcef (Carnot), à leur tête la première jeep où j’étais à côté du Commandant Si Lakhdar Bouregaa, la seconde jeep où se trouvaient les capitaines Youcef, Abdennour, Sadek Batel, était suivie par d’autres véhicules ainsi que le bataillon qui défilait avec un ordre exemplaire sous les ovations de la foule, composée en majorité de jeunes et de femmes.

Une pause fut observée à la place des Martyrs, où les moudjahidine présents ont contemplé La Casbah ; leur bonheur et leur fierté étaient immenses pour leur participation à la libération de La Casbah et l’effacement de l’humiliation résultant de la reddition du Dey Hussein le 5 juillet 1830.

Au moment où nous allions reprendre les véhicules pour nous diriger vers Sidi Ferruch, la population s’opposa à notre départ en nous demandant de traverser Bab El Oued jusqu’au stade Ferhani (Marcel Cerdan). Elle voulait par cette action mortifier les pieds-noirs de Bab El Oued, citadelle de l’OAS.

Malgré le danger et le retard, nous avions répondu à leur prière et dans le même ordre que sur les boulevards Audin et Carnot, le défilé traverse Bab El Oued ; les maquisards, sous les yeux ébahis des habitants pieds-noirs et OAS, pénètrent pour la première fois à Bab El Oued par la rue du cinéma Majestic, accompagnés par une foule en liesse qui scandait des slogans nationalistes en particulier : «Bab El Oued Dah El Oued», sous les youyous stridents des femmes. Du stade Ferhani (Marcel Cerdan) où nous attendaient les véhicules, les unités de l’ALN reprennent la direction de Sidi Ferruch, où les officiers de la Wilaya IV veillaient à la bonne préparation et l’organisation de la cérémonie de levée des couleurs, à laquelle avaient été invités les représentants des autres Wilayas.

A notre arrivée et à notre grande surprise, les parachutistes s’étaient volatilisés en se réfugiant dans leur cantonnement. La population, sous la protection de l’ALN, avait déjà détruit la stèle symbole du colonialisme. Après concertation avec le conseil de la Wilaya IV, nous avons proposé au Colonel Mohand Oulhadj qui se trouvait parmi les invités de nous assister à la levée des couleurs en tant que doyen des colonels.

La cérémonie a commencé par la présentation des unités de la Wilaya IV aux invités et après avoir eu l’honneur de prononcer un discours où j’ai expliqué la signification de cette journée brève et émouvante, mais d’une grande portée symbolique, dans laquelle le peuple algérien avait arraché son indépendance par les armes et vaincu le colonialisme. Saluant l’emblème national avec l’hymne Kassamane, l’émotion était grande parmi les combattants, dont certains n’avaient jamais espéré parvenir à un tel jour.

En ce moment d’émotion et de recueillement, notre pensée allait à nos compagnons d’armes et tous les Algériens tombés au champ d’honneur, qui se sont sacrifiés pour que le peuple algérien puisse jouir pleinement de son indépendance.
L’occupation coloniale avait vécu. L’histoire de l’Algérie indépendante commençait.
 

Mohamed Bousmaha
 
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