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Michel Guiraud. Directeur des collections du Muséum national d’histoire naturelle

Le Muséum n’a reçu aucune demande émanant du gouvernement algérien

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le 17.03.17 | 12h00 Réagissez


- Le Musée de l’Homme s’est dit prêt à examiner favorablement la demande de restitution des crânes de résistants algériens. Une procédure devait être respectée. Les autorités algériennes ou éventuellement des descendants de ces résistants ont-ils formulé une demande pour le rapatriement des restes ?

Le Muséum national d’Histoire naturelle est favorable à la restitution des restes de toute personne nommément identifiée. Pour que la demande soit recevable, elle doit être entreprise soit par l’Etat dont la personne était ressortissante, soit par un ayant droit, relayée par une démarche diplomatique. Cette démarche est rendue nécessaire du fait que les collections du Muséum, établissement public, sont propriété de l’Etat, et qu’il n’appartient donc pas au seul Muséum de prendre la décision de les déclasser.

La procédure de restitution de restes humains obéit à des règles strictes qui sont aussi faites pour éviter qu’ils puissent être rendus à des personnes qui ne seraient pas légitimes pour les recueillir. Le Muséum national d’histoire naturelle, conscient de l’importance que constituent pour le peuple algérien les restes de ses martyrs, est prêt, pour sa part, à accompagner les personnes légitimes dans leur recherche d’informations afin de retracer l’histoire de ces collections et donc celle des individus qui la composent. A ce jour, toutefois, le Muséum n’a reçu aucune demande émanant du gouvernement algérien.

- Votre musée a dû recenser sa collection ostéologique de ces restes. Quel est leur nombre exact et quel en a été la méthode d’acquisition ?

Il ne s’agit pas d’une acquisition au sens d’un achat, mais au sens de la constitution d’une collection dans le contexte scientifique du XIXe siècle, faite souvent de dons de médecins, et contemporaine de la phase de conquête de l’Algérie des années 1830-1860.

Le nombre d’individus précisément identifiés, c’est-à-dire avec un nom et un contexte, est de 34, deux autres crânes demandant des recherches plus approfondies pour leur attribuer une identité précise. Parmi ces 34 individus, 8 sont des soldats morts sous l’uniforme français. Pour les 26 autres individus concernés, si nos archives permettent d’associer certains individus à des actes avérés de résistance, comme pour les défenseurs des Zaâtchas, ce n’est pas le cas pour tous les restes.

- Votre établissement a-t-il identifié tous les restes humains (origine, circonstances du décès, classement, etc.) ?

Les restes humains ont été incorporés dans les collections publiques avec les informations sur leur origine et qui existaient au moment de cette incorporation. La majorité des restes humains des collections du Muséum national d’histoire naturelle est anonyme. Pour ce qui concerne les restes des Algériens identifiés, les informations diffèrent donc d’un individu à un autre, allant d’un simple nom à une histoire individuelle détaillée.

- Certains considèrent que ces restes sont mal conservés.Quel est leur état exact ?

Ces restes humains sont conservés dans des armoires fermées à clef, dans des salles fermées et sécurisées. Leur conditionnement correspond aux meilleurs standards techniques de conservation du matériel osseux. Ils sont par ailleurs conservés avec toutes les exigences de dignité et de respect dues aux restes humains et conformément aux lois de bioéthique.

- Sont-ils mis éventuellement à la portée du public du musée et des chercheurs de l’institution ou de l’extérieur ?

Ces restes humains n’ont jamais été exposés à la portée ni à la vue du public. Seuls peuvent être autorisés à accéder à cette collection des chercheurs porteurs d’un véritable projet scientifique.

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