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Crimes de la colonisation

L’idée des excuses fait son chemin

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le 21.02.17 | 12h00 Réagissez

Après la polémique hystérique de la droite et de l’extrême droite, les propos d’Emmanuel Macron sur la barbarie coloniale font leur chemin en France. L’opinion publique dans sa majorité juge le sujet important.

On n’en a pas fini avec la bombe à retardement lancée par Emmanuel Macron au sujet des crimes de la colonisation. Si à droite le thème a été utilisé comme s’il y avait péril national à condamner l’immoralité de l’exploitation coloniale, à gauche, l’idée fait son chemin, notamment chez le candidat socialiste Benoît Hamon.

S’il refuse l’expression «crime contre l’humanité» que Macron lui-même a transformée en «crime contre l’humain», il a osé prononcer qu’il ne serait pas opposé à dire ses regrets au nom de la France envers les populations colonisées s’il était élu président de la République. Dans un entretien RTL/Le Figaro/LCI dimanche, il a considéré «que la blessure (et) le fardeau de la France à l’égard des peuples qu’elle a colonisés et opprimés est un fardeau qui suppose que l’on exprime publiquement les regrets qui sont ceux de la République à l’égard de (ces) peuples».

Il a ajouté : «Cela peut aller jusqu’à des excuses», estimant cependant que cela serait long, mais que «nous devons regarder notre histoire en face (…) pour ce qu’elle a pu avoir de radieux (et) de glorieux, mais aussi pour ce qu’elle a pu avoir de tragique». Quant à l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sous la mandature Sarkozy, il a jugé dans un entretien au journal Al Quds al arabi, que «la France n’a pas le courage de reconnaître ce qu’elle a commis comme crimes durant la période coloniale».

Il a reconnu lui aussi que la France a commis «des crimes horribles en Algérie», et qu’il y a «des faits et des événements qui ne peuvent être démentis». «Les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas eu le courage nécessaire de faire cela. Et si elle l’avait fait, cela aurait participé à l’amélioration des relations entre les deux pays. Les enfants de la troisième et quatrième générations de Français d’origine algérienne vont sentir que la France respecte le pays de leurs pères et de leurs grands-pères».

Par ailleurs, contrairement à ce que les médias français véhiculaient faussement dimanche, le candidat du mouvement En Marche ne s’est pas excusé des propos qu’il avait tenus. S’il a fait profil bas face à la douleur qu’il a réveillée chez certains pieds-noirs, il a déclaré à Toulon : «Je ne me suis pas repenti et je ne retire pas mes propos. Je ne m’excuserai pas pour ces propos.» En ajoutant, face à la manipulation de l’extrême droite qui a fait le siège devant son meeting : «Le parti Front national joue sur les peurs, les haines, les émotions», cela valant pour sa justification à tout crin du colonialisme que pourtant l’histoire a condamné.

Essayant de clore les invectives des frontistes, il a repris avec malice le célèbre «Je vous ai compris !» du général de Gaulle en 1958 au forum du gouvernement d’Alger. Les médias, encore eux, pris dans la rapidité de l’analyse, y ont vu un Macron qui se mesurait au «grand» de Gaulle. En fait, ils auraient mieux fait de rentrer dans le texte du discours gaulliste qui condamnait le colonialisme et l’injustice : «Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui, jusqu’ à présent, étaient fermées devant beaucoup.

Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas. Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait. Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une». Cela se passe de commentaire, sauf que Macron paraît avoir bouclé la boucle : «On doit le regarder en face ce passé colonial, et oui, c’est un passé dans lequel il y a des crimes contre l’humain.»

Samedi, dans un sondage Ifop publié par TSA, 51% des Français approuvent la déclaration sur les crimes contre l’humanité et 52% pensant que la France devrait présenter des excuses. Les personnes favorables sont plus nombreuses chez les jeunes avec 66% des Français de moins de 35 ans d’accord avec Macron.
 

Walid Mebarek
 
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