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Un voile inopportun

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le 29.05.18 | 12h00 Réagissez

Personne ne parlerait de ce voile s’il n’était pas porté par une responsable étudiante du principal syndicat d’étudiants, l’Union nationale des étudiants de France (Unef), dans une université, et pas n’importe laquelle, la Sorbonne.

L’UNEF, organisation militante a toujours été le fer de lance dans la jeunesse de l’action politique de gauche, basée sur des valeurs de progrès. Dans cette histoire, le voile de Maryam Pougetoux, 19 ans, apparaît ainsi comme un basculement sans précédent vers une certaine forme de régression, selon de nombreuses critiques qui ont émaillé les médias.

Un sondage commandé dans la foulée de l’emballement médiatique est sans appel : réalisé pour CNews et Sud Radio, ces données font état que 77% des personnes interrogées considèrent justifiées les critiques à l’égard de cette responsable syndicale voilée, et 71% sont opposées au port du voile islamique à l’université.

Pourtant, dans un pays où on confond de plus en plus respect des musulmans et acceptation des tendances les plus islamistes, beaucoup défendent le libre choix de cette étudiante, qu’il y a 30 ans on aurait nommée «militante islamiste» dans l’Algérie qui commençait à sombrer dans l’islamisation sociétale puis dans le terrorisme qui a vu tant de femmes tomber parce qu’elles ne portaient pas le voile. Oublie-t-on Katia et les autres ?

Le philosophe d’origine algérienne, Abdenour Bidar, spécialiste de l’islam, tout en concevant la liberté individuelle, donne à réfléchir. Dans son analyse hebdomadaire publiée dans L’Obs, il écrit sur «le cas de cette jeune femme» : «Elle explique benoîtement que son voile ‘‘n’a aucune fonction politique’’.

Soit, mais alors pourquoi l’arbore-t-elle, au point qu’on ne voit que lui, au moment où elle est en train de délivrer une parole politique en tant que porte-parole de l’Unef ? Elle ajoute que ce voile est seulement une expression de sa foi. Où on en revient à la foi d’un bout de tissu.» Et l’universitaire d’élargir son propos : «…En islam, et dans toute autre spiritualité, la foi ne se porte pas au dehors mais au-dedans, et qu’elle s’affiche d’autant plus à l’extérieur qu’elle a du mal à s’ancrer à l’intérieur.»

En France, cette nouvelle crispation identitaire pourrait amener la réouverture du débat sur l’opportunité de l’interdiction du voile à l’université, écartée jusqu’à présent en raison de la difficulté de l’inscrire dans un processus juridique qui ne porterait pas atteinte aux libertés garanties par la Constitution. Il faudra pour cela que les tenants de cette évolution légale avancent voilés, eux aussi. 

Walid Mebarek
 
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