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2e tour des élections primaires de la gauche

Un nouveau PS à construire

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le 31.01.17 | 10h00 Réagissez

 
	Benoît Hamon (à droite) après sa victoire primaire du PS
Benoît Hamon (à droite) après sa victoire primaire du...

La victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche ouvre une alternative à la politique menée pendant le quinquennat par François Hollande et Manuel Valls, dont le désaveu vient d’être exprimé par l’électorat proche du Parti socialiste.

Pour autant, le rassemblement de la gauche du gouvernement, auquel le candidat du PS et de ses alliés à la présidentielle s’est attelé dès hier, est-il possible? C’est tout l’enjeu du pari qui attend Benoît Hamon, face à Jean-Luc Mélenchon (candidat de la France insoumise) et Emmanuel Macron (La France en marche). Il reste à Benoît Hamon d’en trouver les voies et moyens.

Le candidat de la gauche socialiste devra à la fois reconquérir l’électorat de gauche séduit par Jean-Luc Mélenchon et éviter un report de l’électorat socialiste libéral vers Emmanuel Macron. Quant à un rassemblement des candidats se réclamant de la gauche à l’élection présidentielle pour assurer sa présence au second tour, «il faudra aussi rassembler la gauche et les écologistes.

S’il existe des différences, les idées en partage sont si nombreuses, a déclaré dimanche soir Benoît Hamon devant ses partisans. Dès lundi, je proposerai à tous les candidats à cette primaire, mais aussi à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et l’écologie politique, en particulier Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, de ne penser qu’à l’intérêt des Français, au-delà de nos personnes», a ajouté le vainqueur de la primaire. «Je leur proposerai de construire, ensemble, une majorité gouvernementale cohérente et durable, pour le progrès social, écologique et démocratique.»

Une gauche progressiste et innovante

En votant pour Benoît Hamon (58,65%) - que certains ténors du PS ont pris l’habitude d’appeler «petit Ben» ou «petit Benoît»-, les électeurs ont fait le choix de l’espoir d’une gauche humaniste et progressiste. D’une «gauche moderne», «innovante». Dès dimanche soir, Manuel Valls (41, 35%) a appelé au rassemblement autour de  Benoît Hamon : «Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique et je lui souhaite bonne chance», a-t-il déclaré. Et «j’ai depuis toujours le sens de l’action collective et de la loyauté», en rappelant toutefois que «la gauche est crédible en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme».

Manuel Valls avait mis en avant, lors de sa campagne pour les primaires,  sa «crédibilité» contre un concurrent qui crée des «illusions», se présentant comme le candidat de la «société du travail», face au revenu universel mis au centre du débat par son concurrent. Il reste que c’est le «frondeur» qui a été préféré au «social-démocrate». Benoît Hamon devra replacer les vraies idées de gauche au cœur de la campagne socialiste. Comme redonner à la laïcité sa véritable finalité, soit le vivre-ensemble et la cohésion sociale, et non celle qui risquerait de créer des catégories de citoyens opposées les unes aux autres.

Comme c’est le cas dans le débat politique actuel, qui ne vise que l’islam lorsqu’il s’agit de défendre la laïcité. En matière de droit d’asile, Benoît Hamon a exprimé sa volonté d’instaurer des «visas humanitaires», organisant la venue de migrants sur le sol européen dans des conditions décentes, pour y étudier leur candidature. «Il faut aussi multiplier par deux le nombre de places en CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile)», a-t-il encore plaidé. Il souhaite aussi instaurer «un droit au travail sous certaines conditions» en France pour ces réfugiés.

Concernant les discriminations, Benoît Hamon a promis de créer «un nouveau service public, la brigade de lutte contre les discriminations. Ce corps de contrôle vérifiera régulièrement les pratiques des structures publiques et privées en matière de discrimination (d’égalité femmes-hommes, accessibilité pour les personnes handicapées, discrimination à l’embauche et plafond de verre, traitement inéquitable des clients ou usagers…)».

 

Benoît Hamon (49 ans) a une longue pratique du Parti socialiste. Il contribue à la création du MJS, dont il devient président en 1993, à 26 ans. Il rejoint ensuite le cabinet de Martine Aubry, qui le nommera porte-parole, en 2008.

En 2002, après la défaite du PS à l’élection présidentielle, Benoît Hamon fonde le Nouveau Parti socialiste, avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, deux de ses adversaires à la primaire. Alors député des Yvelines, à l’arrivée de François Hollande au pouvoir, Benoît Hamon est nommé ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire.

Ministre de l’Education nationale, il quitte le gouvernement en  août 2014, en même temps que Arnaud Montebourg, pour rejoindre les rangs des «frondeurs», opposés  à la loi Macron et la loi Travail portée par Myriam El Khomri.

Nadjia Bouzeghrane
 
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