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Banlieues

Le président Macron face aux attentes

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le 22.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Le président français Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron

Au début, il y a une quarantaine d’années, on parlait de «banlieue».

Puis, pour faire entrer le ban dans la ville, on parlait de «quartiers difficiles». Peu à peu, le qualificatif a évolué pour prendre le virage du «sensible». Le mot quartier a alors été effacé pour revenir à l’ancien terme utilisé dans les années 70 par ceux-là mêmes qui y vivaient : «la zone» ! Affublée du compatissant terme «défavorisée».

Les gouvernements successifs, depuis le début des années 80’, y déversèrent cependant des sommes colossales, censées aider à compenser le mal d’y vivre, surtout dans les «zones» autour des grandes villes telles que Paris, Lille, Lyon, Marseille et Toulouse.
Dans un domaine où les tensions sont toujours à fleur de peau et les attentes fortes. Aujourd’hui, le président Emmanuel Macron va projeter sa vision sur cette question.

Pour cela, il a créé un «Conseil présidentiel des villes», dont la composition vient d’être rendue publique par l’Elysée. Il rassemble vingt-cinq personnalités, dont le communiqué présidentiel estime qu’il s’agit d’«acteurs économiques, sociaux, culturels et sportifs d’envergure nationale engagés pour les quartiers».

Le pouvoir exécutif français entend cependant «améliorer la vie des habitants des quartiers défavorisés, non pas avec de grands dispositifs», mais des mesures «efficaces», comme le souligne le communiqué de la Présidence. Parmi les membres du comité, on compte l’Algérienne Zahia Ziouani, musicienne et chef d’orchestre, l’humoriste Yassine Bellatar, le fondateur du cabinet de recrutement, Mozaïk RH, Saïd Hammouche, le président de l’association Sport dans la ville, Nicolas Eschermann, le délégué général de l’Agence pour la diversité entrepreneuriale (Adive), Majid El Jarroudi, le fondateur de la coordination citoyenne «Pas sans nous», Mohamed Mechmache, et la vice-championne olympique de boxe, Sarah Ourahmoune, également déléguée du gouvernement en Seine-Saint-Denis).

Les autres sont des personnalités de toute la France qui ont un ancrage local fort, telle Catherine Herraney, directrice à Lyon du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles, ou Samia Chabbani, fondatrice dans les quartiers nord de Marseille de l’association Ancrages, Allaoui Guenni, président de l’association Emergence au Havre, ou encore le musicien de Pau, Faycal Karoui, directeur de l’Orchestre de Pau pays du Béarn, et Daniel Hierso, président d’Outremer Network.

Pour la déclaration que Macron doit faire aujourd’hui, il a une récente base de travail, le Plan banlieue, élaboré par l’ancien ministre Jean-Louis Borloo. Si le porte-parole du gouvernement indique que ce n’est qu’une «base de travail», l’analyse y est suffisamment fouillée pour appuyer des décisions fortes attendues.

LES MAIRES DES COMMUNES CONCERNEES S’IMPATIENTENT

Loin d’être anecdotique, ce chantier colossal sans cesse repris depuis des décennies, concerne «cinq millions de personnes dans des ‘‘quartiers prioritaires’’ caractérisés par un chômage élevé, une population jeune, une forte proportion de personnes d’origine étrangère et de familles monoparentales et un urbanisme dégradé», résume le journal en ligne latribune.fr. Ces données, de rapport en rapport, sont inlassablement rappelées. Avec des milliards d’euros déjà dépensés pour rénover des centaines de quartiers, ce qui reste à faire est impressionnant.

Pour autant, en se plaçant en marge du projet Borloo, la présidence de la République souhaite un plan plus global, estimant que «toute la politique du gouvernement concourt à l’amélioration de la vie dans les banlieues», selon des propos rapportés par l’AFP.
Pourtant, les maires des communes concernées s’impatientent. Il y a quelques semaines, le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, a démissionné pour protester contre le manque de perspectives.

Dimanche, dans le Journal du dimanche, Laurent Russier, le maire communiste de Saint-Denis, écrivait dans une tribune : «…Tirer un trait sur ce rapport pourrait être perçu comme le signe d’un mépris sans précédent vis-à-vis des habitants des quartiers, alimenter la résignation, la crise démocratique, les dérives communautaires à l’œuvre.

Et ce, d’autant plus que l’action du gouvernement pour les villes populaires est bien trop loin des besoins.» Il reste donc à savoir ce que le président Macron retiendra des 19 propositions de Borloo pour «faire revenir la République» dans les quartiers, pour réduire le «repli identitaire et communautaire» : relance immédiate de la rénovation urbaine, réorganisation de l’école, création d’une «académie des leaders» inspirée de l’ENA ; investir dans la petite enfance, agir fermement pour la sécurité et la justice, lutter contre l’illettrisme, créer 200 campus numériques.

Cela marchera-t-il ? Borloo est dubitatif. Dans son rapport, il écrit en conclusion : «Je dois avouer ma stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même».
 

Walid Mebarek
 
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