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Emploi : Le recrutement plus difficile si on a un nom maghrébin

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le 10.01.17 | 10h00 Réagissez

Une enquête a été commanditée par le ministère du Travail et réalisée par sa Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) avec l’association Inter service migrants-Centre d’observation et recherche sur l’urbain et les mutations (ISM Corum), spécialisée dans la prévention des discriminations.

Cette étude a consisté en une opération de «testing». En bon français, cela veut dire qu’on a testé, entre le printemps et l’été 2016, les réponses à des offres d’emploi. Le principe est simple. Pour une même proposition d’emploi réelle, on présente une ou plusieurs candidatures avec un nom européen ou français et d’autres avec des noms à consonance maghrébine.

Résultat : «Les recrutements d’une quarantaine de grandes entreprises montrent une tendance à privilégier les candidatures portant des prénoms et noms à consonance ‘‘hexagonale’’ (supposées sans ascendance migratoire) aux candidatures à consonance ‘‘maghrébine’’, et ce, avec un écart significatif de 11 points (respectivement 47 et 36% de réponses favorables)», conclut le ministère qui a présenté il y a peu cette enquête.

Pour éviter les erreurs de jugements relatives à l’enquête proprement dite, chaque entreprise avait été testée entre 30 et 40 fois, entre avril et juillet, de manière à disposer de résultats exploitables pour chacune d’elles. Au total, 1500 tests ont ainsi été réalisés, soit l’envoi d’un panel de 3000 candidatures.

«Sans éveiller la suspicion des recruteurs

«Afin de pouvoir effectuer autant de tests, des métiers pour lesquels ces entreprises publient fréquemment des offres d’emploi ont été ciblés. Il s’agit à la fois de métiers de niveau ‘‘employé’’ et ‘‘manager’’, qui attirent habituellement des candidatures des deux sexes, pour pouvoir proposer alternativement des pairs féminines ou masculines, sans risquer d’éveiller la suspicion des recruteurs», indique le rapport.

Pour la ministre Myriam El Khomri, qui a annoncé que la lutte contre les discriminations figure parmi les priorités de la puissance publique, «la prise de conscience des inégalités de traitement à l’embauche, objectivée par les résultats de cette opération de testing, est désormais collective. Elle doit alerter en premier lieu les entreprises qui ont un rôle central à jouer pour l’inclusion sociale et économique, et que j’appelle aujourd’hui à une prise de conscience manifestement indispensable. Je serai particulièrement attentive à la pertinence des actions correctives qui seront proposées et j’assumerai mes responsabilités si ces dernières s’avèrent insuffisantes».  

Elle rappelle d’ailleurs que les «discriminations à l’embauche sont prohibées par la loi. Elles constituent une faute morale inacceptable et une absurdité économique. Elles mettent à mal la promesse républicaine d’égalité dont la société française a plus que jamais besoin.»

Un dialogue avec les entreprises

Cette opération devrait être reconduite, notamment en direction des entreprises qui ont eu de mauvais résultats en 2016 quant à la notion d’égalité pour tous les citoyens. D’ores et déjà, expliquent l’association ISM Corum et la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques au ministère du Travail,

«l’opération a permis d’engager un dialogue, autour de leurs pratiques de recrutement, avec les directions des 40 entreprises concernées. Elles ont été invitées à adresser au ministère du Travail leurs plans d’action en faveur de la non-discrimination à l’embauche, et là où un risque significatif de discrimination a pu être décelé, à prendre des mesures correctives pour garantir l’égalité de traitement des candidats à l’embauche.»

Walid Mebarek
 
 
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