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«Djisr el Djazaïr»

Un pont pour relier les histoires de la capitale

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le 10.01.18 | 12h00 Réagissez

 
	Véritable buzz sur le web algérien et dans les médias, l’idée de construire un pont surplombant la baie d’Alger a suscité de nombreuses interrogations et de l’admiration. Djisr El Djazaïr est un projet multidimensionnel qui pourrait donner une nouvelle vie à la capitale, qui ne tournera plus le dos à la mer.
Véritable buzz sur le web algérien et dans les...

Soucieux de préserver le futur d’Alger et de montrer son potentiel de ville-cité, les architectes Nacym et Sihem Baghli ont bousculé l’idée de sauvegarde classique.

En effet, ils ont été courageux de proposer cette idée de pont qui rehausse la baie d’Alger, malgré les réticences de certains. Depuis le lancement public de «Djisr El Djazaïr», en septembre dernier, à travers l’Appel à manifestation d’intérêt et l’Appel à contribution que les deux architectes ont publiés sur leur blog et sur les réseaux sociaux.

«Je dois souligner qu’au-delà de la ‘‘construction’’ elle-même, ce projet, un pont urbain comme nous l’avons qualifié,  invite à la réflexion et au débat autour du futur de notre ville, Alger.

Pour nous, ce n’est pas un geste artistique, mais plutôt un acte citoyen. Demain, et bien plus tôt que nous le pensons, nous serons probablement 10 millions à vouloir nous ‘‘disputer’’ cette grande métropole que sera devenue Alger», explique l’architecte Nacym Baghli, également fondateur de l’espace d’échanges entre architectes de Fen Club et du Tedx El Djazaïr.

«Pour que celle-ci ambitionne d’évoluer vers une ‘‘Ville Monde’’, à l’instar des grandes capitales internationales, nous nous devons absolument d’anticiper son développement avec tout ce que cela induit comme problématiques urbaines à résoudre : maîtriser les flux de transport et de circulation, rééquilibrer et redistribuer les ‘‘densités’’, concevoir et imaginer de nouveaux pôles d’attractivité,… Tout cela demandera de l’expertise, et c’est en ce sens-là que ce projet sera par essence même transversal et pluridisciplinaire. Il fera appel à toutes les compétences et aux énergies créatrices et entrepreneuriales de tous bords suivant un calendrier et une organisation dont nous sommes en train de dessiner aujourd’hui les contours», dit-il.

On pourrait d’ores et déjà imaginer la baie avec une circulation fluide et de nouvelles voies pour la circulation, comme l’explique Nacym Baghli : «Ce pont en ‘‘Y’’, au milieu de la baie, dispose de 3 niveaux de circulation (métro, véhicules, tramway) et totalise une longueur de 17 km (10 + 7 km). Il s’appuiera sur 3 points d’ancrage : Bab El-Oued, Les Anassers, El Marsa. 3 haltes sont prévues tout le long, l’une principale et centrale (1 km de diamètre), les deux autres seront des ‘‘satellites’’ (0,5 km de diamètre). Nous les avons dénommées ‘‘îles flottantes’’, en référence au dessert du même nom, et pour la légèreté qu’elles susciteront pour le regard.

Elles seront accessibles par le métro, le tramway et les bateaux-taxi. Leur rôle, en plus de celui d’offrir une halte avec une vue panoramique sur la baie d’Alger, est de proposer des activités de loisir et de restauration pour les visiteurs», ajoute-il. Alors qu’Alger connaît des mutations importantes, «Djisr El Djazaïr» sera là pour «consolider et conforter toutes les grandes opérations d’aménagement que connaît Alger actuellement, à commencer par le plan stratégique «Alger 2030/2035», comme l’expliquent ses initiateurs.

«Il sera parfaitement complémentaire dans la mesure où il intégrera ces outils, plus d’autres, afin d’apporter une réponse à la problématique du développement urbain d’Alger. Réponse que nous voudrions inscrite dans le moyen et le long termes. Notre vision a pour ambition aussi de s’inscrire dans le projet ‘‘Alger Smart City’’, et plus globalement dans la transition digitale et la transition énergétique que portent les pouvoirs publics comme objectifs pour l’horizon 2030», souligne Nacym Baghli. Conscients que des projets comme celui de Djisr El Djazaïr dépendent d’une volonté à la fois des pouvoirs publics, des politiques et de la société civile, les architectes Nacym et Sihem Baghli ont «l’ambition de le faire émerger d’une démarche citoyenne et participative.

Il ne s’agit pas en l’occurrence de proposer ‘‘le plus grand’’ et ‘‘le plus vite’’, mais plutôt ‘‘le meilleur’’ et ‘‘au meilleur moment’’ pour le citoyen que nous avons placé, ici, au cœur du processus de réflexion», disent-ils. Pour Nacym Baghli, l’impact de Djisr El Djazaïr est à plusieurs échelles : «A l’échelle d’Alger et de la région Centre, il favorisera les échanges entre les deux façades, est/ouest et au-delà, en consolidant ainsi les liens par l’apport de flux de part et d’autre de la baie», argumente-il, en précisant que l’impact serait également sur le tourisme local.

En effet, «le tourisme local s’en trouvera évidemment renforcé par la multiplicité des commerces et activités de loisirs qui seront ainsi créés, notamment sur la plateforme centrale qui offrira un panorama à 360° sur toute la baie avec des moyens de transport  et d’accès inédits (métro, tramway, bateaux-taxi)», affirme-t-il.

Encore plus ambitieux, l’architecte voit en Djisr El Djazaïr l’occasion de faire d’Alger et de la destination Algérie une référence mondiale. «A l’échelle de notre pays, et de par le renforcement des structures de transport et d’accueil, Djisr El Djazaïr offrira une destination de prédilection afin de profiter des atouts multiples de notre capitale et de ses environs.

Quant à l’impact international, il sera indéniable. Alger deviendra une destination incontournable en même temps que la vitrine de notre pays. Ce sera aussi la perle de la Méditerranée et la porte de l’Afrique.

Elle portera en elle, à travers Djisr El Djazaïr, un symbole fort qui viendra renforcer son image de ville résolument tournée vers le futur. Toutes les infrastructures seront fin prêtes dans les années 2030 pour prétendre véritablement à cet Alger ‘‘Ville Monde’’. Djisr El Djazaïr en constituera un maillon essentiel», conclut-il.

Faten Hayed
 
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