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Sonatrach, le rêve brisé

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le 16.05.18 | 12h00 Réagissez

Beaucoup de jeunes Algériens, chômeurs ou travailleurs, rêvent d’un poste à Sonatrach. Certains sont prêts à donner cher pour un simple emploi d’agent de sécurité à n’importe quel endroit du pays, même dans les régions les plus enclavées. Plus qu’un travail, faire partie du groupe est un statut.

On rappellera ici les longues et acharnées grèves et manifestations des étudiants en hydrocarbures dans plusieurs wilayas en faveur d’une garantie de recrutement dans la compagnie nationale. Ou encore les manifestations spectaculaires des chômeurs du Sud qui revendiquaient une place prioritaire dans les filiales de ce groupe. Comment peut-on donc interpréter la déclaration du P-DG de cette entreprise face aux sénateurs, ce lundi ? Le big boss du groupe avoue clairement son incapacité à garrotter l’hémorragie qui vide Sonatrach de ses cadres : 10 000 auraient fui le groupe en moins de trois ans ! Enorme saignée.

C’est presque 10% de ses travailleurs, toutes fonctions et filiales confondues. Pour tirer la sonnette d’alarme comme il se doit, Abdelmoumen Ould Kaddour explique ces convulsions par les départs en retraite, l’ambiance délétère et malsaine au sein de la compagnie ainsi que les rémunérations et autres avantages insatisfaisants pour ces «gradés» du groupe.

Des cadres issus dans leur écrasante majorité des établissements supérieurs publics auxquels Sonatrach offre régulièrement des sessions de formation chèrement payées mais qui tournent le dos dès que possible au groupe. Mais peut-on leur en vouloir ? On aspire toujours à ce qui est avantageux pour son bien-être et sa carrière, c’est humain. Souvent, ces cadres sont «captés» par les partenaires étrangers de  Sonatrach. Abreuvés de formations et d’informations, recrutés dans ces entreprises sous d’autres cieux, ils continuent à traiter avec leur compagnie d’origine mais sous une nouvelle casquette. Trahison ?! Non, c’est de juste guerre.

La question qui doit être posée est : pourquoi «l’entreprise nourricière» de tout le pays n’arrive pas à concurrencer ses rivales dans le traitement de ses propres cadres ? Ne serait-il pas temps qu’une entreprise économique d’importance stratégique obéisse à des règles moins castratrices que celles d’un établissement scolaire ou d’une simple Epic ? Dans cette fuite des cadres, la responsabilité de la Fonction publique ne doit pas être écartée. Le plafonnement des rémunérations et l’harassant «programme» d’évolution de carrière de la Fonction publique fait fuir non seulement les cadres de Sonatrach, mais tous les autres qui ont une infime ambition et volonté d’évoluer. Le départ massif des cadres du géant pétrolier n’est pas un cas isolé en Algérie.

Trouver une solution pour motiver et conserver les travailleurs de cette entité économique ferait jurisprudence pour garrotter cette hémorragie nationale qui vide le pays de ses compétences. Le pétrole et le gaz sont les richesses du moment, la ressource humaine est celle de toujours.

Samir Azzoug
 

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